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Afrique

Youssou N’Dour interpelle les dirigeants occidentaux sur la candidature d'Abdoulaye Wade

Texte par Dépêche

Dernière modification : 08/01/2012

Le chanteur et candidat à la présidentielle sénégalaise estime que la candidature du président sortant, Abdoulaye Wade, 85 ans, élu une première fois en 2000 puis réélu en 2007, n'est pas conforme à la Constitution.

AFP - La star internationale de la chanson Youssou Ndour, candidat à la présidentielle de février au Sénégal, a demandé aux dirigeants du monde de dire "clairement" au président Abdoulaye Wade, qui se représente à ce scrutin, de partir, dans un entretien accordé à l'AFP.
              

"Je ne considère même pas Wade comme candidat, parce que si on reste dans le cadre de la Constitution, il n'a pas le droit", a affirmé Youssou Ndour à propos de la nouvelle candidature du chef de l'Etat, 85 ans, élu une première fois en 2000 et qui brigue un nouveau mandat après sa réélection en 2007.
              
"Et là j'interpelle le monde entier qui n'est pas encore clair par rapport à ça: il faut qu'on lui dise la vérité", a-t-il ajouté, s'adressant aux présidents américain Barack Obama et français Nicolas Sarkozy, au Premier ministre britannique David Cameron, à la Chancelière allemande Angela Merkel.
              
"Dites lui clairement, Obama, Sarko, Cameron, Merkel, etc, dites lui que la loi fondamentale, ce qui régit les Sénégalais, ne lui permet pas de se présenter. Qu'il ne force pas, parce qu'il vaut mieux prévenir que guérir".
              
"Et ça je le dis, parce que généralement ils (ces dirigeants) sont là jusqu'à ce qu'il y ait des problèmes. On a pas besoin de ça au Sénégal, c'est un pays de paix", a affirmé Youssou Ndour, craignant que le simple fait que M. Wade dépose sa candidature devant le Conseil constitutionnel ne provoque des violences.
              
La vingtaine de candidats déclarés ont jusqu'au 26 janvier pour déposer leur candidature devant le Conseil qui devra décider de la recevabilité de ces candidatures quelques jours plus tard.
              
"Le président Wade n'a même pas le droit d'aller là-bas" au Conseil constitutionnel, selon le chanteur, également patron de presse très impliqué dans la vie sociale de son pays depuis des années.
              
"Moi je suis non violent, mais on ne maîtrise pas les Sénégalais. A partir du moment où il n'y a pas de justice, la paix n'est pas possible. Justice rime avec paix, paix avec justice", a-t-il affirmé, ajoutant que le président Wade n'est pas un "roi".
              
C'est un président qui a été élu démocratiquement, réélu et la Constitution ne lui permet pas" de déposer à nouveau sa candidature.
                             
"Je vais créer la surprise"
                        
"Même moralement, comment va-t-il regarder les gens? Il va les regarder en disant +j'ai bafoué la Constitution+?", s'est-il interrogé. "Il faut qu'il revienne à la raison et on peut l'aider à sortir par la grande porte, je le lui ai dit face à face".
              
Selon lui, Wade "n'est plus majoritaire dans ce pays, il n'est plus populaire, il utilise aujourd'hui l'appareil de l'Etat qu'on lui a délégué pour essayer de dire qu'il est populaire". "Il a fait des choses", reconnaît-il, mais "il a fini aujourd'hui ce qu'il devait faire. Il a échoué. Merci".
              
A propos de sa candidature, "You" comme l'appellent ses compatriotes, a affirmé "venir avec une nouvelle démarche, une nouvelle vision".
              
"Je pense que je vais créer la surprise, je pense qu'il y a une évolution silencieuse, les gens vont voter Youssou Ndour", a-t-il déclaré, se disant certain de l'emporter dès le premier tour du 26 février.
              
"Je vois le désespoir des populations, je fais partie de ces populations. Je vois la situation se détériorer", a-t-il dit, affirmant que s'il est élu, ses priorités - santé, éducation, agriculture - n'auront que pour but d'aider "le Sénégal d'en bas" en dégageant des fonds, en particulier par la réduction du "train de vie exubérant de l'Etat".
              
Issu d'un milieu modeste du quartier populaire de la Médina à Dakar, Youssou Ndour, 52 ans, n'a pas fait d'études supérieures, mais met en avant sa notoriété internationale pour favoriser le développement du Sénégal.
              
"Moi, (quand) je deviens président du Sénégal, je sais que je suis accueilli à bras ouverts un peu partout dans le monde, et là je pourrais changer la donne, faire partie d'une dynamique économique, parce que j'ai envie d'atteindre l'autosuffisance alimentaire".
              
S'il est élu, "You" s'engage à abandonner le temps de son mandat toutes ses activités artistiques, son groupe de presse, ses affaires: "Le Sénégal est beaucoup plus important que tout ça".

Première publication : 08/01/2012

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