Dernière modification : 12/01/2012 

- Génocide rwandais - Justice - Paul Kagame - Rwanda


Attentat contre Habyarimana : "Le rapport d'expertise est à prendre au sérieux"

Un rapport d'expertise français sur l'attentat du président rwandais Habyarimana, dévoilé mardi, exonère implicitement le camp tutsi. André Guichaoua, témoin expert auprès du TPI pour le Rwanda, analyse pour FRANCE 24 ce revirement judiciaire.

Par FRANCE 24 (vidéo)
FRANCE 24 (texte)
 

Un rapport d'expertise français sur l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion du président hutu Juvenal Habyarimana, dévoilé mardi, exonère les sept proches de l'actuel chef d'État Paul Kagame encore inculpés en France pour leur participation présumée à cet assassinat. Une attaque qui est considérée comme l'élément déclencheur du génocide rwandais. Cette réorientation de l’enquête pourrait ouvrir la voie au règlement du contentieux politico-diplomatique entre Paris et Kigali, après la détente amorcée il y a deux ans.

André Guichaoua, professeur de sociologie à l'Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et témoin expert auprès du TPI pour le Rwanda répond aux questions de FRANCE 24.
 
André Guichaoua, professeur de sociologie à l'Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et témoin expert auprès du TPI pour le Rwanda.
 
FRANCE 24 : Les juges français chargés de l'enquête sur l'assassinat du président rwandais Juvenal Habyarimana ont présenté de nouveaux éléments dans un rapport d’expertise. Comment l’analysez-vous ?
 
André Guichaoua : Il faut respecter ce rapport qui apporte des éléments inédits. Il doit être pris très au sérieux. Les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux se sont donnés des moyens différents pour dénouer des témoignages en se rendant sur place et en s’appuyant sur des éléments scientifiques. Ces données semblent affaiblir les conclusions du juge Bruguière, qui avaient abouti au lancement en 2006 de neuf mandats d'arrêt contre des proches du président rwandais Paul Kagame. Toutefois, il faut rester prudent, car il ne s’agit pas d’une décision judiciaire définitive mais d’un rapport qui, par définition, peut être contredit, contesté ou confirmé. D’autant qu’il reste des zones d’ombres majeures et des éléments du scénario à éclaircir. Le rapport ne désigne pas, par exemple, les auteurs possibles de l’attaque. Il est donc trop tôt pour tirer des conclusions et l'affaire est loin d'être réglée.
 
F24 : Pourtant, Kigali s’est félicité des conclusions de ce rapport qui "rend justice"au Rwanda. Quel impact peut avoir cette volte-face judiciaire sur les relations entre la France et ce pays ?
 
A.G : L’impact ne pourra être que positif, même si certains ne manqueront pas de sous-entendre qu’il tombe à pic pour les deux pays qui sont engagés dans un processus de normalisation. Cependant, la fonction de ce rapport n’est pas de renforcer les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda ou alors ce n’est plus un document judiciaire mais politique, ce qui revient à faire insulte à la justice française et à sous-entendre qu’elle est aux ordres des politiques.
 
F24 : Après plusieurs années de tensions, la France a renoué les liens avec le Rwanda. Quels sont les enjeux d’un tel rapprochement ?
 
A.G : Depuis quelques années, le Rwanda est devenu une plateforme dynamique et incontournable à l’échelle de la région des Grands Lacs. Au point de jouer un rôle prépondérant sur le plan économique, notamment en matière d’investissements et d’échanges. La France ne peut rester à l’écart de cette région. Au plus fort de la crise diplomatique, Kigali avait fait en sorte que ses voisins ainsi que les pays de la sphère africaine anglophone -du Kenya à l’Afrique du Sud-, soient réservés à l’égard de Paris. Les Français ont toujours du mal à faire entendre leur voix dans certaines régions du continent, tant le dossier rwandais contribue à brouiller leur image. En outre, Paris reste soucieux de la stabilisation de la RD Congo. Or, l’Elysée sait parfaitement que rien ne peut se faire dans ce pays sans la bienveillance du Rwanda, qui peut jouer au choix, un rôle de stabilisateur ou de perturbateur. Autant de raisons qui ont poussé au réchauffement entre les deux pays.
 

 

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(16) Réactions

Crédibilité Zéro !

Ce tribunal de pacotille me fait doucement sourire : Concernant le génocide du peuple Rwandais, toute l'histoire est à revoir : la France et nos chers gouvernants de 1994 piloté par les conseillers de Mitterrand sont mouillés jusqu'au cou!

"...ou alors ce n’est plus un document judiciaire mais politique, ce qui revient à faire insulte à la justice française et à sous-entendre qu’elle est aux ordres des politiques."

Ah oui la justice en France est impartiale et neutre, d'ailleurs on le voit bien avec "l'affaire Karachi" !

Heureusement monsieur l'expert que le ridicule ne tue pas !

nous avons besoin de la vérité.

Tout cela semble comme un pave dans la marre! Il conforte les uns et les autres dans leur politique actuelle de domination. Il risque cependant de faire le lit de futures hécatombes si la vérité n'est pas authentiquement débusquée.
Les Grandes Puissances doivent,a mon sens, au peuple Rwandais en particulier et aux peuples du monde en général, d'user de tous leurs moyens pour nous dire la Vérité.

Voulez-vous nous dire où

Voulez-vous nous dire où trouve kagame de l´argent pour developper aussi vite le rwanda? Cette question est posée à celui qui a ecrit "les congolais diabolise kagame".

bonsoir. ce commentaire est

bonsoir. ce commentaire est adresse aux congolais qui ne font que diabolise paul kagame. vous faites la honte de la RDC. faudrait revenir d'abord au pays pour constater l'irresponsabilite de nos politiques et leur manque de leadership. actuellement, les ong oeuvrant dans l'est de la RDC ne cesse de denonce les atrocites commises par les groupes rebelles (fdlr, mai mai...). commence d'abord par regler ces problemes de viols au lieu de vous en prendre a Kagame, qui lui au contraire essai de developper son pays.

Rwanda : Les cinq « Kanombe »

Depuis la présentation du rapport des experts du juge Trévidic le 10 janvier 2012 à Paris qui conclut entre autres que les missiles SAM 16 qui ont abattu l’avion présidentiel le 6 avril 1994 ont été tirés à partir de Kanombe, les réactions vont dans tous les sens. Certains (les officiels de Kigali, toute la presse franco-belge habituellement acquise au régime de Kigali, les journalistes dits « spécialistes de la région »,…), tout ce beau monde voit dans cette indication l’abandon d’une certaine piste dans la recherches des coupables et l’exonération pure est simple de ceux qui étaient mis en examen. Triomphants, ils n’hésitent même pas à faire dire au rapport ce qu’il ne dit pas : désigner clairement les FAR comme étant les auteurs de l’attentat.

D’autres, plus modestes et plus discrets (les enquêteurs, les experts, les parties civiles, les observateurs neutres…), prennent ce rapport comme l’une des étapes dans la recherche de la vérité et qu’il ne met pas fondamentalement en cause les orientations de l’enquête et s’en remettent au juge anti-terroriste pour la poursuite de sa mission jusqu’à ce qu’il découvre la vérité et désigne les véritables auteurs de cet attentat terroriste.

Toute cette cacophonie dans laquelle l’intoxication et la désinformation ont pris la place du bon sens et de la clairvoyance a pour prétexte le fait que dans ledit rapport le lieu-dit « Kanombe » a supplanté « Masaka » parmi les six hypothèses présentées des endroits d’où pouvaient provenir les tirs. Mais de quel Kanombe s’agit-t-il ?

1. Kanombe : Commune

Il s’agit de la commune Kanombe, une des 144 communes de la République Rwandaise avant le chambardement de 2002. Elle faisait partie des 16 communes composant la préfecture de Kigali-Rural qui étaient : Butamwa, Shyorongi, Tare, Musasa, Rushaki, Mbogo, Mugambazi, Rutongo, Gikomero, Rubungo, Gikoro, Bicumbi, Kanzenze, Ngenda,Gashora,et Kanombe. C’est dans cette commune que dans les années 1960, un large domaine militaire fut concédé et dans lequel fut construit un camp militaire. C’est dans la même commune que fut construit l’aéroport international du même nom. La commune Kanombe était frontalière avec les communes de Kicukiro (PVK), Rubungo, Bicumbi, Kanzenze et Butamwa.

2. Kanombe : Secteur

La commune de Kanombe était elle-même subdivisée en une dizaine de secteurs administratifs dont notamment : Busanza, Masaka, Kanombe, Gahanga, Samuduha,… Le domaine militaire, ainsi que l’aéroport international, sont situés dans ce secteur.

3. Kanombe : Domaine Militaire.

C’est dans le secteur Kanombe qu’un grand domaine militaire d’une centaine d’hectares avait été délimité dès les années 1960. Ce domaine touche, à l’Est, le secteur Masaka dont il est séparé par un marais d’environ 1 km et au Sud, le secteur Busanza, tandis qu’à l’Ouest, il jouxte l’aéroport. Au Nord, il est délimité par le prolongement d’une route longeant la piste d’atterrissage. Jusqu’en avril 1994, le domaine comprenait :

a) – Une caserne militaire avec des bâtiments administratifs, des magasins, des ateliers, des garages, les logements des sous-officiers et hommes de troupes ;
- Un quartier officiers avec leurs résidences et leur Mess
- Un Hôpital.

b) Des champs et boisements consacrés aux Travaux Communautaires de Développement (Umuganda). Ces terrains s’étendaient après le quartier des officiers et en contre bas vers les marais séparant les secteurs Masaka-Kanombe et Busanza. C’est là où est localisée la vallée de Nyarugunga où furent lancés pour la première fois les travaux d’UMUGANDA par le président Habyarimana le 01/2/1974. Ces espaces (marais, champs et boisements de l’Umuganda) n’étaient pas clôturés ni gardés.

c) Un champ de tir aux armes légères : celui-ci était aménagé dans la vallée séparant le secteur Kanombe et Busanza.

d) Un cimetière militaire, situé sur le flanc de la colline de Busanza au Sud de la caserne. Il était accessible via la route longeant la piste de l’aéroport par le Sud. Le cimetière n’était ni clôturé ni gardé.

4. Kanombe : camp militaire.

Il s’agit de l’ensemble décrit au §3. a). Seul cet ensemble était clôturé et ses entrées contrôlées.

5. Kanombe : Aéroport.

Il s’agit des installations de l’aéroport international « Grégoire Kayibanda » : piste d’atterrissage, tour de contrôle, halls d’arrivées et des départs etc. et leurs dépendances. Tout l’aéroport était clôturé et l’entrée gardée.

Il ressort de ce qui précède qu’en parlant seulement de « Kanombe », on restera dans le vague. Même en parlant du Domaine Militaire de Kanombe, la confusion reste grande. Seule la lecture minutieuse du rapport technique, notamment les coordonnées exactes d’où seraient partis les missiles, pourra indiquer si les experts ont désigné la caserne, les terrains et champs d’Umuganda, le champ de tir ou le cimetière. Pourquoi continuer à spéculer alors que des données précises sont accessibles ?

Quant à nous, la première lecture, même en diagonale du rapport, nous a tout de suite appris que le point désigné se situait bien dans le Domaine Militaire de Kanombe, mais pas au camp militaire, mais bien à l’extrême-Est du flanc de la colline Busanza, plus précisément dans les buissons situés entre la colline de Masaka, le quartier officiers, la vallée de Nyarugunga et le cimetière militaire de Kanombe.

Maintenant qu’il est établi que le missile qui a touché le Falcon 50 présidentiel a été tiré du Domaine Militaire de Kanombe, et que le même rapport reconnaît que deux missiles SAM 16 furent tirés dont un seul aurait atteint sa cible, espérons que les enquêteurs découvriront pourquoi les deux tubes-lanceurs furent découvert à 3 km plus loin sur la colline de Masaka séparé du lieu par un terrain vague et marécageux. Mais la réponse intéressante attendue est celle qui répondra à la question essentielle : « Qui a tiré sur l’avion du président Habyarimana le 6 avril 1994 ? ». Avec l’intégrité et le professionnalisme unanimement reconnus au juge Trévidic, nous osons espérer l’obtenir un jour, pourvu que la passion et la politique ne viennent pas mettre les bâtons dans les roues du char de la Justice.

Source : http://www.musabyimana.net/lire/article/rwanda-les-cinq-kanombe/index.html

L'histoire nous acquittera

il faut vraiment saluer ce rapport.il faut pas interpréter ce qu'il ne dit pas ce rapport. c'est strictement un rapport technique ! on peut trouver l'arme du meurtre , meme l'endroit d'ou provient les tirs , mais cela ne veut rien dire tant qu'on n'a pas l'auteur !ce n'est une infine réponse sur la question " qui a abattu l'avion Habyarimana? " il faut faire l'enquéte sur les présumés coupables(FPR OU FAR ) ,c 'est la priorité de priorités.Le rapport sur l'endroit n'est une très petite étape de la vérité, arrétons de dire ce que la justice n'a pas dit!

Aujourd'hui des expertises

Aujourd'hui des expertises sont faites mais à l'époque quand il fallait empêcher des êtres humains d'un même pays de s'entretuer, personne n'a bougé le petit doigt. Ces expertises vont-elles ramener les personnes disparues ? Étonnamment la coalition n'a pas mis des mois à décider d'intervenir en Libye et l'excuse était qu'il fallait protéger les populations civiles. Ça me fait rire, car la majeure partie des interventions était effectuée près des puits de pétrole. Les USA ont eu l'Irak, il fallait bien que l'Occident ait ses puits également...

Tripatouillage oui ou non

L'expert semble orienter l'opinion vers des éléments qui sont en déhors de la sphère judiciaire. Il faut attendre les conclusions de l'enquête, comme il le dit lui-même. Il est plutôt vrai que le juge Brugière avait fait un travail judiciaire très brouillon qui ne donnait pas, pour une vue impartiale, aucun crédit à ses conclusions. L'important est de faire avancer l'enquête mais en déhors de cela, il ne faut pas perdre de vue, selon moi, que les ingrédients de l'extrêmisme génocidaire était préparé d'avance pour faire sauter la marmite du drame rwandais. L'attentat n'est pas une cause mais un facteur de déclenchement. C'est triste de constater que cet aspect réel du contexte interne a toujours été passé outre soit par l'ignorance ou par besoin de soutenir des thèses qui arrangent une partie. Il faut entendre les discours incendiaires comme celui de Léon Mugesera prononcé déjà en 1992, qui n'augurait rien d'autre qu'un génocide pourtant deux ans avant les événements malheureux de 1994.

Le rapport d'expert sur l'attentat ayant conduit au génocide

Le débat sur France 24 montre grâce au perspicace journaliste camerounais ATANGANA que les politiciens français et rwandais ennemis d'il y a peu se sont bien entendus pour fendre la poire en deux et se disculper mutuellement. Au cours de ce débat il a fait l'objet de menaces directes à peine voilées et il faut désormais craindre pour sa sécurité ... " la lois française sur les génocides" n'est pas innocente ... " la menace de revisionnisme" autant. Ce rapport a tout l'air d'être commandité.

le rapport"kagame blanchis

LA HONTE on peut acheter tousqu'on veut avec l'Argent,mais la coscience des hommes NON.Cars vous le saver QUI ET QUI,la mort d'un AME ne resteras jamais impuni!!!

 
 
 
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