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asie

Le gouvernement birman signe un cessez-le-feu avec les rebelles karens

Texte par Dépêche

Dernière modification : 12/01/2012

La signature d'un cessez-le-feu, ce jeudi, entre le président Thein Sein (photo) et la minorité ethnique karen, en conflit depuis l'indépendance de la Birmanie en 1948, représente un nouveau signal d'ouverture du nouveau régime.

AFP - Le gouvernement birman a franchi un pas significatif dans ses négociations avec les minorités ethniques, en signant jeudi un cessez-le-feu avec le principal groupe rebelle karen, dans l'une des guerres civiles les plus anciennes de la planète.

Une délégation gouvernementale et des dirigeants de l'Union nationale karen (KNU) ont paraphé le document après plusieurs heures d'entretiens à Hpa-an, principale ville de l'Etat Karen (centre-est), en présence de chefs militaires régionaux, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Cette réunion ne visait pas seulement un cessez-le-feu mais aussi la paix. Nous allons continuer d'y travailler", s'est félicité le ministre de l'Immigration, Khin Yi.

Le nouveau régime birman témoigne depuis plusieurs mois de sa volonté de dialoguer avec les rébellions ethniques, tout en multipliant les réformes politiques qui le distinguent de l'immobilisme autocratique de la junte encore au pouvoir en mars dernier.

L'espoir renaît ainsi que le pays vienne à bout des foyers de guerre civile qui se poursuivent depuis 1948. "Le président (Thein Sein) a dit que les frères avaient été en colère les uns contre les autres depuis 63 ans, et il nous a demandé de donner à la KNU ce qu'elle voulait", a insisté le ministre.


De nombreux groupes minoritaires, qui représentent un tiers des 50 millions d'habitants de la Birmanie, n'ont jamais pacifié leurs rapports avec le pouvoir central depuis l'indépendance, en 1948.

Les militaires, aux affaires depuis plus d'un demi-siècle, ont justifié leur maintien au sommet de l'Etat par le besoin d'assurer l'unité de la Nation face aux tentations autonomistes de certains d'entre eux.

Mais ces dernières semaines, ces foyers de guerre civile ont constitué un point de blocage majeur entre Naypyidaw et les Occidentaux.

L'armée est accusée de multiplier les exactions à l'égard des civils. Un responsable onusien s'était même interrogé en 2010 sur de possibles "crimes contre l'Humanité".

Dans le seul Etat karen, des dizaines de milliers de villageois ont été déplacés par les combats, dont beaucoup se sont réfugiés en Thaïlande voisine.

Un cadre de la KNU, connu sous le pseudonyme de général Johnny, avait exprimé son optimisme jeudi, avant le début des pourparlers. "Ils ne nous ont pas demandé de poser les armes. Ils veulent juste travailler pour l'égalité des droits des groupes ethniques", avait-il déclaré à l'AFP.

"Cette fois, nous leur faisons confiance", avait-il ajouté tout en prévenant: "les combats durent depuis 60 ans et une seule réunion n'y mettra pas fin".

Une prudence adoptée aussi par Renaud Egreteau, chercheur à l'université de Hong Kong, qui invite à "tempérer cette période d'euphorie générale" relative aux réformes birmanes et souligne que d'autres phases d'apaisement avec les minorités étaient intervenues, notamment au début des années 90.

"Surtout, un cessez-le-feu ne signifie pas accord politique global voire même durable, et une certaine maturation des pourparlers sera nécessaire", a-t-il ajouté, évoquant le besoin d'inclure dans cette paix future les autres groupes karens, "dont les élites sont hétérogènes et divisées".

Des discussions avaient été organisées entre le gouvernement et plusieurs groupes dès le mois de novembre. Dans l'Etat Shan (nord-est), Naypyidaw a aussi conclu récemment un cessez-le-feu avec la puissante Armée de l'Etat Shan-Sud.

En décembre, le président et ancien général Thein Sein avait par ailleurs demandé aux militaires de ne plus attaquer les Kachins. Plusieurs sources, dont l'organisation Refugees International, ont pourtant fait état de la poursuite d'affrontements dans cet Etat de l'extrême nord du pays.
 

Première publication : 12/01/2012

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