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Asie - pacifique

Le Japon s'apprête à réduire ses importations de pétrole iranien

Texte par Dépêche

Dernière modification : 12/01/2012

Tokyo a accepté la demande des Américains de limiter ses achats de pétrole iranien, une victoire diplomatique pour Washington après avoir essuyé un refus de la Chine. Cette décision s'inscrit dans la lutte contre le programme nucléaire de Téhéran.

AFP - Le Japon a accepté de réduire ses importations de pétrole iranien pour intensifier la pression contre le programme nucléaire de Téhéran, un succès diplomatique pour les Etats-Unis qui s'étaient heurtés la veille au refus de la Chine.

Tokyo importe 10% de son or noir d'Iran et va "prendre au plus vite des mesures concrètes et planifiées pour réduire encore cette part", a expliqué jeudi le ministre nippon des Finances, Jun Azumi, à l'issue d'une rencontre avec le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner.

M. Geithner n'a pu obtenir mercredi à Pékin aucun engagement de la Chine, principal acheteur du brut iranien. Il a rencontré un accueil plus favorable au Japon, troisième client de Téhéran pour son pétrole.

Les Etats-Unis cherchent à renforcer les mesures de rétorsion internationales à l'encontre du programme nucléaire iranien, que les Occidentaux soupçonnent de dissimuler le développement d'armes atomiques, ce que Téhéran dément catégoriquement.

"La question nucléaire est un problème que le monde ne peut ignorer. C'est pourquoi nous comprenons parfaitement les actions entreprises par les Etats-Unis", a souligné M. Azumi.

L'Iran est le troisième fournisseur de pétrole du Japon, à égalité avec le Qatar et derrière l'Arabie Saoudite (30% des importations nippones) et les Emirats arabes unis (20%).

Dépourvu d'énergies fossiles, l'archipel est davantage dépendant des hydrocarbures depuis l'accident nucléaire de Fukushima qui a entraîné par précaution l'arrêt de la plupart de ses réacteurs.

Le ministre nippon des Affaires étrangères, Koichiro Gemba, vient d'effectuer une tournée auprès de ses trois principaux fournisseurs arabes, afin d'obtenir des livraisons d'or noir supplémentaires pour compenser la baisse prévue de ses importations iraniennes.

L'annonce de Tokyo constitue incontestablement une victoire pour les Etats-Unis dont s'est félicité M. Geithner.

"Nous apprécions beaucoup le soutien du Japon qui est avec nous, aux côtés de la communauté internationale" pour faire pression sur l'Iran, a-t-il relevé.

La tension est montée ces dernières semaines entre Washington et Téhéran qui a menacé de fermer le détroit d'Ormuz, par où passe 35% du pétrole brut transporté par voie maritime dans le monde.

"Nous travaillons de façon étroite avec l'Europe, le Japon et nos alliés du monde entier pour nettement augmenter la pression sur l'Iran", a souligné le secrétaire américain au Trésor.

La présidence danoise de l'Union européenne a assuré mercredi qu'un nouveau train de sanctions européennes musclées serait décidé le 23 janvier contre l'Iran, visant non seulement le secteur pétrolier mais aussi la banque centrale.

"Nous cherchons les moyens de couper les liens de la banque centrale (iranienne, ndlr) avec le système financier international, et de réduire les revenus pétroliers de l'Iran", a précisé M. Geithner.

Le président Barack Obama a récemment promulgué une loi renforçant les sanctions contre le secteur financier de l'Iran, qui permettra de geler les avoirs aux Etats-Unis de toute institution financière étrangère qui commercerait avec la banque centrale iranienne dans le secteur du pétrole.

Ces nouvelles mesures ont suscité l'inquiétude à Tokyo car elles auraient des conséquences dramatiques pour les grandes banques japonaises, qui ont des échanges avec la banque centrale iranienne pour régler les achats de pétrole.

Le quotidien nippon à grand tirage Yomiuri Shimbun a affirmé jeudi qu'en échange de la réduction de ses importations de brut iranien, le Japon espérait que les Etats-Unis exempteraient les banques nippones de ces nouvelles sanctions financières.
 

Première publication : 12/01/2012

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