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Amériques

Les entreprises craignent que la libéralisation des noms de domaines ne favorise le "cybersquatt"

Texte par Dépêche

Dernière modification : 12/01/2012

À quelques heures de l'ouverture des candidatures pour de nouveaux noms de domaines sur Internet, le directeur général de l'Icann, l'organe de gouvernance du Web, a tenu à rassurer les entreprises préoccupées par la libéralisation annoncée.

REUTERS - A la veille de l’ouverture des candidatures pour de nouveaux noms de domaines sur internet, le chef de l’organe de gouvernance du web s’est voulu rassurant mercredi à l’égard des entreprises et de leurs conseillers juridiques.

L’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) a décidé en juin dernier de permettre l’utilisation de mots entiers comme suffixes - au lieu des traditionnels ".com", ".gouv" ou ".fr". La période de dépôt des demandes débute le jeudi 12 janvier.

De nombreuses entreprises s’inquiètent de cette libéralisation annoncée des noms de domaines et engagent déjà des avocats pour défendre leur marque sur internet.

La gestion trop laxiste de certains registres de propriétaires de noms de domaines internet - qui nuit à la lutte contre les "usurpations" de sites ou "cybersquatt" - conduit régulièrement à de nombreuses plaintes, notamment de la part de la Federal Trade Commission (FTC), l’autorité américaine chargée des questions antitrust.

Pour tenter d’apaiser les inquiétudes, Rod Beckstrom, directeur général de l’Icann a promis un examen des antécédents judiciaires des responsables de registres.

Différentes entreprises, instituts, universités, et organisations diverses ont par ailleurs acheté à titre préventif leur nom de domaine en ".xxx" afin d’éviter un détournement pornographique de leur identité sur la toile, avec l’entrée en vigueur de cette extension le mois dernier.

Dans une présentation devant le groupe de réflexion Center for Strategic and International Studies, il a également indiqué que l’Icann publierait au début du mois de mai la liste des personnes ayant postulé - en précisant le nom de domaine visé - et accepterait les réclamations.

Rod Beckstrom a aussi assuré que les infractions liée à des marques déposées seraient rapidement traitées et les sites en question fermés.

Nouvelles opportunités

Pour lui, cet élargissement offre de nouvelles perspectives, puisque "tout le monde ne dispose pas du nom de domaine qu’il souhaite aujourd’hui."

On pourrait ainsi par exemple voir apparaître des adresses finissant en ".Berlin", ".Paris" ou se terminant par des suffixes génériques comme ".music".

Le patron de l’Icann a également expliqué que cette libéralisation se traduirait par une internationalisation d’internet, en autorisant des noms de domaines dans des langues n’utilisant pas l’alphabet latin, comme le chinois par exemple.

Theo Hnarakis, qui dirige le Melbourne IT Group, a indiqué qu’une centaine de ses 3.500 clients enregistreraient des noms de domaines, certains pour prévenir toute usurpation et d’autres comme un relais de diffusion de leur marque.

"Nous constatons que certaines entreprises ont le sentiment que cela représente une formidable opportunité en termes de marketing", a-t-il déclaré en soulignant que l’utilisation d’un nom de marque ou de produit comme suffixe permettrait aux entreprises d’économiser les millions qu’elles consacrent actuellement à la publicité sur les moteurs de recherche.

Verisign, l’un des opérateurs officiels d’enregistrement de noms de domaines, estime que le nombre de demandes s’élèvera à 1.500, pour un coût unitaire de 185.000 dollars.

 

Première publication : 12/01/2012

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