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FRANCE

François Fillon minimise la perte du triple A

©

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/01/2012

Quelques heures après avoir essuyé les critiques de François Hollande qui dénonce un échec patent de la politique du président Sarkozy, le Premier ministre a estimé que la dégradation de la note de la France ne devait "pas être dramatisée".

AFP - François Fillon s'est livré samedi à un exercice de "dédramatisation" de la dégradation de la note de la France et s'en est pris à François Hollande, coupable d'avoir vu dans la perte du triple A une sanction de la politique de Nicolas Sarkozy et du gouvernement.
              

Au lendemain de la dégradation de la note de la France par Standard & Poor's, le Premier ministre a souligné que cette décision était "attendue, même si on peut la juger à contre-temps au regard des efforts engagés par la zone euro".
              
"Les marchés financiers ont d'ailleurs assez peu réagi vendredi aux rumeurs qui ont précédé l'annonce officelle", a remarqué le chef du gouvernement lors d'une conférence de presse à Matignon.
              
Même si la perte du triple A va renchérir le coût des emprunts français, "cette décision constitue une alerte qui ne doit pas être dramatisée, pas plus qu'elle ne doit être sous-estimée", a fait valoir M. Fillon.
              
"Je rappelle qu'il y a 21 crans de notation chez Standard & Poor's: la France était notée 21 sur 21, elle est désormais notée 20 sur 21, la note de la France reste donc parmi les meilleures du monde", a-t-il martelé.
              
A moins de cent jours du premier tour de l'élection présidentielle, il a critiqué le candidat socialiste qui avait samedi matin estimé que "c'est une politique qui a été dégradée, pas la France".
              
"La France est un pays sûr, un pays dans lequel les investisseurs ont confiance et peuvent avoir confiance. Les agences de notation sont des baromètres utiles mais ce ne sont pas elles qui font la politique de la France", a relevé M. Fillon
              
"François Hollande a particulièrement tort de prétendre que c'est notre politique qui est sanctionnée", a-t-il ajouté.


              
Selon lui, "ceux qui dramatisent la situation doivent y réfléchir à deux fois: ce sont en effet les mêmes qui ont refusé de voter les réformes destinées à renforcer notre compétitivité ou à réduire les déficits, que ce soit la réduction des effectifs dans la fonction publique ou la réforme des retraites".
              
Interrogé sur la phrase prêtée dans la presse à Nicolas Sarkozy (en cas de perte du triple A, "je suis mort"), M. Fillon a assuré ne pas avoir "entendu le président de la République prononcer une phrase pareille". "Ce n'est d'ailleurs pas dans sa nature d'être dans un pessimisme aussi noir", a-t-il expliqué.
              
Le Premier ministre a expliqué la dégradation de la note de la France par la "dérive de nos finances publiques depuis 30 ans" et par "les insuffisances de la gouvernance" de la zone euro.
              
Il a pointé le fait que l'agence de notation jugeait "crédible" la "stratégie de réduction du déficit et de la dette" du gouvernement, avec pour objectif "intangible" le retour à l'équilibre des finances en 2016.
              
M. Fillon, qui a présenté deux plans d'économies depuis août, a indiqué que des "ajustements" étaient toujours possibles en fonction de la croissance dans les prochains mois.
              
Mais "depuis le début de cette crise, avec le président de la République, nous avons cherché en permanence à trouver l'équilibre entre la nécessité de réduire les déficits et l'impératif de ne pas casser la faible croissance qui caractérise déjà la situation dans la zone euro", a-t-il souligné.
              
Le sommet sur la crise organisé mercredi à l'Elysée doit, selon M. Fillon, permettre d'engager "une nouvelle étape au service de la compétitivité et de la croissance".
              
"Je ne crois pas que cette décision (celle de S&P, ndlr) changera quoi que ce soit à la relation entre la France et l'Allemagne", a-t-il aussi assuré.
             

 


 

Première publication : 14/01/2012

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