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EUROPE

Naufrage du Concordia : l'enregistrement qui accable le commandant de bord

Texte par Dépêche

Dernière modification : 17/01/2012

Une conversation téléphonique avec les garde-côtes, enregistrée et diffusée lundi soir, montre que le commandant du "Costa Concordia" a quitté le navire, refusant de remonter à bord pour évacuer les passagers.

AFP - Une conversation téléphonique enregistrée entre une capitainerie du port et le commandant du navire Costa Concordia qui a fait naufrage vendredi soir près d'une île italienne montre que ce dernier a refusé de remonter à bord pour évacuer les passagers, selon la retranscription diffusée par l'agence Ansa.

Le commandant du "Costa Concordia", Francesco Schettino, lors de son interpellation, le 14 janvier, à Grosseto.

A 1H46 du matin (00H46 GMT), alors que des centaines de personnes doivent encore être évacuées, un officier de la capitainerie ordonne au commandant Francesco Schettino, joint sur son portable, de retourner sur le navire.

"Maintenant vous allez à la proue, vous remontez par l'échelle de secours (en corde) et vous coordonnez l'évacuation. Vous devez nous dire combien il y a encore de gens, enfants, femmes, passagers, le nombre exact dans chacune des catégories", indique la voix de l'officier dans l'enregistrement contenu dans l'une des boîtes noires, saisies par les enquêteurs.

"Que faites-vous ? vous abandonnez les secours ?", interroge l'officier. Schettino répond: "Non non je suis là, je coordonne les secours". L'officier reprend: "Commandant, c'est un ordre, c'est moi qui commande maintenant, vous avez déclaré l'abandon du navire, vous devez aller à la proue, remonter à bord et coordonner les secours".

L'homme indique alors au commandant qu'"il y a déjà des cadavres". "Combien?" répond Schettino, qui se voit rétorquer: "C'est à vous de me le dire, que faites-vous? Vous voulez rentrer chez vous?", s'énerve l'officier.

Trois semaines au moins pour pomper le carburant

Le pompage du carburant du navire de croisière Costa Concordia, échoué au large de l'Italie, devrait prendre "au moins trois semaines", a annoncé le directeur exécutif de Royal Boskalis, la maison-mère de la société néerlandaise qui en est chargée.

"Pour le pompage du gazole, auquel Dieu merci la bonne priorité est donnée, chaque heure compte car s'il se passe quelque chose et que ça glisse et qu'il y a des dégâts, alors on a une très grosse catastrophe écologique", a-t-il poursuivi.

"Maintenant vous retournez là haut et vous nous dites ce que l'on peut faire, combien il y a de gens, quels sont leurs besoins", poursuit l'officier auquel le commandant assure qu'il va remonter à bord.

Mais selon la capitainerie et de nombreux témoignages, il était déjà réfugié sur la rive avant minuit, peut-être dès 23H40 (22H40 GMT).

En effet, dans un appel précédent, dès 00H42, le commandant lâche une phrase compromettante en parlant par téléphone avec la salle opérationnelle de la capitainerie: "Nous ne pouvons plus monter à bord car le navire est en train de se cabrer côté poupe (arrière)".

"Commandant, vous avez abandonné le bateau ?", demande alors d'un ton très surpris l'officier, auquel le commandant répond: "Non non, évidemment que non!"

Selon l'Ansa, l'enquête de la capitainerie de Livourne, coordinatrice des secours, montre par ailleurs qu'il y a eu une sorte de "mutinerie" de l'équipage qui a décidé l'évacuation avant un ordre formel du capitaine. En outre, contrairement aux premiers éléments recueillis, ce n'est pas une manoeuvre volontaire qui a fait échouer le navire tout près de la rive, sauvant la vie d'un bon nombre des plus de 4.000 occupants du bateau, car les moteurs étaient complètement inondés et en avarie.
 

Première publication : 17/01/2012

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