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EUROPE

Costa Concordia, le récit d'un naufrage

Vidéo par Sonia LOGRE-GREZZI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/01/2012

Cinq nouveaux corps ont été découverts mardi, ce qui porte à onze le nombre de victimes de la catastrophe. Vingt-trois personnes sont toujours portées disparues, sur les 4 200 passagers que comptait le navire.

REUTERS - Cinq corps ont été retrouvés mardi dans la partie immergée de l'épave du "Costa Concordia", que des plongeurs continuent d'explorer à l'aide d'explosifs alors que les chances de retrouver des survivants s'amenuisent quatre jours après son naufrage près des côtes de Toscane.

Le nombre des disparus a été revu à la baisse, un Allemand considéré comme disparu s'étant manifesté, ont annoncé les services de la protection civile italienne. Ainsi, 23 des 4.200 personnes à bord du "mastodonte des mers" sont toujours portées disparues.

La découverte de ces cinq corps porte à onze morts le bilan de cet accident, que les autorités italiennes et la compagnie Costa Croisières imputent à une "erreur humaine" du capitaine, incarcéré depuis samedi et interrogé par les enquêteurs mardi matin. Dans la soirée de mardi, la justice italienne a placé en résidence surveillée le capitaine Francesco Schettino, a annoncé son avocat, Bruno Leporrati.

Les charges retenues contre lui sont responsabilité du naufrage, homicides involontaires multiples et abandon de navire. Selon son défenseur, il a redit aux enquêteurs avoir
rapproché le navire de la côte après avoir heurté un récif et estime que la manoeuvre a sauvé "des centaines, sinon des milliers de vies".

Il a également démenti avoir abandonné le "Costa Concordia".

Le "Corriere della Sera" a cependant diffusé mardi sur son site internet ce qu'il présente comme l'enregistrement de la conversation entre Francesco Schettino et la capitainerie du port de Livourne, laquelle ordonne vivement au capitaine de retourner coordonner les opérations de secours sur le navire après le naufrage.

"Ecoutez Schettino, vous vous êtes peut-être sauvé vous même de la noyade mais je vais vous faire beaucoup de tort. Vous allez me le payer. Bon sang, retournez à bord !", ordonne l'officier de la capitainerie.

Passagers sur la coque retournée

Des images prises dans la nuit de vendredi à samedi par un hélicoptère de secours à l'aide d'une caméra de vision nocturne montrent une scène extraordinaire: des files de dizaines de passagers marchant avec précaution sur la coque retournée du paquebot et descendant le long de cordes pour atteindre des canots de sauvetage.

Le navire présente une large entaille sous sa ligne de flottaison.

Le ministre italien de l'Environnement, Corrado Clini, a annoncé que l'état d'urgence allait être décrété pour faire face au risque que les 2.300 tonnes de fioul du bateau font peser sur le parc national de l'archipel toscan. Pour l'instant, aucune fuite n'a été décelée, a-t-il assuré.

Le ministre demande par ailleurs qu'on lui présente d'ici mercredi un plan de récupération du carburant et, d'ici 10 jours, un plan pour enlever le navire de la côte.

"Pas besoin d'être prix Nobel pour comprendre qu'un bateau de cette taille doit rester loin de la côte", a déclaré Corrado Clini mardi matin à une chaîne de télévision.

Les secouristes italiens, qui n'ont retrouvé aucun survivant depuis dimanche, ont eu recours mardi à des explosifs pour atteindre des zones inaccessibles du paquebot, couché sur le flanc près des rives de l'île du Giglio après avoir heurté un récif vendredi soir.

"Nous aurons maintenant un meilleur accès aux points de rassemblement du bateau, où il semble qu'il y ait plus de chances de trouver quelqu'un, vivant ou mort", a déclaré Luca Cari, au nom des pompiers, qui ont procédé à trois explosions dans la matinée.

"Ils vont faire pénétrer des microcaméras et nous allons simultanément fouiller les quelques zones restées sèches et celles qui ont été inondées", a-t-il ajouté.

"Pas la route autorisée"

La météo s'est un peu améliorée mardi, mais la mer reste agitée. Déjà pour partie immergé, le "Costa Concordia" s'est incliné un peu plus lundi, ce qui a contraint les secouristes à suspendre leurs recherches pendant quelques heures.

Selon le PDG de Costa Croisières, Pier Luigi Foschi, les navires de sa compagnie ont interdiction de s'approcher à moins de 500 mètres de la côte de l'île du Giglio. Or, d'après les enquêteurs, le navire se trouvait à seulement 150 mètres lorsqu'il a heurté des rochers.

Le capitaine est soupçonné de s'être approché du Giglio en pour saluer les habitants.

Francesco Schettino nie s'être autant rapproché de la côte et affirme que les récifs heurtés ne figuraient pas sur les cartes marines.

Comme les enquêteurs, les habitants du Giglio affirment que le "Costa Concordia", dont le tonnage (114.500 t) est le double du "Titanic", est passé bien plus près de l'île que d'habitude.

Le père du chef des stewards, qui vit à Giglio, a par ailleurs déclaré à Reuters que son fils lui avait téléphoné avant l'accident pour lui annoncer que l'équipage le saluerait en passant à proximité de l'île.

"Ce que nous savons par rapport au commandant c'est qu'effectivement la route du bateau qui était empruntée n'était pas la route habituelle, n'était pas la route autorisée," a
quant à lui expliqué Georges Azouze, président de Costa Croisières France et de l'Association française des compagnies de croisières (AFCC), interrogé mardi sur RTL.

Première publication : 17/01/2012

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