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Afrique

Cinq touristes européens tués dans une attaque

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 18/01/2012

Cinq touristes venus d'Europe sont morts lors d'un raid armé mené dans le nord-est de l'Éthiopie par un groupe dont on ignore l'identité. Territoire frontalier de l'Érythrée, l'Afar abrite des bandes se livrant à de nombreux actes de banditisme.

Le gouvernement éthiopien a annoncé mercredi que cinq ressortissants européens avaient été tués et deux autres étrangers enlevés dans une attaque contre un groupe de touristes dans le nord-est de l'Ethiopie. L’attaque s’est déroulée dans la nuit de lundi à mardi dans la région de l’Afar. Ces "touristes ont été tués par des terroristes, l'un est allemand, les autres belges, hongrois, italien et autrichien," a affirmé à l'AFP le porte-parole du gouvernement éthiopien Bereket Simon.
 

L’Afar, une zone d’insécurité

Selon Philippe Hugon, directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de l’Afrique, il s’agit d’une « zone d’insécurité, où des groupes armés se livrent notamment à des actes de banditisme ». Il explique que la région porte le nom de la principale ethnie qui la peuple, les Afars. « Caractérisés par un mode de vie nomade, ils se trouvent également en Erythrée et à Djibouti, pour eux les frontières n’ont pas d’importance ». En cela cette région n’est pas uniquement frontalière, mais aussi « transfrontalière », selon les termes de Philippe Hugon. Cela explique par ailleurs qu’une autre caractéristique de la région est le trafic d’armes qui s’y opère de longue date au vu de la porosité des frontières.

 « Le pouvoir central éthiopien ne contrôle pas totalement cette partie du territoire, notamment en raison du mode de vie des Afars », ajoute Philippe Hugon.

 Regain de tensions entre l’Ethiopie et l’Erythrée

 L'Ethiopie a immédiatement accusé l'Erythrée voisine d'être derrière cette agression. "Des groupes terroristes entraînés et armés par le gouvernement érythréen ont passé la frontière pour les attaquer," a ainsi affirmé Bereket Simon, le porte-parole du gouvernement éthiopien. Il a également estimé que l'attaque était, pour les rebelles, une façon de marquer le coup avant un sommet de l'Union africaine (UA) prévue fin janvier dans la capitale éthiopienne précisément. Asmara s’est empressée de nier toute implication dans ces violences.

Elle a affirmé qu'elle n'avait "jamais soutenu et ne (soutiendrait) jamais ce genre d'événement". "C'est devenu une habitude pour le gouvernement éthiopien d'accuser l'Erythrée de tout ce qui se passe à l'intérieur de l'Ethiopie", a répliqué le représentant d'Asmara auprès de l'Union africaine, Girma Asmerom.

L'Erythrée n'a obtenu son indépendance de l'Ethiopie qu'en 1993, après 30 ans de guerre. Entre 1998 et 2000, un nouveau conflit armé éclate entre Asmara et Addis Abeba et cause la mort de quelque 70 000 personnes. Le différend portait sur des questions frontalières, toujours non résolues à ce jour, et les deux capitales continuent de s'accuser mutuellement de soutenir des groupes rebelles sur leur territoire respectif.

Depuis la fin de la guerre, de vives tensions demeurent entre l’Ethiopie et l’Erythrée. « Les deux voisins se font la guerre par procuration », analyse Philippe Hugon. Selon lui, l’Erythrée soutient notamment les rebelles Shebab en Somalie, là où l’Ethiopie s’engage au côté du pouvoir central. Il estime qu'il est peu probable que « le pouvoir érythréen soit impliqué dans l’attaque. Mais il est possible qu’il s’agisse de réseaux érythréens afars, ou encore en liens avec les Shebab de Somalie."

 

 

 

Première publication : 18/01/2012

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