Dernière modification : 18/01/2012 

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Une juge d'instruction française demande à pouvoir enquêter à Guantanamo

Une juge d'instruction française demande à pouvoir enquêter à Guantanamo

La juge d'instruction française Sophie Clément (photo) a demandé aux autorités américaines de pouvoir se rendre à Guantanamo pour y enquêter dans le cadre de la plainte d'anciens détenus français pour des actes de torture notamment.

Par Amara MAKHOUL-YATIM (texte)
 

Saisie des plaintes de trois anciens détenus français, la juge d’instruction Sophie Clément souhaite enquêter aux États-Unis, notamment sur la base américaine de Guantanamo. Elle cherche à faire toute la lumière sur d’éventuels actes de torture perpétrés lors de leur détention.

Arrêtés fin 2001 à la frontière afghano-pakistanaise et envoyés vers le camp américain de Cuba, les trois plaignants français - Mourad Benchellali, Nizar Sassi et Khaled Ben Mustapha ont regagné la France en 2004 et 2005 suite à la commission rogatoire des juges d'instruction antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Jean-François Ricard. Condamnés pour associations de malfaiteurs, incarcérés puis libérés, les trois anciens détenus dénoncent des actes de torture et d’humiliations qu’ils auraient subis à Guantanamo.

La juge d’instruction a ainsi adressé le 2 janvier une commission rogatoire internationale (CRI) demandant aux autorités américaines de lui permettre de "procéder à toutes constatations matérielles utiles sur la base américaine de Guantanamo".

"Une première"

Dans sa CRI, la juge demande notamment aux autorités américaines "de nous permettre de prendre connaissance et de prendre copie de tous les documents relatifs aux conditions de leur arrestation, de leur transfert et de leur détention dans un camp militaire à Kandahar (Afghanistan, ndlr), puis de leur transfert et de leur détention sur la base américaine de Guantanamo". Sophie Clément souhaite aussi pouvoir "identifier et entendre toutes les personnes ayant été en contact" avec les trois Français au cours de leur détention en Afghanistan puis dans la prison de Guantanamo.

"Il est vrai que c’est une première", reconnaît maître Philippe Meilhac, l’avocat de Khaled Ben Mustapha, l’un des trois ex-détenus de la base militaire. "Mais cette démarche s’inscrit dans le cadre de la plainte que mon client et les deux autres ex-détenus ont déposé, et il est logique que la juge qui instruit cette affaire cherche à se rendre vers ceux qui sont concernés à Guantanamo", poursuit-il.

Sophie Clément enquête depuis 2005 sur des faits présumés de séquestration et de détention arbitraire. En 2009, la magistrate obtient enfin de la justice française l’élargissement de ses investigations à des faits présumés de torture et actes de barbarie. "C’est précisément l’ajout de ce dernier motif qui justifie la démarche", précise Philippe Meilhac.

"Rien n’oblige les autorités américaines à coopérer"

La plainte a été déposée, en France, or, les États-Unis n’extradant pas leurs ressortissants, tout dépend de la bonne volonté des autorités américaines. "Rien ne les oblige à coopérer et à donner suite à cette commission rogatoire", insiste maître Meilhac. "J’espère toutefois qu’elles le feront", ajoute-t-il.

L’affaire est d’autant plus sensible pour l’État américain que ce sont des militaires qui sont appelés à répondre. "ll existe par ailleurs des documents de l’administration américaine, facilement consultables par tout un chacun sur Internet qui montrent que des instructions ont été données pour procéder à des actes de torture", relève l’avocat.

"Nous souhaitons aussi que d’autres pays européens, où des plaintes similaires d’anciens détenus de Guantanamo ont été déposées, suivent l’initiative de la juge Sophie Clément", poursuit-il.

La reconnaissance du "statut de victime"

Pour Philippe Meilhac, même si les autorités américaines peuvent refuser de donner suite à la commission rogatoire ou même rendre les choses plus difficiles, une première avancée notable aura été réalisée. "Il est surtout important de noter le premier résultat de cette démarche qui est la mise en évidence du statut de victimes de mon client et des deux autres ex-détenus", explique-t-il.

Le droit français prévoit en outre la procédure par défaut criminel, qui permet de juger et de condamner des personnes par défaut, c'est-à-dire en leur absence. "Bien que ce ne soit pas la norme, c’est possible", souligne l’avocat qui rappelle un précédent lors du procès de Pinochet en 2010.

La prison de Guantanamo a été ouverte il y a dix ans, sous l’administration de George W. Bush, pour les personnes suspectées de terrorisme. Deux jours seulement après son arrivée au pouvoir, Barack Obama avait signé un décret prévoyant la fermeture dans l'année de cette prison. À ce jour, la prison de Guantanamo est toujours opérationnelle.

 

Commentaires (5)

des idées

faut trouver des idées pour voyager aux US , tous frais payés , bien entendu

Avocat du diable

@anonyme
prisonnier dangereux
incitation à la haine
on voit bien le parti pris sans réfléchir
tout être a droit à la justice qu'il qu'il soit
tu es du genre à pleurnicher dès qu'on te bouscule dans un aéroport en dehors de la France§.
Dois-je rappeler que cette histoire du 11 septembre ressemble étrangement à celle de Pearl Harbor... Si tu vois ce que je veux dire : a qui profite de crime. et parfois l'axe du mal passe par là ou on s'y attends pas.

Excellent

Excellent, rien à ajouter.

Est-ce que la justice

Est-ce que la justice Française peut donner une suite à une requête similaire émanant d’Etats étrangers concernant leurs ressortissants emprisonnés dans des prisons françaises? En filigrane la requête est objectivement blanchir des prisonniers dans la base américaine bien cinq dont les écrits et les confessions en vidéo furent diffusés par les sites de leur propagande ont affiché leur haine des occidentaux en particulier des américains ont appelé à leur assassinat et avaient reconnu être les organisateurs des attentats du 11 sept 2001 et menaçaient de les refaire à l'occasion, des libérés de la base américaine ont en majorité repris de l'activité terroriste. La juge aurait dû respecter la mémoire de plus de trois mille innocents assassinés. Sans la manipulation des groupes qui instrumentalisent l’humanitaire à l’endroit des assassins en masse d’innocents et de leurs complices ou ceux qui mettent en avant le juridisme vide à des fins politiques « les combattant ennemis » auraient tous eu et depuis longtemps leur procès devant la juridiction militaire à Guantanamo avec les garanties d’une défense équitable qu'offre même les procès militaires. Le maintien de la prison est que les américains, pour les coûts et pour la sécurité des USA, ne veulent pas de ces prisonniers dangereux sur leur sol, de même leurs propres pays ont décliné de accueillir les moins dangereux, militants du dernier cercle.

UN BIEN BEAU VOYAGE

On sent bien que cette Magistrate tiens à enquêter dans des lieux sordides !

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