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Moyen-orient

Comment Bachar al-Assad joue la montre

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 19/01/2012

Alors que l'Irak doit bientôt remplacer le Qatar à la tête du comité ministériel de la Ligue arabe et que Paris et Washington se focalisent sur leur élection présidentielle, le président syrien tente de gagner du temps pour étouffer la révolte.

Alors que la Syrie est en proie à un soulèvement populaire depuis mars 2011, le régime de Bachar al-Assad n’a jamais été aussi isolé sur le plan diplomatique. Au moment où l’économie syrienne, soumise à une série de sanctions internationales, vacille, le président syrien, lui, tient bon. Notamment grâce à l’appui de son clan et d'un appareil répressif bien huilé. Pour reprendre le contrôle complet du pays, le régime syrien reste fidèle à la stratégie de Hafez al-Assad, le père de Bachar, qui consiste notamment à gagner du temps en misant sur un éventuel rééquilibrage géopolitique et diplomatique en sa faveur. Selon des experts, plusieurs éléments viennent confirmer l'emploi de cette tactique en ce début d’année 2012.

Le Qatar remplacé par l’Irak
 
Le Qatar, qui est partisan de la ligne dure face à Damas et qui a appelé le 14 janvier à l'envoi de troupes arabes en Syrie pour faire cesser la répression, cédera début avril la direction du comité ministériel de la Ligue arabe à l'Irak. Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, le pays est dirigé par des chiites proches de Téhéran et soutenant toujours Bachar al-Assad. Lorsque fin novembre 2011 la Ligue arabe avait adopté une série de sanctions pour tenter de forcer Damas à renoncer à la répression, l'Irak avait refusé de les appliquer.
 
"Bagdad, qui fait preuve d'une grande prudence depuis le début de la crise en Syrie, adoptera des positions qui seront sans doute plus modérées à l’égard du régime de Bachar al-Assad par rapport à celles de Doha", analyse pour FRANCE 24 Fabrice Balanche, directeur du groupe de recherches et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient, professeur à Lyon-2 et auteur de "La région alaouite et le pouvoir syrien".
 
En dépit de la présence depuis le 26 décembre 2011 de dizaines d'observateurs arabes chargés de surveiller notamment l'application d'un plan de sortie de crise, la répression se poursuit. "Bachar al-Assad joue clairement la montre en utilisant les observateurs de la Ligue arabe, en les baladant à droite et à gauche tout en contrôlant leur moindre fait et geste et en profitant de l’inertie de Ligue arabe qui multiplie les réunions", décrypte un ancien diplomate en poste au Moyen-Orient contacté par FRANCE 24. Et d’ajouter : "Il attend que l’orage passe, c'est-à-dire que l’Irak prennent le contrôle de la Ligue arabe."
 
Campagnes présidentielles
 
D’autant que fin avril 2012, la France, en première ligne sur le dossier syrien notamment au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, sera focalisée sur la campagne présidentielle. "La politique étrangère n’est pas réputée pour faire gagner des voix ; en revanche, une opération hasardeuse peut en faire perdre. Or la priorité du pouvoir français sera de reconduire le président Sarkozy dans ses fonctions", souligne Fabrice Balanche. De quoi détourner le regard de Paris de la question syrienne et laisser du temps à Damas pour mater l’insurrection. Début avril, "on sera à trois semaines du premier tour de la présidentielle en France, et on entrera de plein pied dans la campagne américaine", note un diplomate cité par le journaliste Georges Malbrunot, spécialiste du Moyen-Orient au Figaro. Par conséquent, le président Barack Obama sera confronté au même problème que son homologue français et devra lui aussi se consacrer à assurer sa réélection.
 
Un Conseil de sécurité paralysé
 
Le président syrien semble compter sur les divisions internationales qu'illustre la paralysie jusqu'à présent du Conseil de sécurité, au sein duquel la Russie, allié traditionnel de Damas depuis l’ère soviétique, s’oppose aux Occidentaux. Moscou a jusqu'à récemment bloqué tous les projets de résolution condamnant la répression de la contestation. "Les Russes aident la Syrie à gagner du temps en prenant les Occidentaux à leur propre jeu, c'est-à-dire en présentant à leur tour une résolution que ces derniers ne peuvent pas accepter", explique Fabrice Balanche. Et si des discussions entre les membres du Conseil ont eu lieu le 17 janvier sur un projet de résolution russe, elles ont duré plus de quatre heures sans laisser entrevoir d'accord, selon des diplomates sur place. Il s'agissait de la troisième version présentée par les Russes en un mois.
 
Selon Fabrice Balanche, Bachar al-Assad sait cependant qu’il ne peut jouer la montre éternellement. "Si l’année 2012 est propice à une reprise en main de la situation, 2013 est plus risquée notamment si les républicains américains s’invitent à la Maison Blanche", conclut le spécialiste.
 

 

Première publication : 19/01/2012

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