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Amériques

La justice américaine ordonne la fermeture du site Megaupload

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 20/01/2012

Sans crier gare, les autorités américaines ont fait fermer le site de téléchargement Megaupload pour "violation de droits d'auteur". Une décision qui a aussitôt déclenché une série d'attaques de la part de pirates d'Anonymous.

AFP - La justice américaine a ordonné jeudi la fermeture du site Megaupload.com, plateforme emblématique et controversée du téléchargement direct sur internet, accusé de violation des droits d'auteur, s'attirant aussitôt une cyber-attaque des pirates d'Anonymous.

Quatre responsables du site basé à Hong Kong, dont son fondateur, Kim Dotcom, 37 ans, ont été interpellés à Auckland (Nouvelle-Zélande) sur la base de mandats d'arrêt délivrés par les Etats-Unis.

Le FBI (police fédérale américaine) et le ministère de la Justice américain ont estimé, dans un communiqué commun, qu'il s'agissait de l'une des plus "grandes affaires de violation de droits d'auteur jamais traitées aux Etats-Unis".

Le site Megaupload.com, qui était inaccessible jeudi soir depuis les Etats-Unis, permettait d'héberger des fichiers et de les partager sur internet. Dans les faits, il offrait des milliers de films, séries, émissions de télévision ou chansons en libre accès, par téléchargement direct ou streaming.

La fermeture du site a été suivie de représailles du collectif de pirates Anonymous, qui a annoncé sur Twitter avoir mis hors service les sites du FBI, du ministère de la Justice américain, de la maison de disque Universal Music et de l'association professionnelle du disque RIAA. Ces quatre sites étaient inaccessibles jeudi soir.

La fermeture de Megaupload.com a en revanche été saluée par Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat français a souligné "que la lutte contre les sites de téléchargement direct ou de streaming illégaux, qui fondent leur modèle commercial sur le piratage des oeuvres, constitue une impérieuse nécessité pour la préservation de la diversité culturelle et le renouvellement de la création", selon un communiqué de l'Elysée.

Outre le site-mère, une vingtaine de noms de domaine affiliés à Megaupload.com ont été fermés par la justice américaine, qui a également saisi 50 millions de dollars d'avoirs et lancé des poursuites contre sept responsables du site, parmi lesquels figurent les quatre personnes arrêtées en Nouvelle-Zélande.

Ces sept personnes sont "responsables d'un piratage considérable sur internet de nombreux types de contenus protégés par les droits d'auteur à travers Megaupload.com et d'autres sites", affirment les autorités américaines.

Elles sont ainsi accusées d'avoir tiré de leurs forfaits quelque 175 millions de dollars de profit et entraîné "plus d'un demi-milliard de dollars de perte pour les ayant-droits", en offrant sur leur site des produits piratés, poursuivent les autorités américaines.

Megaupload Ltd, et une autre entreprise liée à l'affaire, Vestor Ltd, ont en outre été inculpées par une chambre d'accusation de Virginie (est) de violations de droits d'auteur mais aussi d'association de malfaiteurs en vue de commettre racket et blanchiment d'argent, des infractions passibles de 20 ans de prison.

La police néo-zélandaise a indiqué que les quatre personnes arrêtées sur son sol comparaîtront vendredi devant la justice après une demande d'extradition formulée par les Etats-Unis. Les perquisitions ont mené à la saisie d'un coupé Rolls Royce Phantom. Auckland a précisé avoir travaillé sur cette affaire pendant des mois avec les Etats-Unis.

Fort de son succès sur internet, le site avait réussi à attirer les stars d'Hollywood et la presse américaine rapportait que Swizz Beatz, un producteur de musique marié à la chanteuse Alicia Keys, en était devenu le patron.

L'annonce de la fermeture de Megaupload.com intervient en pleine polémique aux Etats-Unis sur des projets de loi antipiratage, qui ont poussé Wikipédia à fermer l'accès à ses services en anglais mercredi et Google à masquer son logo.
 

Première publication : 20/01/2012

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