Dernière modification : 21/01/2012 

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Le souvenir de la guerre d'Algérie s'invite au Forum des images

Le souvenir de la guerre d'Algérie s'invite au Forum des images

Cinquante ans après la guerre d'Algérie, le Forum des images commémore le conflit à l'aide de fictions et de documentaires, du 24 janvier au 2 février à Paris. La programmation prend en compte les points de vue des deux côtés de la Méditerranée.

Par Dépêche (texte)
 

AFP - Dès ce début d'année de commémoration, 50 ans après, le Forum des images à Paris ouvre un cycle de rétrospectives et de conférences autour des images de la Guerre d'Algérie, de part et d'autre de la Méditerranée et des fronts.

Du 24 janvier au 2 février, l'institution (aux Halles) prévoit un programme de fictions, documentaires, archives militaires et civiles, témoignages souvent rares et tus, captés depuis cinq décennies sur les rives françaises et algériennes de ce conflit de huit ans.

Les Accords d'Evian, le 18 mars 1962 en Haute-Savoie, firent cesser le feu et leur approbation en avril par les Français de métropole signèrent officiellement la fin du conflit et le grand départ pour les Français d'Algérie.

Pour l'Algérie, Evian ouvre la voie à l'indépendance, proclamée le 5 juillet.

C'est à cette mémoire que le Forum rend hommage avec ses projections et les très nombreux conférences et débats, les cinéastes et les historiens qui les accompagneront.

"Le temps est venu de considérer ces images comme des sources autant que comme des éléments de transmission et de témoignage", justifie Jean-Yves de Lépinay, directeur des programmes du Forum des images, soucieux de ne pas rentrer dans "une concurrence des mémoires".

"Le constat, 50 ans après, c'est que, comme souvent, ce conflit fut un immense gâchis dont beaucoup sont sortis fracassés".

Il a donc évité les montages historiques typiques des commémorations pour privilégier les points de vue et les paroles, militantes ou intimes.

"Il existe énormément d'images contemporaines du conflit, et l'idée que le cinéma a peu traité de ce conflit est fausse: beaucoup de grands talents l'ont évoqué en creux", soutient M. de Lépinay, citant "Muriel" d'Alain Resnais ou "Les Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy.

Et depuis, on n'a jamais cessé de filmer: de "Avoir 20 ans dans les Aurès" de René Vautier tourné pendant la guerre, à "La Guerre sans nom" de Bertrand Tavernier (1991) et "Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb (2010).

De nombreuses personnalités seront invitées à en témoigner devant le public et les points de vue se confrontent d'une rive à l'autre, au gré de la programmation: en soirée d'ouverture, Jacques Charbit raconte l'Algérie d'après-guerre dans "Une si jeune paix"; puis Malek Bensmaïl revisite, un demi-siècle après, le village des Aurès cible du premier attentat anti-français en 1954, dans "La Chine est encore loin" (2007).

Tandis qu'Olivier Py, l'homme de théâtre, voyage avec "Méditerranées" dans la mémoire familiale qui garde l'Algérie - et la douleur du départ - au coeur, loin du folklore auquel le cinéma a souvent cantonné les pieds-noirs.

L'INA a ouvert ses archives, l'armée vient à deux reprises commenter les siennes. Le retour sur images va enfin commencer autour des thématiques les plus diverses, insiste Jean-Yves de Lépinay: les fronts, les civils, les appelés, la guerre en métropole, les combats (comment étaient-ils filmés), la figure de "l'Algérien", les combattants, les harkis...

Face à cette ambition, la pluralité et la diversité, le Forum des images regrette le manque de réponse des archives algériennes.

Mais un sociologue algérien, Belkacem Mostefaoui, fera le voyage pour raconter comment l'Algérie commémore cette guerre.

A noter enfin, le 25 janvier, deux séances de "films de familles", français et algériens.

("La Guerre d'Algérie, images et représentations" du 24 janvier au 2 février. Certaines séances peuvent être réservées: www.forumdesimages.fr).

Commentaires (6)

les traitres

on peut ne pas avoir été au coeur des combats et avoir été indirectement témoin de quelque chose de pas trés propre ayant sans doute fait de nombreuses victimes innocentes.
Etait-ce le but.?

souvenir!

triste souvenir qu'il vaudrait mieux ne pas traiter car cela risque de separer un peu plus les communautés! date du 19 mars à oublier et 5 juillet aussi! car pour nous P.N. ce fut un grand malheur! quant aux algériens ils peuvent feter chez eux mais pas en Métropole car pour la France c'est un grand malheur!

en 1985 je suis retournée à oran en algérie

j'habitais rue de la révolution , le quartier juif d'oran. et quand je suis retournée et là j'ai rencontré des amies , qui nous ont fait part , au temps des français c'était plus propre
dans les caniveaux il y avait 10 centimetres de crasse.

@Harki

Vous avez bien fait de le dire et de préciser que ce vilain mot correspond à une insulte et si vous voulez abaisser quelqu'un c'est de le traiter de ce mot que je ne saurai répéter.

Forum des images - Guerre d'Algérie -

C'est une bonne initiative que de casser certains tabous et mettre à nu cette douloureuse période que fut la guerre d'Algérie. C'est une initiative louable pour démystifier cette période et lui donner toute sa dimension historique et humaine, non point pour en faire un bouclier, mais plutôt pour raffermir les liens humanitaires entre les peuples et apprendre que la guerre n'est bonne pour personne. En l'espace de cinquante ans, certains trouvent toujours matière à polémiquer sur le sujet en oubliant les valeurs humaines qui doivent siéger au sein des communautés des deux rives de la Méditerranée.
Mohamed Boudia - Ecrivain - Chlef - Algérie -

Harki

Alors qu'en Algérie le mot harki signifie traître dans le langage courant et constitue la pire des insultes, en France on prépare une loi contre les insultes à Harki...

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