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Afrique

Alassane Ouattara à Paris pour signer un nouvel accord de défense franco-ivoirien

Vidéo par Patrick HERMANSEN

Texte par Dépêche

Dernière modification : 25/01/2012

Moins d'un an après la crise post-électorale qui a secoué son pays, le président ivoirien doit être reçu en grande pompe ce mercredi à Paris, où il doit parapher un nouvel accord de défense avec l'ancienne puissance coloniale.

AFP - Le président Alassane Ouattara est reçu avec faste à Paris, qui voit dans la Côte d'Ivoire un exemple de démocratisation, tout en mettant en garde contre les violences menaçant le processus de réconciliation, moins d'un an après une crise post-électorale meurtrière.

Alassane Ouattara doit arriver à 14H30 GMT à l'aéroport d'Orly, où il sera accueilli par le ministre de la Défense, Gérard Longuet, un symbole alors que l'armée française a joué un rôle crucial dans son arrivée au pouvoir et que Paris et Abidjan doivent signer jeudi un nouvel accord de défense.

Il doit s'entretenir jeudi à l'Elysée avec le président Nicolas Sarkozy, avant un dîner d'Etat. Une rencontre est prévue vendredi avec des chefs d'entreprises français et ivoiriens. M. Ouattara quittera Paris samedi pour Addis Abeba et le sommet annuel de l'Union Africaine.

"Je viens d’abord remercier le président Sarkozy et son gouvernement pour l’intervention menée en avril sous mandat des Nations Unies. Sans elle, il y aurait eu en Côte d’Ivoire, un génocide pire qu’au Rwanda. Abidjan, c’est 6 millions d’habitants. Tel que c’était parti, on aurait pu avoir un million de personnes assassinées", a jugé Alassane Ouattara dans un entretien au quotidien Le Monde.

Ex-puissance coloniale, la France a été l'un des principaux alliés d'Alassane Ouattara lors de la crise de décembre 2010-avril 2011, qui avait fait 3.000 morts après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite au scrutin présidentiel de novembre 2010.

En recevant ainsi Alassane Ouattara pour une visite d'Etat, Paris entend apporter son soutien à la réconciliation, tout en renouvelant ses mises en garde contre la poursuite des violences en Côte d'Ivoire.

Le ministère des Affaires étrangères a ainsi "condamné" l'attaque le week-end dernier à Abidjan d'un meeting de partisans de Laurent Gbagbo, appelant la justice à poursuivre les auteurs de ces actes, qui ont fait un mort.

Aucune réunion n'est prévue avec la communauté ivoirienne en France. Dans l'entourage de M. Ouattara, on fait valoir que le président était déjà allé à sa rencontre lors de sa première venue officielle en France, en marge du sommet du G8 à Deauville, fin mai 2011.

Mais cette décision peut aussi s'expliquer par la présence en France de nombreux partisans de Laurent Gbagbo, écroué depuis le 30 novembre par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye qui le soupçonne de crimes contre l'humanité.

Ceux-ci ont prévu de se rassembler mercredi après-midi devant le siège de la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH), pour demander des enquêtes sur les massacres commis dans l'ouest lors de la progression des troupes d'Alassane Ouattara.

M. Ouattara a accédé au pouvoir après deux semaines de guerre grâce aux ex-rebelles nordistes et aux bombardements décisifs de la France et de l'ONU. M. Sarkozy avait été le seul chef d'Etat occidental à assister à son investiture en mai 2011.

Le temps fort de la visite du chef d'Etat ivoirien sera la signature jeudi d'un "accord de défense et de sécurité" rénové. La force française en Côte d'ivoire Licorne (1.600 soldats au plus fort de la dernière crise, 450 actuellement) ne doit plus compter à terme que quelque 300 militaires chargés de la formation de l'armée ivoirienne.

"La France doit rester dans notre pays plus longtemps et de manière plus substantielle. Je comprends les contraintes budgétaires, mais Paris doit bien prendre en compte la fragilisation de l’Afrique du Nord", a déclaré au Monde le président ivoirien.

Les dossiers économiques ne seront pas oubliés, alors que la France est déjà le premier partenaire économique de la Côte d'Ivoire, première puissance économique d'Afrique de l'Ouest francophone.

Depuis la fin de la crise, la France a débloqué 400 millions d'euros de prêts, mais le gros morceau reste à venir: un "contrat désendettement développement" doté de deux milliards d'euros.
 

Première publication : 25/01/2012

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