Dernière modification : 25/01/2012 

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Un rapport qui bouscule le mythe du modèle allemand

Un rapport qui bouscule le mythe du modèle allemand

Dans un rapport publié mardi, l'Organisation internationale du travail (OIT) soutient que le modèle de croissance allemand fut l’une "des principales causes" de la crise de la zone euro. Une conclusion excessive ? Pas forcément.

Par Sébastian SEIBT (texte)
 

Ce n’est qu’un encadré perdu dans un rapport de plus de 100 pages publié mardi 24 janvier par l’Organisation internationale du travail (OIT). Mais il a déjà fait couler beaucoup d’encre. L’institution internationale y soutient que le modèle de croissance allemand est l’une des principales causes à la crise actuelle de la zone euro. Une thèse à contre-courant du discours dominant qui présente l’Allemagne comme la locomotive européenne et le modèle à suivre.

Syndiquer le contenuLa crise de la zone euro

"À cause de sa politique économique menée depuis le début des années 2000, l’Allemagne peut en effet être considérée plutôt comme un frein que comme un moteur à la croissance européenne”, reconnaît à FRANCE 24 Till van Treeck, économiste à l’IMK, un institut de recherche allemand en macro-économie. Le rapport de l’OIT établit ainsi un lien direct de causalité entre la grande réforme du marché du travail allemand entrepris en 2003 par le gouvernement de Gerhard Schröder et la situation économique actuelle dans la zone euro. En réduisant les allocations chômage, les prestations sociales et en simplifiant la réglementation du marché du travail, l’Allemagne voulait "regagner en compétitivité après des années de vache maigre dues au coût de la réunification”, rappelle Sandrine Le Bayon, économiste spécialiste de l’Allemagne à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Conséquence de cette politique : les entreprises allemandes ont recommencé à exporter et la croissance a marqué son grand retour en Allemagne. “Mais cette croissance par les exportations s’est fait au détriment des autres pays européens”, analyse Till van Treeck. Avec des salaires qui n’ont quasiment pas augmenté depuis le début des années 2000, la consommation intérieure allemande ressemble à une morne plaine qui prive les exportateurs des autres pays européens d’un débouché vital.

Une situation qui a contribué à faire basculer dans le rouge la balance commerciale de pays fragilisés comme l’Espagne ou l’Irlande, creusant ainsi leur déficit. La crise des "subprimes "a, ensuite, agi en 2008 comme un détonateur “qui a révélé au grand jour les vices cachés, dont le modèle de croissance allemand, de la construction économique européenne”, affirme Sandrine Le Bayon. L'analyste juge cependant un peu excessif de tout mettre sur le dos des Allemands et souligne que la propension de certains États de la zone euro, comme le Portugal ou la Grèce, à s’endetter “de manière excessive” fut tout aussi préjudiciable.

Égoïsme

Mais il est vrai, selon elle, que “l’Allemagne a longtemps adopté une stratégie non-coopérative en matière économique”. Une manière polie de dire que Berlin a adopté une attitude égoïste qui “symbolise cet autre problème européen qui est le manque de solidarité entre les pays de la zone euro”, regrette Till van Treeck. Surtout, cet économiste allemand note que “depuis le début de la crise grecque, il n’y a absolument aucune remise en cause en Allemagne de ce modèle de croissance et c’est probablement le plus grand danger actuellement pour la zone euro”.

Ainsi, l’inscription dans les traités européens de l’objectif de réduction de déficit assorti de sanctions en cas de dépassement rejoint certes le modèle économique allemand mais serait “contre-productif aussi bien pour l’Allemagne que pour les autres pays”, estime Till van Treeck. Pour lui, les efforts d’austérité budgétaire que les autres pays doivent consentir pour faire baisser leur déficit assécheraient la consommation intérieure un peu partout en Europe et priveraient en conséquence l’Allemagne de débouchés pour ces précieuses exportations. En poussant vers plus de rigueur au niveau européen, Berlin sape, en fait, le principe fondateur de sa croissance.

“Si l’Europe veut vraiment sortir de la crise, l’une des premières choses à faire serait que l’Allemagne stimule fortement sa demande intérieure pour aider les exportations de ses voisins”, explique Till van Treeck. Pour ce faire, le gouvernement de la chancelière Angela Merkel devra favoriser l’augmentation des bas salaires, ce qui a “commencé à se produire en mai 2010 lorsque la croissance allemande était forte”, rappelle Sandrine Le Bayon. Mais avec le retour de la récession en Europe, Berlin risque de mettre un coup d’arrêt à cette revalorisation salariale à la hausse.

Commentaires (16)

fausse vision

Non l'allemagne n'est pas un modéle car si,par rapport au reste de l'europe,elle se situe dans le peloton de tete en terme de resistance au rouleau compresseur des economies 'emergentes',Elle ne tardera pas a etre elle aussi en difficulté. Elle n'a pu tenir que parce qu'elle a joué sur le marché europeen. Si ce marché s'ecroule ,elle suivra le mouvement. Donc ne revons pas. Il nous reste a montrer au monde que l'europe (et donc les europeens) a de la ressource. gagnons d'abord et distribuons ensuite. Il faut un plan ORSEC europeen.

Le modele allemand et la "crise" de la zone euro

La OIT, comme beaucoup d'autres institutions "supra"nationales, fait semblant de faire le jeu a certains mouvements de capitaux speculatives. Le bon etat de l'Allemagne aurait un soutien plus fort a la qualite, le prestige et la valeur ajoutee de ses produits, et ainsi a l'austerité et au fort sentiment d'appartenance a son pays des allemands. Les problemes de certains membres de la zone euro ont eu origine a son exposition aux investissements dans les actifs toxiques des hypoteques sub-prime, qui ont ete amplifies par les speculateurs, tout comme les problemes de certains pays, pour se faire payer la dette a des taux superieurs. L'Allemagne a une importante reserve de devises qu'ils utilisent pour acheter des actifs dehors eux. Certains difficultes ont eu origine en la manque de reconnaissance de que l'economie est cyclique, et qu'il faut epargner dans les beaux temps pour avoir une chance d'estimuler l'economie dans les temps en baisse, une chose qui se fait mieux par la reduction de la TVA ed d'autres impots indirects. L'on ne peut jamais considerer une faute d'avoir fait les choses comme il faut, et les allemands ont fait ce qu'il fallait faire.

Comme les idées ont la dent dure et les images d'Epinal aussi

Je viens de lire ces 12 commentaires et que lis-je, Hitler,une espèce "d'anti-boche" et toutes les vieilles redingotes dont on habille généralement les Allemands. J'ai travaillé en Allemagne, j'y ai rencontré un peuple contrit et mal à l'aise avec son histoire, des Allemands en situation constante de culpabilité mais un pays (RFA à l'époque) digne, solidaire de son pays, fier de son appartenance et d'être Allemands afin de démontrer que cette Allemagne là, celle d'Hitler, était une image honteuse qu'il fallait combattre. En tant que seul Français dans un quartier populaire, je n'ai jamais vécu une telle période si géniale. J'étais de toutes les fêtes, de tous les barbecues d'été, de toutes les discussions, de tous les rires. J'ai fini par apprendre l'allemand pour communiquer avec ces gens, vivre avec eux, partager avec eux, rire, boire , manger, faire la fête avec eux. J'ai connu un peuple heureux, fier, solidaire, fraternel qui condamnait ces groupes néo-nazis qui pointaient leur arrogance, un peuple fier de son pays et qui travaillait pour ce dernier afin de donner une image différente de celle de l'histoire de 39/45. Ils ont condamné des nazis jusqu'aux années 80, c'est un pays qui avance et qui veut démontrer qu'il est autre. J'ai du respect pour ce peuple qui m'a accueilli d'une façon merveilleuse et pourtant je suis fils de résistant, déporté, pupille de la Nation et orphelin de guerre. J'ai donc connu des générations qui sont nées soit durant la guerre mais pour la plus part après et dont on ne peut leur imputer les errements dramatiques et Ô combien condamnables des générations précédentes. J'attire votre attention sur le fait que les premiers déportés furent Allemands car contre le régime fasciste.
Mais pour en revenir au vif du sujet, il est vrai que le salaire des Allemands a toujours été inférieur à celui en France. Pourquoi? Les impôts sont collectés directement sur le salaire mais en plus la vie est moins chère en Allemagne. Je vis à proximité de l'Allemagne, mon caddy allemand est inférieur de 35% en moyenne à celui en France hard-discount compris. Même le ministre de l'époque (2008 Guillaume Pépy) du commerce a fait "ses courses" en Allemagne et a reconnu ce fait. Il est vrai que l'Allemagne est concentrée sur elle-même, titillée par son image qui se doit être en contradiction totale à celle de son histoire, mais aussi par sa réunification et par la dette que cette dernière a engendrée et sa nécessité de créer un pays unique et solidaire, sous une même bannière et fier de son pays. Il est vrai que ces réformes alors engagées l'on été avec l'appui des syndicats (exemple la TVA dite sociale) et que l'attachement à leur pays par les Allemands a été un booster de cet engagement. Aujourd'hui on ne peut nier que la vie devient difficile pour nombre d'Allemands, qu'une grogne est en train de poindre MAIS avec pudeur et dignité et que ce peuple a la sensation très forte de payer leurs difficultés pour les autres. On peut considérer cela comme un enfermement, un repli sur soi, une sensation d'appartenir à une Europe qui guigne l'apport financier de l'Allemagne au redressement des autres pays. On est dans la crise belge où les flamands considèrent qu'ils paient pour ces "fainéants" de wallons. En ce cas, la politique et les ambitions qu'elles génèrent vont obligatoirement vers ceux qui les élisent comme actuellement nos candidats font du pied et du plat aux classes moyennes. Il n'en demeure pas moins que l'individualisme, le non respect du drapeau et de ses représentations, est en totale contradiction avec la notion d'appartenance à un pays et la fierté de lui appartenir et ces dernières sont certes plus fortes en Allemagne qu'elles ne le sont en France. Les Allemands sont-ils pour autant coupables de se considérer comme Allemands? Quand un match de foot a lieu en notre pays on siffle sa Marseillaise, quand l'hymne Allemand retentit c'est le silence respectueux qui "sévit" dans le stade. Je suis Français, fils d'un héros de la guerre 39/45, neveu d'un oncle torturé et abattu par les nazis, fier de mon pays, fier de mon drapeau, fier de notre histoire en général mais combien sommes nous? Le peu de temps où j'ai connu mon père, il n'a eu de cesse de me dire que l'on doit pardonner mais jamais oublier. J'ai pardonné et ne condamnerai certes jamais un pays fier de lui et de son pays. La politique est autre chose et le protectionnisme, il est vrai, est fortement ancré en Allemagne et desserre les autres pays.

Sarkosy-Merkel

Et, grâce à l'incompétence et au manque de courage de notre gouvernement, l' Allemagne a réussi ce qu'elle n'avait pas pu réaliser en 1870,1914,1940. C'est à dire devenir le maître de l' Europe.
Et, nos dirigeants n' ont, pour se dédouaner,qu'une pensée par an pour tous nos malheureux morts et estropiés de toutes ces guerres...
Maintenant, seule compte la finance qui, elle, n' a pas de patrie ni de frontière.

Siderant comme d'habitude!!

Mais voyons! L'Allemagne est donc coupable d'avoir fait ce que tous les autres par lacheté et imbécilité idéologique se refusent de faire!!Social ,social ,social mais payé par les emprunts sur les marchés internationaux qui vont nous demander des taux de plus en plus élevé ce qui est normal puisqu'on ne veut rien réformer c'est l'extérieur qui va s'en occuper.MJ.

Sa c'est le comble

Si l'on résume l'article, la faute est à l'Allemagne qui s'adapte au marché mondial et non les autres pays. Lorsque on lit cet article, il est aisément compréhensible que l'Angleterre tient les pays de la communauté et de la zone Euro, loin d'elle. Il ne vient pas à l'idée que les pays maintenant en difficulté auraient bien fait de ne pas mentir et cacher leur vrai situation et de corriger ce qui ne va pas. L'article appelle au nivellement pas le bas. Les autres continents ont de beaux jours devant eux.

faschisme

l'allemagne ne changera jamais ces dirigeants veulent dominer l'europe comme hitler quitte a sacrifier son peuple toujours tres obeissant . tout cela va ce retourner contre eux car les autre pays n'ont plus les moyens d'importer alord il vont se pla

Pauvre Europe

Il était temps que les gens apprennent la vérité.

saous-évaluation de leuro en Allemagne

Du fait du rattachement de l'Allemagne à la zone Eur,. La RFA est placée dans une situation comparable à celle de la Chine qui sous-évalue systématiquement sa monnaie, ce qui favorise fortement les exportations non seulement vers pays de la zone Euro, mais également vers tous les autres.

Par conséquant, les produits provenant de la zone deviennent non compétitifs sur le marché interne allemand et proquent le même asséchement de la consommation interne qu'en Chine.

Tant que l'Allemagne adhérera à la zone Euro, cette situation ne changera pas.

Europe

Seule solution pour une vraie Europe: créer les états-unis d'Europe, avec une vraie harmonisation des politiques. Tant que ce ne sera pas fait, chaque pays roulera avant tout pour lui-même.

Faites vos jeux

Et une fois de plus, les bons élèves sont montrés du doigt! C'est comme à l'école, on ajuste au plus mauvais et on évite de regarder vers le haut. Cet article montre bien la mentalité française et j'ai de plus en plus honte de cette "grande nation" déchue. On ne peut rien pour ses origines (heureusement j'ai une moitié Basque pour me sauver)mais on peut changer les choses; il faut mettre un terme à ces jalousies issue d'un nationalisme excessif qui permettra bientôt à des illuminés comme "le Pen" a endosser des responsabilités.
Il y en a assez! Aux prochaines élections, je vais voter pour moi, pour montrer que personne n'écoute la voix du peuple, que tous "la haut" ne sont intéressés que par leur porte feuille. Suivez moi et votez pour vous-même, on verra bien s'ils comprennent...

Enfin une lueur

Mélenchon et le Front de Gauche ont eu raison de dénoncer le rideau de fumée de l'exemple allemand . La destruction des droits sociaux, des services publics, des emplois , les politiques sarkophiles en faveur des plus riches ...sont bien la cause de la récession avec les turpitudes financières des banques d'affaires , des spéculateurs internationaux ...

solidarité

Comme toujours donneurs de leçons ! l'Allemagne n'est pourtant pas, loin s'en faut, un modèle en terme de solidarité, elle ne construit pas l'Europe, elle la "déconstruit" !!! Mais pourquoi les autres pays ne disent rien, l'union ne fait-elle pas la force ?

Article creu..

comment peut-on voir l'économie comme un jeu à somme nulle.
Si l'allemagne fait bien, pourquoi rester figer sur la balance commerciale ? Hayek, Von Mise et Friedman n'accordent aucune importance à la balance commerciale car cette donnée ne peut être, ni exacte, ni synonyme d'appauvrissement ou de richesse. Selon cette article on devrait pénaliser la compétition et l'entreprenariat, le national socialisme a de long jours devant lui!!!

Je crois rever

Voila, la solution pour l'Allemagne. De devenir aussi non-competitive comme les autres pays de la eurozone, de payer de gens a rien faire, de les assister, d'empêcher les sociétés de débaucher en cas de besoin; bref, devenir la France. Comme ça, les regles sont pareils pour tout le monde, tout le monde sombre, excellent comme analyse. La vraie question est, pourquoi les autres pays n'ont rien fait pendant ce temps la ?

Incompétence

L'incompétence fait naître les propos difframatoires.
Il n'ya pas du protectionnisme; seul les réformes intelligentes, dirigées et soutenues conduisent à système économique fort.
À chacun de se débarasser de son fardeau.

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