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FRANCE

Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP, placé en garde à vue

Texte par Dépêche

Dernière modification : 26/01/2012

Jean-Claude Mas, le fondateur de Poly Implant Prothèse, au centre d'un scandale sanitaire d'implants mammaires non conformes, et Claude Couty, son bras droit et ancien président du directoire de la société, ont été placés en garde à vue.

REUTERS - Jean-Claude Mas, le fondateur de Poly Implant Prothèse au centre du scandale des implants mammaires non conformes, a été interpellé jeudi à son domicile de Six-Fours (Var) et placé en garde à vue, a-t-on appris de source policière.

L’ancien président du directoire de la société, Claude Couty, a également été interpellé, dans la commune voisine de la Seyne-sur-Mer, et placé en garde à vue, a-t-on ajouté de même source.

Les investigations ont été menées par la Direction de recherches de la gendarmerie de Marseille. Des perquisitions sont en cours dans les domiciles des deux anciens cadres de PIP.

« Pour les victimes, c’est un soulagement », a déclaré à Reuters Me Laurent Gaudon, avocat de porteuses d’implants qui entendent poursuivre non seulement la société PIP, mais aussi les chirurgiens concernés.

« C’est le sentiment que la justice avance et qu’elles ne sont pas oubliées », a-t-il ajouté. « C’est l’assurance que les coupables vont enfin devoir rendre des comptes. C’est une victoire plus morale que juridique. Le fait que les victimes vont pouvoir bénéficier d’expertises médicales financées par la justice est aussi très important. »

Les enquêteurs s’apprêtaient à saisir des documents et étudier le contenu d’ordinateurs, a-t-on précisé, toujours de source policière.

Un procès en octobre

Jean-Claude Mas et Claude Couty devraient être transférés au siège de la section de recherche de la gendarmerie de Marseille qui agit dans le cadre d’une information judiciaire pour « homicide involontaire et blessures involontaires » ouverte le 8 décembre par le parquet de Marseille et confiée à la juge d’instruction Annaïck Le Goff.

Parallèlement, une enquête préliminaire a été ouverte pour des faits de « tromperie aggravée » dont devront répondre les principaux cadres de la société.

Le cap des 2.700 plaintes de porteuses d’implants mammaires PIP a été franchi dans cette enquête. Ouverte en mars 2010, elle été close le 10 octobre dernier. Le procès devant le tribunal correctionnel de Marseille devrait s’ouvrir en octobre prochain.

Le procès doit concerner une demi-douzaine de personnes dont les principaux dirigeants de PIP, Jean-Claude Mas en tête, ainsi que les cadres responsables de la production, selon une source proche du dossier.

Lors de ce procès, le cas individuel des victimes ne sera pas abordé. Le tribunal restera sur le cadre général de la tromperie aggravée, un délit passible de quatre années d’emprisonnement et de fortes amendes.

Vingt cas de cancers ont été signalés chez des femmes porteuses des prothèses PIP, selon dernier bilan de l’Autorité française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).
L’agence précise toutefois qu’aucun lien n’a été établi à ce jour entre ces cas de cancer et le port de ces implants. Le gouvernement a recommandé, par précaution, le 24 décembre, le retrait des implants PIP par les femmes concernées dont le nombre en France est estimé à 30.000.

 

Première publication : 26/01/2012

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