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Afrique

Le président nigérian demande aux membres de Boko Haram de s'identifier

Texte par Dépêche

Dernière modification : 26/01/2012

Goodluck Jonathan a sommé les islamistes de Boko Haram de s'identifier "clairement" et d'exposer leurs motivations, afin d'établir "une base de dialogue". La secte a multiplié les attaques ces derniers mois, tuant plus de 500 personnes en 2011.

REUTERS - Le président nigérian Goodluck Jonathan a mis au défi jeudi les islamistes de Boko Haram de s’identifier et de formuler clairement leurs exigences comme base de futures discussions.

La secte du nord du Nigeria, majoritairement musulman, multiplie les attaques depuis plusieurs mois. Selon un décompte de l’ONG Human Rights Watch, Boko Haram a tué plus de 500 personnes l’an dernier et plus de 250 depuis le début 2012.

« S’ils s’identifient clairement aujourd’hui et disent pourquoi ils résistent, affrontent le gouvernement, ou détruisent les vies d’innocents (...), il y aura une base de dialogue », a déclaré Goodluck Jonathan, interrogé par Reuters dans sa résidence présidentielle à Abuja.

« La confrontation militaire à elle seule ne supprimera pas les attaques terroristes », a-t-il ajouté, soulignant par exemple la nécessité de réduire le chômage des jeunes, recrues faciles pour la secte extrémiste.

Goodluck Jonathan, originaire du Sud à majorité chrétienne, a estimé que le problème Boko Haram serait beaucoup plus difficile à résoudre que l’insurrection dans le delta du Niger, un conflit en grande partie désamorcé en 2009 grâce à une amnistie que l’actuel président a contribué à obtenir.

« Boko Haram opère sans visage, sans identité claire, il est donc difficile de prendre contact avec un tel groupe », a-t-il souligné. « C’est la grande différence entre Boko Haram et la question du Delta. »

Boko Haram a émergé en 2003 dans la ville de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec ses 160 millions d’habitants.

La secte a déclenché une insurrection contre le pouvoir central en 2009 réprimée par les forces de sécurité en plusieurs jours d’affrontements qui ont fait 800 morts dans ses rangs. Le chef de Boko Haram à l’époque, Mohammed Yusuf, a été capturé et il est mort en détention. 


 

Première publication : 26/01/2012

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