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Afrique

MSF dénonce l'emploi de la torture et suspend ses activités à Misrata

Vidéo par Anthony SAINT-LÉGER , Aurore DUPUIS

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/01/2012

L'organisation humanitaire Médecins sans frontières a interrompu ses activités dans les centres de détention de Misrata, en Libye. L'ONG s'est vu confier des détenus, en cours d'interrogatoires, afin de les soigner entre deux séances de torture.

REUTERS - Médecins sans frontières (MSF) a annoncé jeudi la suspension de ses activités dans les centres de détention de Misrata, en Libye, où l’on demande à ses personnels soignants de traiter des prisonniers entre deux séances de torture.

« Des patients nous ont été confiés au milieu d’un interrogatoire pour des soins médicaux, dans le but de les remettre sur pied pour de nouveaux interrogatoires », a déclaré le directeur général de MSF, Christopher Stokes, dans un communiqué.

« C’est inacceptable. Notre rôle est de fournir des soins médicaux aux blessés de guerre et aux détenus malades, pas de traiter continûment les mêmes patients entre deux séances de torture. »

MSF dit avoir soulevé la question auprès des autorités à Misrata et de l’armée nationale libyenne. « Aucune action n’a été prise », a déclaré Christopher Stokes. « Nous avons par conséquent décidé de suspendre nos activités médicales dans les centres de détention. »

Les cas de maltraitance et de disparitions visant d’anciens kadhafistes embarrassent le Conseil national de transition (CNT) au pouvoir depuis la chute de Mouammar Kadhafi en août, et contredisent ses promesses de rupture avec l’ancien régime.

Si le CNT a appelé la population à s’abstenir de représailles contre les kadhafistes et promet d’enquêter sur les abus, sa capacité d’agir est limitée car dans la plupart des cas, les violations sont commises par des milices locales qui échappent à la chaîne de commandement du CNT.

Amnesty International a dit jeudi avoir des preuves de la mort de plusieurs détenus sous la torture, dont certains à Misrata, l’un des théâtres les plus sanglants de la guerre civile de 2011, à 200 km à l’est de Tripoli.

Première publication : 26/01/2012

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