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Afrique

Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara signent un accord de défense bilatéral

Vidéo par Pierrick LEURENT

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/01/2012

Reçu à l’Élysée au deuxième jour d'une visite d’État, le président ivoirien Alassane Ouattara a conclu avec Nicolas Sarkozy un nouvel accord de défense qui prévoit, notamment, un soutien français à l'effort de reconstruction de la Côte d'Ivoire.

AFP -  Nicolas Sarkozy a renouvelé jeudi au président ivoirien Alassane Ouattara le soutien total de la France à son effort de reconstruction et surtout de réconciliation en Côte d'Ivoire, concrétisé par la signature d'un nouvel accord de défense "transparent" entre les deux pays.
              

Au deuxième jour de sa visite d'Etat en France, le dirigeant ivoirien s'est entretenu plus d'une heure avec le président français. L'occasion pour les deux dirigeants de célébrer en grande pompe la réconciliation entre leurs deux pays, après les vives tensions nées pendant le règne de Laurent Gbagbo.
              
Présenté comme un "ami personnel" de Nicolas Sarkozy, Alassane Ouattara été en mesure de succéder en avril à Laurent Gbagbo à la tête de la Côte d'Ivoire après deux semaines de combats, grâce aux bombardements décisifs de l'ONU et la France au nom du "devoir de protection" des populations d'Abidjan.
              
Ces combats, provoqués par le refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite face à M. Ouattara à la présidentielle de 2010, ont fait quelque 3.000 morts.
              
"C'est un grand plaisir de recevoir enfin, après tant d'années, un président démocratiquement élu de la Côte d'Ivoire", s'est exclamé M. Sarkozy devant la presse, "pendant dix ans les Ivoiriens ont été privés d'élections et nous avons été heureux, sous mandat de l'ONU, d'aider à rétablir la paix civile".
              
"Nous avons été comblés par les tous les efforts qui ont été faits par la communauté internationale et en particulier la France (...) pour soutenir le choix du peuple ivoirien", a renchéri Alassane Ouattara.
              
Les deux chefs d'Etat ont signé jeudi un traité de défense rénové qui revisite les liens militaires entre Paris et son ex-colonie, notamment le statut des troupes françaises en Côte d'Ivoire.
              
La force Licorne, qui a atteint 2.000 soldats pendant la crise de 2010, n'en comptera plus à terme que 250 à 300 chargés exclusivement de la formation des nouvelles forces de sécurité ivoiriennes, malgré la volonté affichée des nouvelles autorités ivoiriennes d'en conserver plus.
              
"C'est un accord qui montre que la France est aux côtés de la Côte d'Ivoire dans sa quête de sécurité (et) que l'armée française n'a pas vocation à s'ingérer, ni de près, ni de loi dans les affaires de la Côte d'Ivoire", a précisé M. Sarkozy, qui a affiché dès 2007 sa volonté de mettre un terme au rôle très critiqué de "gendarme de l'Afrique" de la France.
              
Cette précision faite, le président français a renouvelé le soutien de la France à Alassane Ouattara, assurant qu'il ferait tout "pour aider les Ivoiriens à reconstruire son pays, à assurer la sécurité pour chacun et à donner un avenir à tous les jeunes Ivoiriens".
              
Après plus de dix ans de crises politiques meurtrières, le chantier de la réconciliation ivoirienne avance très lentement. Les partisans de Laurent Gbagbo ont boudé les élections législatives de décembre et des violences faisant un mort ont émaillé une de leurs réunions dimanche.
              
La France, qui veut faire de la Côte d'Ivoire la vitrine de ses relations rénovées avec une Afrique démocratique, suit avec prudence l'évolution de la situation intérieure ivoirienne. Jeudi, Nicolas Sarkozy a rendu un hommage appuyé aux efforts de réconciliation de son hôte qui a "continué à tendre la main à chacun" et qui "tient ses promesses".
              
Sur le plan économique, M. Ouattara a lancé un "appel aux opérateurs privés français à revenir" dans son pays qui doit, a-t-il dit, enregistrer cette année un taux de croissance de 8 à 9%.
              
Il a aussi sollicité l'aide de la France pour que le Fonds monétaire international (FMI) octroie à son pays "dès le premier trimestre" 2012 le statut de pays pauvre très endetté, synonyme d'allègement de sa dette. Message reçu par Nicolas Sarkozy qui a jugé que la Côte d'Ivoire avait besoin "dès maintenant qu'on puisse l'aider à repartir de l'avant".

Première publication : 26/01/2012

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