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Aung San Suu Kyi mène campagne dans le sud

Texte par Dépêche

Dernière modification : 29/01/2012

L'opposante Aung San Suu Kyi est entrée en campagne en vue des élections partielles du 1er avril. Des milliers de personnes étaient rassemblées pour l'accueillir dans le sud du pays où elle s'est rendue dimanche.

AFP - Des milliers de personnes ont accueilli dimanche l'opposante birmane Aung San Suu Kyi lors d'un déplacement dans le sud du pays pour soutenir son parti avant les élections partielles du 1er avril, scrutin clé pour tester la sincérité des réformes du nouveau régime.

"Si nous allons dans la bonne direction, de nombreuses possibilités s'offriront à notre pays. Nous sommes impatients de les saisir", a déclaré la lauréate du prix Nobel de la paix, elle-même candidate aux législatives pour la première fois de sa carrière.

"Vous êtes notre coeur", proclamaient des banderoles agitées par ses partisans portant des T-shirts frappés du logo de sa Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Les habitants s'étaient déplacés en masse pour apercevoir en chair et en os la leader de l'opposition libérée de résidence surveillée en novembre 2010 et qui effectuait dans la région côtière de Dawei son premier déplacement de campagne en dehors de Rangoun.

"Nous avions demandé plusieurs fois à (Aung San Suu Kyi) de venir faire campagne dans notre région (...) Elle n'était pas venue ici depuis 23 ans", a déclaré à l'AFP Aung Soe, candidat de la LND qu'elle était venue soutenir.

Après son premier discours dans la ville de Dawei, des milliers de personnes ont suivi le cortège qui la menait de village en village, des enfants en uniformes scolaires l'acclamant sur son passage.

Des scènes inimaginables il y a encore un an, lorsque la "Dame" de Rangoun détestée par le généralissime Than Shwe, leader de l'ancienne junte aujourd'hui à la retraite, était marginalisée après avoir passé la majeure partie des vingt années précédentes privées de liberté.

Mais depuis, la junte au pouvoir pendant près d'un demi-siècle s'est autodissoute en mars 2011 et a transféré ses pouvoirs à un nouveau gouvernement "civil", bien que contrôlé par d'anciens militaires.

Cette nouvelle équipe a multiplié les réformes spectaculaires ces derniers mois, libérant notamment des centaines de prisonniers politiques et permettant le retour de Suu Kyi au coeur du jeu politique.

La LND, dissoute en mai 2010 pour avoir décidé de boycotter les élections de novembre suivant, a ainsi été autorisée à se réenregistrer et présentera des candidats pour les 48 sièges en compétition dans les assemblées nationales et régionales le 1er avril.

Le déplacement d'une journée doit également conduire Suu Kyi dimanche sur les lieux du controversé projet de construction à Dawei d'un complexe industriel autour d'un port en eaux profondes.

Ce projet de plusieurs milliards de dollars développé par une entreprise thaïlandaise fait craindre à certains un afflux incontrôlé d'industries sales au mépris des droits des populations locales.

Nouveau signe d'évolution du régime, les autorités viennent cependant d'annuler la construction d'une centrale au charbon sur le site, évoquant des "problèmes environnementaux".

L'Occident a salué les réformes engagées par le nouveau gouvernement, tout en restant prudent et en insistant pour que le scrutin d'avril soit "juste et libre" après celui de 2010 qu'il avait qualifié de "mascarade".

Ces élections, qui doivent pourvoir des postes laissés vacants par des élus nommés ministres, ne pourront pas menacer la majorité écrasante du parti du pouvoir.

La LND avait remporté une victoire écrasante aux élections de 1990 mais la junte n'avait jamais reconnu les résultats.

Suu Kyi, qui n'a effectué que quelques rares visites en dehors de Rangoun depuis sa libération, a connu par le passé des tournées particulièrement difficile.

En 2003, elle et son équipe avaient été agressées dans une embuscade, semble-t-il orchestrée par la junte au pouvoir, qui avait fait une centaine de morts selon la LND, quatre selon le régime. L'agression avait conduit à son placement en résidence surveillée pour sept ans.
 

Première publication : 29/01/2012

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