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EUROPE

David Cameron raille la taxe sur les transactions financières voulue par Nicolas Sarkozy

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/06/2012

La volonté de Nicolas Sarkozy d'instaurer unilatéralement une taxe sur les transactions financières en France est irréaliste pour le Premier ministre britannique, David Cameron.

AFP - Le Premier ministre britannique, David Cameron, a raillé lundi la décision de Nicolas Sarkozy d'instaurer unilatéralement une taxe sur les transactions financières, estimant que grâce à cette mesure, le Royaume-Uni accueillerait "de nombreuses banques françaises".

"Je trouve incroyable que l'on puisse faire cela", a déclaré M. Cameron à propos de la décision de M. Sarkozy d'instaurer cette taxe sans attendre ses partenaires européens.

"Au moment où nous nous battons pour l'emploi et la croissance, faire quelque chose qui coûterait un si grand nombre d'emplois me paraît extraordinaire", a-t-il dit lors d'un point de presse en marge d'un sommet des 27 pays de l'Union européenne à Bruxelles.

"Et, dans un sain esprit de compétition avec la France, si la France instaure une taxe sur les transactions financières, notre porte sera ouverte et nous pourrons accueillir au Royaume-Uni beaucoup plus de banques et d'entreprises françaises, et notre économie se développera", a ironisé M. Cameron.

Tout en notant qu'ils étaient en désaccord sur certains sujets, il a qualifié le président français d'"homme remarquable" et rappelé leur collaboration lors de la guerre en Libye. "Je souhaite le meilleur à mon ami Nicolas", a-t-il ajouté, en réponse à une question pour savoir si, comme la chancelière allemande Angela Merkel, il ferait campagne pour la réélection de M. Sarkozy.

"Je suis plein d'admiration pour Nicolas. De temps en temps il dit une chose avec laquelle je ne suis pas d'accord, comme lorsqu'il a dit que la Grande-Bretagne n'a pas d'industrie, alors que nous avons un secteur industriel supérieur à celui de la France", a-t-il ajouté.

M. Cameron faisait allusion à des propos tenus dimanche soir par M. Sarkozy lors de son interview diffusée par les chaînes de télévision françaises. "On peut parler du Royaume-Uni avec plaisir, au Royaume-Uni, ils n'ont plus d'industrie !", avait lancé le président français.

Les relations entre les deux hommes se sont tendues ces derniers mois.

Le sommet de l'UE de fin octobre avait déjà été l'objet d'une franche explication entre eux, M. Sarkozy s'agaçant en pleine réunion que M. Cameron donne des leçons à la zone euro sur la conduite à tenir.
 

Première publication : 31/01/2012

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