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En Inde, Dassault vend ses premiers Rafale

Texte par Dépêche

Dernière modification : 01/02/2012

En compétition avec le Typhoon du consortium Eurofighter, le Rafale de Dassault a finalement remporté l'appel d'offres lancé par l'Inde qui souhaite acquérir 126 avions de chasse. La valeur du contrat est estimée à 12 milliards de dollars.

AFP - L'Inde a sélectionné le Rafale de Dassault dans le cadre d'un colossal appel d'offres de 12 milliards de dollars visant à lui livrer 126 avions de chasse, ce qui constituerait le premier succès à l'export pour cet appareil français ayant récemment servi en Libye.

Dassault était en concurrence avec le Typhoon du consortium européen Eurofighter. Cet appel d'offres, remlontant à 2007, est l'un des plus importants jamais lancés par la troisième puissance économique d'Asie et l'un des plus importants du moment dans le secteur de la défense aérienne.

"La France se félicite de la décision du gouvernement indien de sélectionner l'avion français pour entrer en négociations exclusives avec Dassault", a fait savoir la présidence française dans un communiqué.

"Il est confirmé que Dassault a remporté le contrat. Etant donné qu'il n'y avait que deux groupes (en compétition) et que c'est celui qui est le moins-disant", c'est-à-dire le moins cher, a déclaré une source gouvernementale indienne sous couvert de l'anonymat. En Inde, le candidat le moins-disant remporte généralement le contrat.

La négociation du contrat "va s'engager très prochainement avec le soutien total des autorités françaises. Il inclura d'importants transferts de technologie garantis par l'Etat français", ajoute le communiqué de l'Elysée.

Le Premier ministre français François Fillon a estimé que ce choix récompensait "la tenacité de l'industrie comme du gouvernement".

Le président Nicolas Sarkozy a "voulu que l'Inde soit avec la France engagée dans un partenariat stratégique qui fait que nous discutons aujourd'hui non seulement de la fourniture d'avions de combat, mais aussi de la construction de deux réacteurs nucléaires EPR", a-t-il ajouté.

A la Bourse de Paris, le titre de Dassault s'est envolé de 21,72% à 774,94 euros à l'annonce du contrat remporté.

L'appel d'offres avait attiré les géants mondiaux du secteur qui s'étaient engagés dans une féroce compétition. Le Rafale et l'avion d'Eurofighter avaient été présélectionnés en avril, mettant hors jeu les poids-lourds américains Boeing et Lockheed Martin, ainsi que les firmes suédoise Saab Gripen et russe MiG.

L'Eurofighter-Typhoon est un avion de combat produit par un consortium formé par les groupes de défense et d'armement européen EADS (46%), britannique BAE Systems (33%) et italien Alenia/Finmeccanica (21%).

"Bien qu'il ne s'agisse pas à ce stade d'une signature de contrat et que des négociations doivent encore avoir lieu, nous sommes déçus. Nous respectons toutefois la décision du ministère indien de la Défense", a réagi Eurofighter.

C'est le premier appel d'offres lancé par l'Inde, qui passait jusqu'à présent des contrats de gré à gré et s'est essentiellement reposée pendant 50 ans sur la technologie soviétique pour son aviation militaire. New Delhi achète aussi des avions à Dassault depuis 1953.

Ce contrat stipule que l'Inde achètera directement 18 avions, tandis que les 108 autres seront construits en Inde.

James Hardy, rédacteur en chef de la publication spécialisée Jane's Defence Weekly, a salué la "grande victoire pour le Rafale", tout en prévenant que l'accord définitif était encore loin d'être conclu.

"Le Rafale est le candidat sélectionné, mais n'importe quel étudiant en acquisition (de contrat) sait que cela ne veut rien dire, tant que le contrat n'est pas physiquement signé", a-t-il mis en garde, interrogé par l'AFP.

Selon cet expert, la récente dévaluation de la roupie face au dollar et les "tractations contractuelles habituelles" pourraient reporter la signature de plusieurs années.

Le juteux appel d'offres avait été au coeur de nombreuses visites officielles en Inde l'an dernier. Le président américain Barack Obama, son homologue français, le Premier ministre britannique David Cameron et le chef de l'Etat russe Dmitri Medvedev avaient tous eu à coeur de plaider la cause de leurs avionneurs respectifs.
 

Première publication : 31/01/2012

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