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Culture

Une note d'espoir pour le marché de la musique

Texte par Dépêche

Dernière modification : 31/01/2012

Le marché français de la musique enregistrée pourrait connaître une embellie grâce aux ventes numériques, à l'image des États-Unis où le chiffre d'affaires du secteur est redevenu positif en 2011 pour la première fois depuis 14 ans.

AFP - Le marché de la musique enregistrée a reculé de 3,9% en France en 2011, pour une neuvième année consécutive de baisse, mais l'industrie voit dans l'essor des ventes numériques des raisons d'espérer et attend la reprise pour 2013.

Le marché de la musique enregistrée (ventes de CD et de DVD, téléchargement, streaming...) s'est établi à 617,2 millions d'euros l'an dernier, selon le bilan annuel établi par le principal syndicat de producteurs de disque (Snep) au Marché international du disque et de l'édition musicale (Midem).

Pour la première fois, le Snep a décidé d'intégrer dans ce bilan les droits voisins, c'est-à-dire les revenus perçus par les producteurs sur la taxe sur la copie privée ou lorsqu'une chanson est diffusée sur une radio, dans un lieu public (bars, parking, coiffeurs...).

Ce changement affecte fortement le bilan 2011. Si on ne tient pas compte des droits voisins, les ventes de musique ont reculé de 5,6% l'an dernier.

Cette décision, conforme à la norme adoptée par la fédération internationale des producteurs de disques, est le signe d'un changement profond dans la structure de revenus de l'industrie musicale.

Avant la crise du disque, le secteur tirait l'essentiel de ses ressources des ventes de CD. Aujourd'hui, les producteurs misent sur une diversification de leurs sources de revenus pour sortir la tête de l'eau.

C'est déjà le cas aux Etats-Unis où le chiffre d'affaires du secteur est redevenu positif en 2011 pour la première fois depuis 14 ans.

En France, le point d'inflexion est attendu pour 2013, ont indiqué à la fois le Snep et le syndicat des producteurs indépendants (UPFI) au Midem.

Inquiétudes sur Hadopi

"Mais la mutation complète du secteur vers le numérique prendra encore 5 à 10 ans", a averti le président de l'UPFI, Stephan Bourdoiseau.

"C'est là que le Centre national de la musique (CNM) prend tout son sens", a-t-il estimé.

Le CNM, créé samedi par un accord-cadre signé par la quasi-totalité de la filière et par l'Etat, doit fédérer les acteurs du secteur et leur permettre de bénéficier de ressources nouvelles pour financer la création.

Au Midem, tous les représentants de la filière se sont félicités que la question du CNM ne soit pas "politiquement clivante", tant la gauche que la droite ayant apporté leur soutien au chantier.

En revanche, les producteurs de disques se sont inquiétés de la volonté de François Hollande de supprimer l'Hadopi, estimant que cela risquait de casser le dynamisme de l'offre numérique.

Si elles n'ont pas encore compensé la baisse des ventes physiques de musique (CD et DVD), les ventes numériques (streaming et téléchargement) ont en effet poursuivi leur essor en 2011.

Le numérique, qui représente désormais 21% des ventes, a progressé de 25,7% l'an dernier, à 110,6 M EUR. Dans le même temps, les ventes physiques ont baissé de 11,5% à 412,6 M EUR.

La progression du numérique est avant tout due au boom des services de musique en ligne par abonnement. Ils ont explosé de 89,4%, à 25,9 millions d'euros, et représentent presque un quart du marché numérique (contre 15,5% en 2010).

Le téléchargement constitue toujours la plus importante source de revenus numériques, mais sa part est en baisse (51% contre 54% en 2010).

Quant aux revenus issus du streaming financé par la publicité, ils ont bondi de 50,2%, à 13,9 millions d'euros. Mais du fait de leur faible rendement leur part reste faible dans les revenus numériques (12,5%).

 

Première publication : 31/01/2012

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