Dernière modification : 02/02/2012 

- Bachar al-Assad - Ligue arabe - Syrie


"Des observateurs ont pensé que leur mission était un voyage d’agrément"

"Des observateurs ont pensé que leur mission était un voyage d’agrément"

L’intégralité du rapport de mission des observateurs de la Ligue arabe en Syrie a été dévoilée par le magazine américain Foreign Policy. Le document pointe du doigt les manquements des observateurs sur le terrain.

Par Marc DAOU (texte)
 

"C’est regrettable, mais certains observateurs ont pensé que leur mission en Syrie était un voyage d’agrément." Cette phrase, édifiante, est extraite du très officiel rapport de mission des observateurs de la Ligue arabe en Syrie, rédigé par son chef, le controversé général soudanais Mohammed al-Dabi. L’intégralité du document, qui fait porter au régime du président Bachar al-Assad et à l’opposition la responsabilité des violences, a été dévoilée le 30 janvier par le prestigieux magazine américain Foreign Policy.

Requêtes financières déplacées 
 
En marge du récit de la mission, débutée le 26 décembre 2011, c’est surtout l’ensemble du chapitre consacré au comportement global des 166 observateurs arabes qui interpelle. "Dans certains cas, les experts n’étaient pas qualifiés pour le travail, n’avaient pas d’expérience antérieure et n'étaient pas capables d’assumer leurs responsabilités", écrit Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi.
 
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Ce dernier y dénonce le manque flagrant de compétences et l’incapacité physique de certains observateurs à accomplir leur tâche. "Certains observateurs de la mission sont vieux, certains souffrent de problèmes de santé qui les empêchent de remplir leur mission." D’autres, poursuit le rapport, "n’ont pas évalué l’importance de faire prévaloir les intérêts arabes sur les intérêts personnels". Pis, le général soudanais fait également état de requêtes financières déplacées, compte tenu de la situation sur le terrain. "Certains observateurs en mission hors de la capitale ont demandé un hébergement d’un standing comparable à celui dont bénéficiaient leurs collègues à Damas ou un dédommagement financier équivalent à la différence de prix entre les tarifs hôteliers pratiqués à Damas et ceux de l’hôtel les hébergeant".
 
Un bilan "grotesque"
 
On y apprend également que 22 observateurs se sont excusés de ne pouvoir continuer leur mission pour raisons personnelles et que "certains ont avancé d’autres arguments factices que le chef de mission a jugés inacceptables, alors que d’autres se sont avérés agissant pour leur propre agenda". En outre, le chef de la mission, qui a tout de même salué la performance générale des observateurs, a tenté de justifier les manquements de certains d’entre eux par une méconnaissance de la région et la crainte suscitée par certaines situations à risque.
 
"Ce bilan frise le grotesque et pointe l’amateurisme de la Ligue arabe, qui n’a pas préparé cette mission comme il fallait", confie sous couvert d’anonymat un diplomate arabe en poste à Paris, contacté par FRANCE 24.  
 
En conclusion du rapport, le général Al-Dabi affirme que ces "quelques maladresses" vont être corrigées avec la pratique. Il recommande aussi le renforcement de la mission grâce au déploiement de 100 observateurs supplémentaires, "de préférence jeunes et avec une expérience militaire", de trente véhicules blindés, de gilets pare-balles, de cameras et de jumelles à vision nocturne.
 
L'incapacité des observateurs à faire appliquer le plan de sortie de la Ligue arabe prévoyant l'arrêt de l'effusion de sang leur a valu de vives critiques de l'opposition au régime syrien et d'ONG arabes et internationales. La mission a été suspendue le 28 janvier en raison de la recrudescence des violences dans le pays.

 

Commentaires (4)

Le chef de la mission d’observation arabe : « En Syrie, la viole

Le général soudanais Mohamed Mustafa al-Dabi, chef de la mission d’observation arabe en Syrie, a réitéré son attachement au contenu du rapport de la mission présenté à la Ligue arabe et aux déclarations qu’il avait données dans ce sens, affirmant que certaines parties avaient interprété ce rapport d’une manière différente voire contraire de ce qu’avaient écrit les chefs des équipes de ladite mission.
Dans une conférence de presse tenue aujourd’hui dans la capitale soudanaise Khartoum, le général al-Dabi a affirmé que la démarche de geler l’action des observateurs par la Ligue avait aggravé davantage la situation, soulignant qu’il y avait beaucoup de questions politiques qui influaient sur le travail de la mission sur le terrain.
Le général al-Dabi s’est dit étonné de la campagne médiatique hostile véhiculée par certaines parties contre la mission, avant même qu’elle débute son action, affirmant que les médias extérieurs avaient inventé beaucoup de (fausses) nouvelles sur son travail.
Il a fait savoir que la mission était sincère dans ses déclarations que ce soit avant ou après la réunion ministérielle.Le général a indiqué que le rapport élaboré par les chefs des différentes équipes d’observateurs avec la participation du secrétaire général adjoint de la Ligue, le centre des opérations de la Ligue et les représentants des droits de l’homme, inclut des détails clairs sur les secteurs touchés par les opérations d’observation.
Il a souligné que les observateurs ont indiqué dans le rapport que le secteur de Damas ne connait pas de violence, faisant noter que les citoyens se sont dirigés vers les observateurs pour donner leurs témoignages.
Le général al-Dabi a dit que la mission avait reçu au commencement un accueil positif de la part et du gouvernement et de l’opposition.
Le général al-Dabi a souligné que la mission entraient dans les secteurs de l’opposition sans aucune garde, affirmant que l’opposition avait refusé la demande de la Ligue de présenter un rapport, cinq jours après le début de l’action de la mission.
« Nous n’avons constaté à Soueida que les marches soutenant le gouvernement, et nous n’y avons pas trouvé d’aspect militaire », précise al-Dabi, qui affirme par ailleurs que la violence commise par la police et l’armée est une riposte.
Il a fait savoir que la mission n’avait trouvé à Alep aucune violence, évoquant nombreuses manifestations pacifiques qui n’ont pas été matées.
« Le retrait des pays de Golfe n’a aucun lien avec l’action de la mission, mais leurs observateurs ont été rappelés pour des raisons propres à eux », a-t-il indiqué, soulignant qu’après ce retrait la violence a connu une recrudescence pour arriver au stade de l’explosion et du sabotage.
Le général al-Dabi a affirmé que la mission avait vérifié via certaines organisations arabes humanitaires de la libération de 5 000 détenus pour cause des événements dans le cadre de la dernière amnistie, soulignant que les observateurs étaient présents au cours de la libération de ces personnes arrêtées.
« La réalité sur le terrain prouve l’existence de personnes armées et de la soi-disant armée libre », a-t-il fait noter, soulignant qu’il avait constaté la présence d’un grand nombre de personnes armées.
Il a refusé de commenter l’existence d’une contradiction entre les positions du secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, et le 1er ministre qatari, tout en niant les nouvelles véhiculées sur le retrait des observateurs algériens par leur pays.
Le général Dabi a indiqué que l’action de la mission était difficile à l’ombre de la violence et de la contre-violence entre des éléments armés et les forces gouvernementales, soulignant que la mission s’est assurée réellement que les manifestations étaient pacifiques et que le gouvernement syrien avait retiré ses engins militaires de l’intérieur et de l’extérieur des villes, élargi les détenus faits prisonniers au cours des événements et permis l’accès en Syrie aux médias arabes et internationaux.
Il a fait savoir que six organisations des droits de l’homme avaient participé à la mission, précisant que celle-ci était soucieuse de rester neutre et crédible dans son compte rendu.
Il a réaffirmé qu’Anwar Malek (l’observateur algérien qui a fait bruyamment défection avant de se réfugier au Qatar, NDLR) n’avait participé aux tournées de la mission qu’une seule fois, soulignant qu’il avait exploité cela et parlé aux médias comme s’il accompagnait toujours le chef de la mission.
Le général Dabi a qualifié d’ « immoral » ce qu’avait fait Malek, indiquant que les responsables officiels en Algérie avaient dit qu’il était recherché en Algérie depuis 15 ans. Il a aussi imputé la responsabilité à la Ligue arabe de l’avoir choisi.
Quant à la technique adoptée par la mission dans sa couverture des secteurs syriens, le général Dabi a indiqué que la répartition de la mission avait débuté graduellement avec la couverture de plus de cinq secteurs chauds : Idleb, Hama, Deraa, Homs et la Banlieue de Damas pour couvrir ensuite tous les autres villes syriennes.
Il a enfin indiqué que les équipes d’observation avaient réalisé que tous les Syriens à l’intérieur que ce soit l’opposition ou le gouvernement veulent un règlement et rien ne les intéressait que de vivre en sécurité.

Foutage de gueule...

Ceux qui croyaient que cette mission allait apporté quelque chose aux tumultes que vivent les syriens, ils se trompaient. La preuve. Rien de rien. Sans conviction, et sans plan préalablement défini, on ne pouvait pas s'attendre à des miracles. Ce n'était qu'une bande d'incapables qui ont fais le voyage pour toucher les frais de déplacements et les primes de risque. une bande de vautour tout simplement qui profitaient des malheurs...

Moi aussi

Mon cher Elias, l'angle de l'article est bien défini puisqu'il se consacre clairement au chapitre sur les observateurs. Je suis d'accord avec france24.fr, car j'ai aussi été saisi par la teneur du rapport sur ce point précis!

J'ai lu le rapport

Votre compte rendu est de la désinformation, vous n'insistez pas sur la véritable information confirmation. qui est la nature du mouvement en Syrie...ce n'est pas de gentils militants pro democratie !!

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