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Rafale : le contrat de vente à l'Inde doit encore être finalisé

©

Vidéo par Constantin SIMON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 01/02/2012

L’acquisition par l'Inde de 126 avions Rafale ne sera entérinée qu’après un long processus de négociations sur des questions aussi sensibles que le transfert de technologies ou la coopération industrielle, selon des experts en armement.

AFP - La sélection de Dassault en Inde pour livrer à l'armée 126 avions de combat Rafale marque le début d'un long processus avant la signature de ce juteux contrat, qui a déjà donné des sueurs froides au groupe français dans un pays réputé difficile, préviennent les analystes.

L'Inde a annoncé mardi, de source gouvernementale sous couvert de l'anonymat, que Dassault avait été préféré au consortium européen Eurofighter pour entrer en négociations exclusives avec les autorités, après cinq ans d'une féroce compétition.

Pour les analystes, la conclusion de l'une des plus grosses acquisitions de l'Inde dans le secteur de la défense pourrait être un long parcours du combattant.

"C'est un succès majeur pour la France. Le soutien politique français a été essentiel pour appuyer la candidature du Rafale et c'est une grande victoire pour le président Nicolas Sarkozy (...). Reste à négocier la coopération industrielle", a souligné Endre Lunde, consultant au sein du cabinet de conseil en aérospatial, défense et sécurité, IHS Jane's.

"L'Inde est très exigeante concernant le niveau de participation qu'elle demande pour son industrie locale et le bénéfice économique pour la France sur le long terme risque d'être au final limité", a-t-il jugé.

Ce contrat inclut une clause de compensation de 50%, ce qui signifie que Dassault devra s'approvisionner à hauteur de la moitié du montant des ventes auprès de l'industrie indienne de la défense.

Selon les observateurs, l'Inde devrait en outre être en position de force pour négocier ce contrat, le plus important du moment dans le secteur de la défense aérienne, alors que le groupe français attend depuis des années d'être choisi.

"Les Français savent que le montant de l'appel d'offres peut monter à près de 20 milliards de dollars et ils ne se tireront pas une balle dans le pied parce que ce contrat sauve Dassault, crée de l'emploi et stimule leur économie", a résumé Kapil Kak, directeur d'un cercle de réflexion sur l'aviation militaire, Air Power Studies.

Une finalisation du contrat offrirait au Rafale son premier succès à l'export.

"L'Inde va négocier ferme et la France le sait. Dassault sera plus enclin à accepter les demandes aujourd'hui qu'il y cinq ans à cause de la récession dans les économies européennes", a souligné ce général de l'armée de l'air à la retraite.

Le secrétaire d'Etat français au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, a reconnu mardi qu'"un certain nombre de choses restent à finaliser" avant la signature du contrat.

Le candidat recalé, Eurofighter, a de son côté insisté sur le fait qu'il s'agissait "à ce stade d'une signature de contrat et que des négociations doivent encore avoir lieu".

Dans ce domaine, des coups de théâtre ont déjà défrayé la chronique.

En décembre 2007, New Delhi avait ainsi annulé un appel d'offres de 600 millions de dollars remporté par le fabricant européen d'hélicoptères Eurocopter, filiale d'EADS, pour équiper l'armée de 197 appareils militaires.

L'Inde avait dénoncé des irrégularités dans le processus d'attribution à la suite d'allégations de "corruption" dans la presse. Eurocopter, vainqueur de la compétition face à l'américain Bell et qui n'avait plus qu'à signer formellement son contrat, avait démenti ces accusations.

L'appel d'offres pour les 126 avions de chasse, lancé en 2007, a aussi donné lieu à de surprenants retournements de situation: en avril 2009, l'Inde avait annoncé que le français était exclu de la compétition, au motif que le Rafale n'avait pas rempli tous les critères requis lors des évaluations techniques.

Cinq semaines plus tard, Dassault avait finalement été réintégré.

L'Inde, troisième puissance économique d'Asie qui cherche à assurer sa sécurité face à la menace potentielle du Pakistan et de la Chine, reste un marché attrayant, bien que difficile. C'est le premier marché d'armements parmi les pays émergents.
 

Première publication : 01/02/2012

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