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FRANCE

"La mise en place d’un protectionnisme au niveau national est impossible"

Texte par Julien PEYRON

Dernière modification : 03/02/2012

Les candidats à la présidentielle multiplient les slogans autour du thème "Produire français, acheter français". Une posture dénoncée par l’historien de l’économie David Todd, pour qui le protectionnisme ne peut être envisagé qu’au niveau européen.

La mode est au "made in France" cet hiver dans l’Hexagone. Le patriotisme économique a la cote auprès des candidats à l’élection présidentielle, dont la grande majorité appelle à défendre l’industrie tricolore en favorisant l’achat et la fabrication des produits français.

Cette forme de protectionnisme est aujourd’hui défendue par des personnalités politiques issues de l’ensemble de l’échiquier politique. Interrogé par FRANCE 24, l’historien de l’économie David Todd* fustige la démagogie des hommes politiques français : selon lui, la France ne peut plus revenir à une ère protectionniste.

FRANCE 24 : Le "made in France" et le protectionnisme s’imposent dans le débat politique en France. N’est-il pas inquiétant que l’ensemble des candidats à la présidentielle prétendent vouloir imposer, chacun à leur manière, une forme de protectionnisme ?

David Todd : Ce consensus est purement rhétorique, la mise en place d’un protectionnisme au niveau national est impossible. Cela montre bien qu’en France, on manque de débats économiques sérieux. Les hommes politiques préfèrent souvent prendre des postures. Je ne suis pas un converti au modèle anglais, mais je vis au Royaume-Uni depuis 12 ans et je constate que les débats économiques y sont menés avec plus de rigueur.

La campagne en France est menée de manière cynique, la surprise aurait été que la classe politique ne raconte pas n’importe quoi en période électorale. La seule question sérieuse en terme de protectionnisme est à poser au niveau européen.

Pourquoi jugez-vous impossible la mise en place d’un protectionnisme à l’échelle de la France ?

D. T. : La France n’a plus la taille nécessaire pour mener une politique économique protectionniste. Aucun homme politique sérieux ne peut prétendre le contraire. Aux États-Unis, où la question s’est aussi invitée dans la campagne présidentielle, la mise en place d’un protectionnisme est envisageable, compte tenu de la dimension du marché intérieur. Mais en France, cela n’a pas de sens. Quant à la réindustrialisation de la France, je doute que cela soit possible aujourd’hui. Ou alors il faudrait se tourner vers des secteurs à haute valeur ajoutée, mais on ne peut pas se remettre au textile comme au XIXe siècle. Si les hommes politiques français sont en quête d’un slogan intéressant et sérieux, j’en ai un pour eux : "Achetez européen".

Quels sont les obstacles à la mise en place d’un protectionnisme européen ?

D. T. : Si les Français en veulent vraiment, il vont devoir convaincre leurs voisins européens. On peut envisager de laisser les Anglais hors de ce plan, car le pays est historiquement opposé au protectionnisme. Mais comment convaincre les autres, dont l’Allemagne, un pays lui aussi attaché au libre-échange ? Je ne vois aujourd’hui pas de signe qui laisse penser que Berlin va se convertir au protectionnisme. Par ailleurs, le protectionnisme ne se nourrit pas de thèses économiques mais de solidarité nationale. Un sentiment d’appartenance et de solidarité qui n’est pas encore assez fort au niveau européen pour mettre en place un protectionnisme européen. Les consommateurs français seraient-ils vraiment prêts à payer plus pour sauver les producteurs de Slovaquie ?

La France n’a-t-elle pas toujours été frileuse face au libre-échange et favorable au protectionnisme ?

D. T. : La culture du protectionnisme est en effet majoritaire en France. Elle n’est pas issue de la droite radicale : elle est née au centre droit de l’échiquier politique, sous l’impulsion d’Adolphe Thiers. C’était à l’époque de la Troisième République, une république conservatrice, une démocratie de producteurs. En cela la France s’oppose au Royaume-Uni, une démocratie de consommateurs, qui est libre-échangiste.

Cette tradition existe aussi en France, mais elle a toujours été minoritaire. Le libre-échange ne s’est ainsi imposé que sous la période autoritaire du Second Empire ou sous la Ve République technocratique.

Un monde qui se reconvertit au protectionnisme, n’est-ce pas dangereux au regard de l’Histoire ?

D. T. : Le protectionnisme présente des dangers car il est lié au nationalisme. Mais le libre-échange n’est pas sans risques non plus. Un libre-échangisme effréné conduit à une redistribution des richesses très inégalitaire. Un homme politique raisonnable doit considérer ces deux aspects. Comme Paul Krugman [économiste américain, Prix Nobel d’économie, NDLR] l’a souligné récemment, le monde n’a jamais été aussi peu protectionniste qu’aujourd’hui. Mais un retour au protectionnisme est-il la réponse aux excès constatés ? Je n’en suis pas sûr.

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*David Todd est enseignant-chercheur au King’s College de Londres et au Centre for History and Economics à Cambridge. Il est notamment l’auteur de "L’Identité économique de la France : libre-échange et protectionnisme, 1814-1851".

Première publication : 02/02/2012

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