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Moyen-orient

Haytham al-Manaa : "Il faut une solution négociée avec la Russie"

Texte par Marianne NIOSI

Dernière modification : 05/02/2012

L’opposant syrien Haytham al-Manaa, président du CNCD, deuxième groupe d'opposition après le CNS, prône un accord politique entre la Ligue arabe et la Russie pour convaincre le président Bachar al-Assad de quitter le pouvoir.

Président du deuxième groupe d’opposition syrien derrière le Conseil national syrien (CNS), le Comité national de coordination pour le changement démocratique (CNCD), Haytham al-Manaa appelle à une solution politique hors du cadre des Nations unies. "La Ligue arabe doit cesser de faire comme si la Russie n’existait pas", assure ce militant des droits de l’Homme basé à Paris.

Au lendemain du veto opposé par la Russie et par la Chine à un projet de résolution sur la Syrie à l’ONU, l’opposant appelle la Ligue arabe à concentrer ses efforts diplomatiques sur Moscou. "Sans la Russie, Assad ne peut pas nourrir son armée. Ce sont les Russes qui ont persuadé le régime de signer le protocole qui a régi le déploiement des observateurs de la Ligue arabe !"

"Malgré tout le respect que je dois au printemps arabe, la place Tahrir a certes fait trembler Moubarak, mais ce sont les Américains qui ont fait tomber le président égyptien. En Syrie, ce sont les Russes qui feront tomber Assad", explique-t-il.

L’opposant ne se montre pas très surpris par le vote du Conseil de sécurité : "Le peuple syrien avait le choix entre deux mauvaises options : une résolution qui n’aurait pas eu beaucoup d’effets et un veto".

Son ton mesuré tranche avec l’indignation affichée par le principal courant d’opposition syrien. Le Conseil national syrien (CNS) juge en effet Pékin et Moscou "responsables de l'escalade dans les meurtres et le génocide" en Syrie et souligne que "la volonté d'un pays de préserver ses intérêts ne peut se faire en s'alliant avec une junte sanguinaire et corrompue".

Le CNS, qui regroupe la majorité des courants de l'opposition, a affirmé dimanche que le double veto de Moscou et de Pékin à une résolution sur la Syrie à l'ONU donnait au régime un "permis de tuer (...) dans l'impunité".

Première publication : 05/02/2012

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