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Moyen-orient

Le veto sino-russe à l'ONU provoque l'indignation de la communauté internationale

Vidéo par France 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/02/2012

Les pays arabes et occidentaux dénoncent vigoureusement le veto opposé par la Russie et par la Chine au projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie, samedi, au lendemain de la mort de plus de 200 personnes à Homs.

REUTERS - Les pays occidentaux et arabes se sont indignés dimanche du veto opposé la veille par Moscou et Pékin à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l’Onu appelant à la mise à l’écart de Bachar al Assad en raison de la répression sanglante du mouvement de contestation.

La Ligue arabe poursuivra ses efforts pour résoudre la crise en Syrie malgré ce revers diplomatique, assure l’organisation panarabe dans un communiqué obtenu par Reuters.

Les veto chinois et russe « n’enlèvent rien au fait qu’il y a un soutien clair de la communauté internationale aux résolutions de la Ligue arabe », estime le secrétaire général de la Ligue, Nabil Elaraby, qui appelle le gouvernement syrien à répondre aux demandes de son peuple.      

Rompant avec le traditionnel langage diplomatique, l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Susan Rice, s’est déclarée « dégoûtée » par le double veto survenu au lendemain de la mort de plus de 200 personnes dans des bombardements menés par les forces syriennes à Homs, dans le centre du pays.

Alors que le bilan de la répression des manifestations antigouvernementales a dépassé les 5.000 morts depuis la mi-mars selon l’Onu, la Russie et la Chine « porteront la responsabilité de tout nouveau bain de sang », a prévenu Susan Rice.

Treize des quinze membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur de la résolution qui apporte son plein soutien au plan de la Ligue arabe qui prévoit le départ d’Assad du pouvoir, le retrait des troupes des villes et la formation d’un gouvernement d’union nationale avant la tenue d’élections.

Le Conseil de sécurité de l'ONU

Le Conseil national syrien, qui regroupe la plupart des courants de l’opposition, a indiqué qu’il tenait pour responsable Moscou et Pékin de « l’escalade dans les meurtres et le génocide. Le CNS considère cela comme un permis donné au régime syrien de tuer dans l’impunité. »

Seul représentant d’un pays arabe au Conseil de sécurité de l’Otan, l’ambassadeur du Maroc Mohammed Loulicjki a exprimé « son grand regret et sa grande déception » face au double veto et a affirmé que la Ligue arabe n’avait pas l’intention de baisser les bras.

« On arrive à Damas »

L’ambassadeur syrien à l’Onu, Bachar Ja’afari a dénoncé la résolution et les pays lui ayant apporté leur soutien, estimant que les nations qui « empêchent les femmes d’assister à un match de football », n’ont aucune légitimité à se prononcer sur la démocratie en Syrie.

Il a également démenti tout bombardement à Homs, assurant qu’aucune « personne sensée n’aurait lancé une attaque de cette ampleur à la veille d’un vote au Conseil de sécurité de l’Onu ».


Dimanche, en Syrie, la télévision d’Etat diffusait des images de Bachar al Assad priant aux côtés de représentants musulmans dans une mosquée de Damas à l’occasion de l’anniversaire de la naissance du prophète Mahommet.

Dans le quartier de Bab Amro, à Homs, les habitants joints par téléphone, ont dénoncé le veto de la Chine et de la Russie, certains d’entre eux scandant « la mort plutôt que le déshonneur ».

« On arrive, Damas. A partir d’aujourd’hui, on va montrer à Assad ce qu’est un gang armé », a déclaré l’un d’eux.

Depuis le début du mouvement de contestation en mars 2011, Bachar al Assad impute les violences qui secouent son pays à des « gangs armés ».

Pour justifier son veto, la Russie a fait valoir que la résolution était biaisée en demandant un changement de régime en Syrie où Moscou dispose d’une base navale.

« Certains membres influents de la communauté internationale, dont certains sont malheureusement assis autour de cette table, sapent depuis le début du processus syrien l’occasion d’aboutir à un accord politique », a déclaré le représentant de la Russie aux Nations unies, Vitali Tchourkine.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov se rendra en Syrie mardi pour y rencontrer Bachar al Assad.

Bilan meurtrier

Homs, ville martyre, toujours en proie à la violence
Après le revers diplomatique essuyé à l’Onu, la France a avancé l’idée de former un « groupe des amis du peuple syrien » en Europe et dans le monde arabe pour favoriser une solution.

« La France ne se résigne pas. Elle se concerte avec ses partenaires européens et arabes afin de créer un ‘Groupe des amis du peuple syrien’ qui aura pour objectif d’apporter tout l’appui de la communauté internationale à la mise en ÷uvre de l’initiative de la Ligue Arabe », a indiqué Nicolas Sarkozy dans un communiqué publié tard samedi.

Face à la poursuite des violences, la Tunisie a pour sa part expulsé son ambassadeur syrien et a indiqué qu’elle allait cesser de reconnaître le gouvernement de Bachar al Assad comme l’autorité légitime en Syrie.   

S’il était confirmé, le bilan des bombardements à Homs fourni par l’opposition, supérieur à 200 morts, serait le plus lourd depuis le début du soulèvement populaire dans le pays.

Rami Abdullrahman, de l’Observatoire syrien pour les droits de l’hommes, a indiqué tard samedi qu’il avait les noms de 128 personnes tuées lors du raid des forces syriennes dans cette ville du centre du pays.

« Hier le gouvernement syrien a assassiné des centaines de citoyens syriens, dont des femmes et des enfants, à Homs, dans des bombardements et d’autres violences indiscriminées et les forces syriennes continuent d’empêcher des centaines de civils blessés d’avoir accès à des soins », a déclaré le président américain Barack Obama, avant le vote à l’Onu.

« Tout gouvernement qui brutalise et massacre son peuple ne mérite pas de gouverner. »

 

Première publication : 05/02/2012

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