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EUROPE

Victime d'un prêtre pédophile, une Irlandaise expose son cas devant des évêques

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/02/2012

Abusée dans son enfance par un prêtre, l'Irlandaise Marie Colling a estimé à Rome que "demander pardon pour les actes des prêtres pédophiles ne suffit pas" et réclame que les supérieurs hiérarchiques reconnaissent leurs responsabilités.

AFP - "Demander pardon pour les actes des prêtres pédophiles ne suffit pas", a dit une victime, réclamant que les supérieurs hiérarchiques ayant couvert ces actes reconnaissent leurs responsabilités, lors d'un symposium sur la pédophilie au Vatican mardi.

Seule victime invitée à cette rencontre, l'Irlandaise Marie Colling, 64 ans, abusée par un prêtre à l'âge de treize ans, a raconté son calvaire devant quelque 200 experts et évêques.

"Ces doigts qui abusaient de mon corps la nuit me présentaient l'ostie le matin suivant", a-t-elle dit, retraçant le cauchemar qu'avaient constitués les abus répétés de ce prêtre, alors qu'elle se trouvait hospitalisée loin de ses parents à l'hôpital de Dublin.

Mais aussi sa longue dépression et "les deux années les plus difficiles de sa vie" lorsque à 40 ans, alors qu'elle s'est décidée à révéler au grand jour son agression, les autorités catholiques ont couvert son agresseur.

"Ma foi en Dieu n'a pas été touchée. Je peux pardonner à celui qui m'a abusée. Il a reconnu sa faute. Mais comment retrouver du respect pour la direction de mon Eglise? Demander pardon pour les actes des prêtres pédophiles n'est pas suffisant, il faut qu'elle reconnaisse sa responsabilité pour le mal et la destruction infligés aux victimes et à leurs familles par une dissimulation souvent délibérée et la mauvaise gestion des affaires par les supérieurs", a dit Mme Collins.

"Chercher à sauver l'institution du scandale a causé le plus grand des scandales", a-t-elle martelé.

"Le meilleur de ma vie a commencé quand celui qui avait abusé de moi a été traduit en justice", a-t-elle confié. "J'ai alors travaillé avec mon diocèse et l'Eglise catholique en Irlande pour améliorer leur politique de protection des enfants. Ma vie n'est plus dévastée. Elle a un sens et de la valeur".

Auparavant, Sheila Hollins, psychiatre britannique, a évoqué le cas de "nombreux prêtres" abusés dans leur jeunesse, un traumatisme qui "a contribué à leur incapacité à comprendre leur sexualité et à leur décision de rester célibataire comme prêtre".

Ou celui de mères élevant seules leurs enfants, en grande difficulté sociale, approchées par des pédophiles qui voyaient leurs "enfants comme des proies faciles". Elle a dénoncé l'intimidation du prêtre abuseur: "imaginez qu'il est aussi le prêtre et le confesseur et utilise son autorité spirituelle pour s'assurer que son crime reste secret".

Lundi à l'ouverture du colloque, le pape a dit que "soulager les victimes doit être de la plus haute importance". Cette priorité "doit aller de pair avec un profond renouveau de l'Eglise", a-il ajouté.

Le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et à ce titre premier responsable de la gestion du dossier par le Vatican-- a rappelé les nouvelles consignes de l'Eglise en la matière: écouter les victimes et collaborer avec la justice civile.

Il a reconnu "l'inadaptation" d'une réponse de droit canon et la nécessité d'une réponse "multidimensionnelle".

Mgr Levada est reparti au Vatican aussitôt après son intervention ce que les associations de victimes ont déploré, jugeant qu'il craignait d'être exposé à des questions gênantes de la presse.

Selon le biographe du pape Mario Politi, "un noeud à résoudre porte sur l'obligation des dénonciations par l'évêque à la police et au parquet".

"En France c'est obligatoire, mais dans d'autres pays non. Il faut que le Vatican donne des indications précises qui soient tout le temps valides", a-t-il plaidé à l'AFP.

"L'Eglise est-elle disposée à encourager une enquête dans chaque diocèse sur les abus du passé?", comme l'a fait par exemple le cardinal allemand Reinhard Marx, dans son diocèse de Munich, a-t-il demandé.

Le quotidien Il Fatto Quotidiano cite un procureur de Milan, Pietro Forno, spécialisé dans ces questions, qui a noté nécemment: "la hiérarchie catholique n'a jamais mis obstacle à mes enquêtes, mais, durant tant d'années, jamais, une dénonciation d'un évêque ou d'un prêtre ne m'est parvenue".

Première publication : 07/02/2012

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