Dernière modification : 10/02/2012 

- Internet


"L'internet vit une dérive fasciste", selon l'un des responsables français de Megaupload

Lors d'un entretien exclusif, Cyril Payen reçoit Emmanuel Gadaix, l'un des responsables du site de partage de fichiers Megaupload, fermé récemment par les États-Unis. Il revient sur cette décision du FBI et ses implications.

Par FRANCE 24 (texte)
 

Un mois après la fermeture du très populaire site de partage de fichiers Megaupload par les autorités américaines, Cyril Payen a pu s'entretenir avec Emmanuel Gadaix, l'un des responsables de Megaupload. Il revient sur ce qu'il pense être les causes et les conséquences d'une fermeture qu'il qualifie de symptôme d'une "dérive fasciste de l'Internet". Morceaux choisis.

Sur les accusations de favoriser le piratage : "Les autorités américaines n'ont pas l'air de bien comprendre le modèle économique de Megaupload. Nous dire que nous favorisons le piratage est ridicule car on peut alors accuser l'Internet d'inciter au piratage, au même titre que les cassettes VHS incitaient au piratage."

Sur la légalité de Megaupload : "Nous dépensions des millions de dollars en frais d'avocats afin qu'ils nous expliquent comment positionner Megaupload pour être en conformité avec la loi. Megaupload était persuadé de ne rien faire d'illégal et nous n'avions donc rien à cacher."

Sur l'action du FBI : "C'est du jamais vu dans l'histoire de l'Internet. La saisie de la propriété privée de 50 millions d'utilisateurs est même unique dans l'histoire de l'humanité."

Sur les représailles d'Anonymous : "Anonymous a un rôle de critique sociale, de rebelle anti-establishment. Par ses actions, Anonymous veut montrer au public qu'il y a un problème."

Sur les raisons de la fermeture : "Nous allions lancer Megabox, une plateforme où les artistes auraient pu vendre directement leurs œuvres aux internautes le 21 janvier, soit deux jours après la fermeture de Megaupload. Sans doute, les autorités américaines voulaient empêcher une initiative qui pouvait déranger les majors du disque".

La fin de Megaupload, symbole d'une dérive de l'Internet ? "Avec SOPA, ACTA et maintenant la fermeture de Megaupload, on assiste à une dangereuse dérive fasciste de l'Internet qui est en train de devenir un cauchemar orwellien ou kafkaien. Ce n'est pas le même Internet qui a été crée dans les années 1970 et qui était respectueux des libertés individuelles."

 

Commentaires (4)

Orage sur le reseau

Prince des monte-en-l'air, et de la cambriole, toi qui eut le bont gout de choisir ma maison..... Ta moindre recidive abolirait le charme, laisse-moi je t'en prie, sur un bon souvenir...

megaupload donnait un moyen

megaupload donnait un moyen aux internautes de s'échanger des données protégées ou pas , donc oui il favorisait le piratage pleinement

Maintenant si les gens aiment regarder des films pourris (c'est leur droit), il est possible de se les procurer pour 1,2 ou 3 euros via le site 'leboncoin'
il y a sûrement des gens qui revendent leur dvd dans le coin, et ç'est mieux que de se mettre hors la loi

Entre dérive fasciste et dérive mafieuse

Megaupload et son patron Kim Dotcom en défenseur de la moral contre le grand capital c'est plutôt ridicule, considérant le dossier judiciaire épais d'un escroc patenté qui depuis 15 ans accumule combines et condamnations, dans le style de vie d'un mafieux de film de série z. L'action du FBI est inquiétante et dangereuse. Mais que Kim Dotcom soit hors jeux ça ne va pas me tirer une larme. Quand au modèle économique de Megaupload, c'est celui de l'hyper-capitalisme, chacun pour soit et tous pour moi. Megaupload a-t'il jamais reversé un centime aux artistes qu'il distribuait en faisant payer ses clients? Le modèle économique des Majors ne marche plus, celui de Megaupload c'est du parasitage.
La Bio de Kim Dotcom http://www.wired.com/threatlevel/2012/01/kim-dotcom/ édifiant

Il ne répond pas aux questions de fond

Qu'un site de piratage se soucie du respect de la propriété privée est assez cocasse. Ce représentant ne répond à aucune des questions de fond quant à la légalité du site. Je veux bien que jouer au mi-Robin des bois, mi-Che Guevara a quelque chose de sympathique, mais plutôt que dépenser des millions en frais d'avocat pour qu'ils essayent de trouver (et visiblement sans réussir) la faille légale dans laquelle se site aurait pu s'engouffrer, ils auraient mieux fait de les reverser aux détenteurs des droits d'auteur.
En tout cas, comparer la fermeture d'un site pirate au fascisme est assez insultant envers ceux qui ont vraiment subit le fascisme.

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