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Economie

Steve Jobs avait tendance "à déformer la réalité" selon le FBI

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 14/02/2012

Le 9 février, les services de renseignement américains ont rendu publique une enquête de 191 pages sur Steve Jobs. Un rapport établi en 1991, qui dresse un portrait souvent peu flatteur du fondateur d'Apple, décédé en octobre 2011.

Le FBI a rendu public, jeudi 9 février, un rapport entièrement consacré à Steve Jobs datant de 1991. C'est un portrait moins flatteur que tous ceux qui ont fleuri après le décès du fondateur d’Apple, le 5 octobre 2011, qui s'esquisse au fil des 191 pages de l’enquête, réalisée par la célèbre agence américaine du renseignement. La déclassification de ce document a été obtenu par le quotidien americain Wall Street Journal en vertu de la loi sur la liberté d'information (Freedom of Information Act).

Consultant pour l'administration

A l’époque de la rédaction du rapport, la Maison Blanche envisageait de proposer à l’inventeur du Mac un poste au sein du comité gouvernemental pour le commerce extérieur. Celui-ci n’était plus PDG d’Apple depuis 1985 et venait de fonder sa société d’informatique, NeXt. Le président de l’époque, George Bush, avait demandé au FBI de faire une enquête de moralité sur cette icône du succès “made in America”. Le portrait dressé par l’officine américaine a dû plaire suffisamment à l’administration, car Steve Jobs a bel et bien participé à ce comité, comme l'a confirmé, le 10 février, le département du Commerce américain.

Pourtant, les agents du FBI qui se sont entretenus avec une trentaines d’amis, collègues et connaissances de Steve Jobs - dont les noms ont été effacés dans la version du rapport publiée en ligne - sont loin de le couvrir d’éloges. Certes, plusieurs de ses amis mettent en avant “un dirigeant brillant et digne de confiance pour un poste à responsabilités”. Mais l’enquête relève que plusieurs personnes interrogées estimaient qu’il était un “individu trompeur”, ayant tendance à “déformer la réalité pour parvenir à ses fins”.

Pas communiste

Les services de renseignement américains indiquent aussi que, d'après plusieurs connaissances, l’homme pouvait “se montrer irrascible et autoritaire”. Un double défaut qui, selon l’une des personnes interrogées, expliquerait en partie “le succès de Steve Jobs en tant qu’homme d’affaires”.

Le FBI s’est aussi interessé aux antécédents de Steve Jobs pour s’assurer qu’il ne traînait pas de cadavres dans ses placards. Les enquêteurs assurent d'abord que Steve Jobs “n’est pas un communiste”, mais rajoutent tout de même qu’il présente des tendances “rebelles” et s'intéresse à la “contre-culture”. Ils notent ainsi que le fondateur d’Apple était fan du chanteur engagé Bob Dylan et qu’il avait eu une brève relation avec l’artiste et activiste de gauche Joan Baez.

Lors de cette enquête, ce sont surtout des inquiétudes qu'a manifesté le FBI à propos des “expériences” de Steve Jobs, lorsqu’il était étudiant, de différentes drogues - comme le LSD et la marijuana. Les enquêteurs concluent qu’en 1991 il n’en consommait plus...

Première publication : 10/02/2012

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