Dernière modification : 13/02/2012 

- Crise économique - Grèce - Lucas Papadémos - Zone euro


Le Parlement adopte un nouveau plan d'austérité, la rue proteste violemment

Les députés grecs ont approuvé dans la nuit de dimanche à lundi de nouvelles mesures d'austérité alors que manifestants anti-rigueur et policiers se sont violemment affrontés à Athènes et dans plusieurs autres villes du pays.

Par Mariam Pirzadeh (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - La Grèce a choisi dimanche d'accepter l'austérité imposée par ses créanciers afin de pouvoir échapper à la faillite et rester dans la zone euro, après un vote du parlement en faveur d'un programme de rigueur draconienne violemment contesté lors de spectaculaires manifestations.

Après un débat en procédure d'urgence au parlement, le programme a été adopté par 199 voix de majorité sur un total de 300 députés, dont 278 présents, dans une enceinte où le gouvernement de coalition socialistes-conservateurs pouvait théoriquement compter sur 236 voix.

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Les membres du gouvernement avaient solennellement mis en garde contre des scénarios d'apocalypse ou de "chaos" pour la Grèce, si les députés votaient contre le programme, en affirmant que le pays serait alors conduit à se déclarer rapidement en cessation de paiement, et à sortir à plus ou moins long terme de l'euro.

Le chaos, il était dans les rues de la capitale.

De violentes manifestations réunissant 80.000 personnes à Athènes selon la police, ont littéralement enflammé Athènes, avec une quarantaine de départs de feu ou incendies dans des bâtiments ou équipements du centre, selon un communiqué du ministère de la Protection du citoyen.

Une boutique d'articles culinaires de luxe a été ravagée par les flammes, les pompiers éprouvant des difficultés à se frayer un passage au milieu de rues où s'affrontaient les forces de l'ordre et des bandes de manifestants encagoulés.

A Athènes, le ministère de la Santé a recensé 54 personnes blessées.

A Salonique, les manifestations ont rassemblé 20.000 personnes et la police a recensé six banques endommagées.

A peine la manifestation contre le plan proposé aux députés avait-elle commencé vers 15H00 GMT que les premiers incidents ont démarré lorsqu'un groupe de contestataires regroupés devant le parlement a fait pression sur l'important cordon policier disposé autour du bâtiment. La police a aussitôt riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes.

Les manifestants se sont alors retirés dans les rues adjacentes, qui se sont transformées en champs de bataille: des manifestants jetaient des pierres, des morceaux de marbre et des cocktails Molotov sur les forces antiémeutes qui répliquaient avec des jets de gaz lacrymogènes.

Des personnes encagoulées ont brisé des vitrines de magasins sur les grandes avenues du centre.

Les contestataires avaient commencé à affluer sur la place Syntagma en début d'après-midi à l'appel des deux grandes centrales syndicales grecques, la GSEE pour le privé et l'Adedy pour le public, ainsi que de la gauche radicale.

"Les députés s'apprêtent à voter des mesures qui vont conduire à la mort de la Grèce (...) mais le peuple ne va pas céder", s'est exclamé le compositeur grec Mikis Theodorakis qui s'est joint aux contestataires à Athènes, juste devant le Parlement.

A l'intérieur du parlement, dont les abords étaient gardés par quelque 3.000 policiers, les discussions ont été très vives, marquées par de fréquents incidents de séance entre les rangs gouvernementaux et l'opposition de gauche.

Visiblement tendu, le ministre des Finances Evangélos Vénizélos, qui mène depuis des semaines des négociations difficiles avec les créanciers du pays, avait rappelé aux députés que le programme devait être adopté dimanche soir pour éviter la faillite.

Il a souligné que l'Eurogroupe, qui pourrait se réunir mercredi, réclamait un vote positif des députés en préalable au déblocage du deuxième plan de sauvetage du pays, combinant renflouement via des prêts publics de 130 milliards d'euros et désendettement via l'effacement de 100 milliards d'euros de créances.

Le pays espère entamer cette dernière opération avec ses créanciers privés d'ici au 17 février, a précisé M. Vénizélos. Le représentant des créanciers privés, Charles Dallara, avait lui aussi appelé les députés à voter oui, et prévenu que la Grèce n'avait plus une minute à perdre, dans un entretien avec le quotidien Kathimérini.

Avant le vote, le président du parti de droite Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, et celui du parti socialiste Georges Papandréou ont appelé à la tribune les députés à voter en faveur du paquet d'austérité, un des votes les plus "difficiles de l'histoire" en raison des contraintes qu'il impose au peuple grec, selon M. Samaras.

Chacun des deux partis a prononcé l'exclusion d'une vingtaine de députés qui ne sont pas conformés aux consignes de vote.

Le Premier ministre Lucas Papademos a condamné la violence et les destructions qui ont eu lieu, tout en soulignant l'importante du choix fait par les parlementaires: "avancer avec l'Europe et la monnaie unique" ou "précipiter le pays dans la misère, la banqueroute, la marginalisation et l'exclusion de l'euro".

Sans cet aval, la Grèce n'avait aucune chance de recevoir le moindre centime d'aide pour éviter un défaut de paiement incontrôlé en mars, à l'échéance de créances de 14,5 milliards d'euros.

Juste avant le vote, les ministres allemands des Finances et des Affaires étrangères avaient accentué les pressions sur Athènes. "Les promesses de la Grèce ne nous suffisent plus. Ils doivent, lors d'un nouveau programme, d'abord mettre en oeuvre les parties de l'ancien programme et économiser", avait déclaré le ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

Mais le plan d'austérité accepté en échange du renflouement et du désendettement ouvre la voie à une chute brutale des salaires dans le privé, censée redonner de la compétitivité aux entreprises du pays.

Les syndicats ont jugé que ce plan faisait le "tombeau de la société", tandis que la gauche communiste et radicale a réitéré au parlement sa demande d'élections immédiates, considérant que la Grèce n'a rien à perdre à mettre ses créanciers au défi de la lâcher.

L'accord gouvernemental affiché jeudi sur ce plan s'était vite fissuré, avec la démission dès le lendemain de six membres du gouvernement: deux socialistes et quatre cadres de la formation d'extrême droite Laos, qui avait rallié en novembre le gouvernement de coalition.

 

Commentaires (15)

Le peuple

Qui est ce fameux peuple dont tout le monde parle ? Toujours victime, jamais responsable de rien ! N'a t on pas augmenté de façon inconsidéré les salaires des fonctionnaires, des retraités, tout le peuple trouvait ça normal sans se poser de question d’où venait l'argent ! Parfois, les "peuples" devraient se poser les bonnes questions surtout dans les pays démocratiques. Ils élisent les hommes politiques qui promettent le plus, tout ça, pour préserver ses petits privilèges sans regarder si c'est possible ou non ! Il faut arrêter de jeter la pierre aux autres et regarder ses propres responsabilités. Pour ma part, je fais des efforts depuis des décennies, je galère tous les jours comme un malade pour essayer de m'en sortir, je n'ai pas envie de payer pour des gens qui, au départ, n'ont regardé que leur intérêt ! Et bien que je compatisse pour eux, chacun doit payer ses fautes et ses erreurs !

climat tempéré .

En ce qui me concerne ; je les trouve plutot posés les Grecs . Quel peuple , quel homme, se laisse étrangler sans réagir . A qui la faute ? Probablement pas à ceux qui souffriront le plus . Le Mensonge , les trahisons , les malversations ; sont devenus le maquillage quotidien des gouvernants ; après tout , il est bien connu que l'humain a toujours besoin de "leaders" , nous ne sommes que des crétins irresponsables ... C'est sans doute vrai puisque nous retournons aux urnes pour ( Encore ) un faux choix !

Hausse de 34% de la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 4

14 février 2012 - 17H37
Hausse de 34% de la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 en 2010
http://www.france24.com/fr/20120214-hausse-34-remuneration-moyenne-dirig...

Austérité Grecque

trés bien mais n'est pas facile!

honteux

C'est honteux il vont appliquer leur rigueur aux pauvres.

S'ils sont honnêtes qu'ils prennent d'abord tout le superflu à ceux qui roulent en porche !!!

Mais ce n'est pas ce que demande les créanciers Allemands, les dirigeants de l'Europe sont malhonnêtes, c'est une organisation de riches voyous.

money forte

les dirigeants grecque doivent écouté le peuple. la solution : dévalué l'euro pour l"adapter. et nous Africain serons un peu déchargé. essayez. je suis a l"écoute.

Autre chose

Autre chose : ce plan, comme les autres, ne servira strictement à rien, si ce n'est faire souffrir un peuple digne.

Comme l'a dit Georges Soros, Mme Merkel va dans la mauvaise direction et sa politique conduit à 1929 !!

La Grèce n'a pas choisi !

Non, ce n'est pas la Grèce qui a choisi, ce sont ses représentants, non une partie non élue démocratiquement !

La police n'était grecque, elle ne parlait pas un mot en grec ; c'est donc un contingent venu de l'Italie, de l'Eurogendfor, mis en place par MAM (Alliot-Marie).

Les casseurs ne faisaient pas partie des manifestants, ils étaient là pour semer la pagaille et faire peur.

Le peuple est innocent, mais on lui fait payer les détournements faits par les riches ; j'ai la liste issue du Ministère grec des finances.. !!

La Grèce sert de laboratoire, viendra après le Portugal,..... puis la France !

honteux

"Si on a plus d'argent alors on applique un plan d'austérité"
-> "S'ils n'ont pas de pain, ils n'ont qu'à manger des brioches"

Cinq année d'austérité pour voir la dette continuée à augmenter, la situation économique de la Grèce n'a pas évoluée d'un pouce malgrés des efforts inhumains de la part du peuple Grec. Le risque de guerre civil n'a jamais était aussi grande et les conséquences serait terrible pour l'Europe.

Les média ne présentent que très peu la situation du peuple Grec, on parle de dette, d'économie, d'argent, toujours d'argent, mais pas de la misère provoquée par ces plans d'austérités successifs, ca passe dans l'oubli? Il faut dire qu'en Grèce les gens qui travaillent ne gagnent même plus de quoi manger (se loger devient un luxe, et ce, pour toutes les classes sociales), on demande à un peuple essoré jusqu'à l'os de payer avec les dernières miettes de pain qui leur reste, faudra pas s'étonner quand l'Europe va imploser, une union qui laisse ses frères subir un tel lynchage a t'elle une légitimité? J'ai jamais eu aussi honte d'être un citoyen européen, j'ai honte que mon état soutient et demande le plan d'austérité alors que les effets n'ont pas amélioré leur situation économique et n'ont eu pour conséquence que de détruire complétement la société Greque.

La crise grecque, signe des temps

Les gouvernements de la zone euro sont en train de créer les conditions d'une guerre civile en Grèce et dans d'autres pays, y compris la France. Après l'inconscience des déficits budgétaires, voici venue l'inconscience du déficit social.

Ou le plan d’austérité ou la faillite .

Ce n’est pas en manifestant par quelques 200 mille personnes et saccageant des locaux de commerce etc. que les opposants grecs au programme d’austérité vont sortir leur pays de la crise économique à laquelle les parti politique et leurs gouvernements successifs avaient contribué à créer : Répartition généreuse au delà des moyens permis par la croissance de l’économie, évasion fiscale, creusement abyssal de l’endettement auprès des banques privées et non respect des seuils qui ont été retenus pour intégrer la zone Euro et Fourniture de données sur l’état de l’économie grecque qui se sont avérées non crédibles etc. L’écrasante majorité des grecs qui n’ont pas manifestés ont compris qu’il n’y a pas une autre alternative : Ou l’austérité effective et non en annonce pour que la Grèce ne soit pas en cessation de paiement en mars aussi pour bénéficier de désendettement de 100 Milliards d’Euros de la part des banque privées et avoir accès au 130 Milliards d’Euros d’aides publiques ou la faillite aux conséquences et turbulences socio-économiques sombres au de-là de l’observation de plan d’austérité. Certains par démagogie ou mauvaise appréciation des conséquences font miroiter la sortie de la zone Euro et le retour à la monnaie antérieur qui ne serait que du papier sans valeur au vue de la situation désastreuse de la Grèce, ils oublient que les créances à payer restent à honorer avec des surplus de retard de paiement auquel s’ajouterait la fuite des capitaux et les désinvestissements productifs, de même la perte, en tant que devenue non membre, des avantages du marché de l’UE. Les grecques devraient plutôt remercier les pays de l’UE, en premier lieu la France et l’Allemagne, qui tentent de les sortir de leur situation. Aux dernières infos le parlement grec vient d’adopter le plan d’austérité, c’est un premier soulagement.

Ou le plan d’austérité ou la faillite .

Ce n’est pas en manifestant par quelques 200 mille personnes et saccageant des locaux de commerce etc. que les opposants grecs au programme d’austérité vont sortir leur pays de la crise économique à laquelle les parti politique et leurs gouvernements successifs avaient contribué à créer : Répartition généreuse au delà des moyens permis par la croissance de l’économie, évasion fiscale, creusement abyssal de l’endettement auprès des banques privées et non respect des seuils qui ont été retenus pour intégrer la zone Euro et Fourniture de données sur l’état de l’économie grecque qui se sont avérées non crédibles etc. L’écrasante majorité des grecs qui n’ont pas manifestés ont compris qu’il n’y a pas une autre alternative : Ou l’austérité effective et non en annonce pour que la Grèce ne soit pas en cessation de paiement en mars aussi pour bénéficier de désendettement de 100 Milliards d’Euros de la part des banque privées et avoir accès au 130 Milliards d’Euros d’aides publiques ou la faillite aux conséquences et turbulences socio-économiques sombres au de-là de l’observation de plan d’austérité. Certains par démagogie ou mauvaise appréciation des conséquences font miroiter la sortie de la zone Euro et le retour à la monnaie antérieur qui ne serait que du papier sans valeur au vue de la situation désastreuse de la Grèce, ils oublient que les créances à payer restent à honorer avec des surplus de retard de paiement auquel s’ajouterait la fuite des capitaux et les désinvestissements productifs, de même la perte, en tant que devenue non membre, des avantages du marché de l’UE. Les grecques devraient plutôt remercier les pays de l’UE, en premier lieu la France et l’Allemagne, qui tentent de les sortir de leur situation. Aux dernières infos le parlement grec vient d’adopter le plan d’austérité, c’est un premier soulagement.

Nous sommes en guerre.

Nous sommes en guerre.
La finance contre les peuples.
Quand les peuples se soulèvent vraiment ils ne gagnent qu'un bain de sang.
Ce sont LES FINANCIERS qui DOIVENT CESSER de JOUER à L'ARGENT !
Il faut qu'ils s'humanisent. Il faut changer ce système de société où l'"on" "punit" les salariés pour que les richesses aillent dans les paradis fiscaux.
Ceux que nous mettons à la tête des états n'ont pas le droit de dévoyer leurs responsabilités en se comportant comme des profiteurs. Il faut qu'ils s'humanisent !
Mais comment peuvent-ils supporter d'être aussi ignoblement injustes ?
Celui qui jubile de son pouvoir en pratiquant l'Abus , en semant la division, etc... n'est pas un être humain.

Censure et propagande !

Mais où sont les images des scènes de chaos on montre un parlement calme et en train de discuter alors que la guerre civile gronde à ses portes Si c'était un pays musulman antisioniste de surcroit on aurait eu droit à tout le tralala médiatique qui ne fait qu'envenimer une crise !!!

organiser la faillite

Pour éviter le chaos il reste à organiser la faillite et la sortie de l'euro car ce ne sera de toute manière pas évité ! Reculer pour mieux sauter n'a pas de sens. La responsabilité du gouvernement est d'organiser la sortie de l'euro et vite. Les créanciers seront de toute manière plantés au final.

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