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Asie - pacifique

Le Premier ministre Gilani inculpé pour outrage par la Cour suprême

Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/02/2012

Le chef du gouvernement pakistanais, Yousuf Raza Gilani, a été formellement inculpé par la Cour suprême pour avoir empêché que le président Asif Ali Zardari ne soit poursuivi pour corruption. Il encourt six mois de prison.

AFP - La Cour suprême a formellement inculpé lundi le Premier ministre du Pakistan pour outrage parce que son gouvernement refuse depuis deux ans de demander à la Suisse de rouvrir une procédure judiciaire pour des détournements de fonds présumés par le président Asif Ali Zardari.

La télévision nationale PTV a annoncé que la plus haute juridiction du pays avait lu formellement les chefs d'inculpation au chef du gouvernement Yousuf Raza Gilani, qui encourt six mois de prison et perdrait son poste en cas de condamnation.

Le Premier ministre n'est pas impliqué au fond dans l'affaire dite "des comptes suisses" de M. Zardari, mais il est accusé d'outrage à la Cour suprême simplement pour avoir refusé, comme elle le lui avait ordonné en 2009, de réclamer à la Suisse la réouverture d'une enquête visant le très impopulaire chef de l'Etat.

Pour sa défense, M. Gilani, qui invoque dans la presse "un procès politique" fait au chef de l'Etat, a excipé de l'immunité judiciaire dont jouit le président en exercice pour expliquer qu'il ne pouvait demander des poursuites à la Suisse, un argument que la Cour suprême a rejeté en première instance et en appel.

La Cour suprême avait annulé en 2009 un décret d'amnistie générale de 2007 exonérant l'actuel président Zardari de poursuites notamment dans une affaire de détournements présumés de fonds publics dans les années 1990 transférés sur des comptes en Suisse.

Elle avait alors sommé le gouvernement de demander à la justice suisse de rouvrir les procédures judiciaires, ce qu'il n'a jamais fait.

La fermeté de la Cour met davantage en difficulté un chef de l'Etat et un gouvernement très impopulaires, accusés de corruption et de mauvaise gouvernance et confrontés à l'hostilité croissante de la toute puissante armée, le tout sur fond de crise économique aiguë.

Première publication : 13/02/2012

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