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Henrique Capriles défiera Hugo Chavez à la présidentielle

Vidéo par Shirli SITBON , Catherine VIETTE

Texte par Charlotte OBERTI

Dernière modification : 13/02/2012

À huit mois de la présidentielle vénézuélienne qui aura lieu le 7 octobre, l’opposition a désigné son candidat lors des premières primaires jamais organisées dans le pays. Celui-ci aura la lourde tâche de tenter de battre le leader bolivarien.

Le 7 octobre, il se frottera à celui qui tient les rênes du Venezuela depuis 13 ans. Lors de primaires inédites organisées dimanche 12 février, Henrique Capriles a été désigné candidat de l’opposition pour la présidentielle vénézuélienne qui aura lieu dans huit mois. L’incarnation d’un nouvel espoir pour une opposition qui n’a plus été au pouvoir depuis 1998, écrasée par un Chavez omniprésent.

Reste que la tâche s’annonce rude pour le jeune gouverneur de l'État de Miranda - le deuxième État le plus peuplé et le plus riche du pays - face à un adversaire en terrain conquis. Au pouvoir depuis 13 ans, le président vénézuélien, qui se remet tout juste d’un cancer, brigue un troisième mandat.

Avocat spécialisé dans le droit économique, Henrique Capriles fut président de la Chambre des députés de 1999 à 2000, puis maire, avant de devenir le plus jeune vice-président du Congrès de la République. Accusé d'avoir participé à un assaut contre l'ambassade cubaine lors du coup d'État contre Hugo Chavez en avril 2002, il a été emprisonné pendant quatre mois en 2004.

De classe sociale élevée, la famille de Capriles détient des médias et plusieurs entreprises dans divers secteurs. Renée Fregosi, politologue et directrice de recherche à l’Institut des hautes études de l'Amérique latine (IHEAL), le décrit comme un candidat "passionné, extrêmement proche des gens et doté d’un charisme remarquable". À cela s’ajoute l’avantage de son jeune âge. À 39 ans il peut prétendre incarner un renouveau générationnel. S’inspirant du modèle brésilien, il prône une politique de redistribution qui s’inscrit dans le cadre d’une économie de marché.

Près de 3 millions de personnes sont allées voter pour ces primaires. Toutefois, ajoute la chercheuse, l’engouement des électeurs pour l’opposition relève d’avantage d’un rejet du chavisme que de la personnalité du candidat.

Rompre avec le modèle chaviste

"Au Venezuela, rien ne va et la population en a assez d’Hugo Chavez", s’insurge la politologue, fustigeant une situation économique au point mort depuis l'arrivée au pouvoir de ce dernier. Les pénuries, les coupures électriques, le chômage ou encore la criminalité croissante sont autant de raisons de mécontentement de la part des Vénézuéliens.

Traditionnellement désunie, l’opposition est parvenue à se fédérer pour la première fois au sein de la Coalition pour l’unité démocratique (MUD) qui rassemble une trentaine de partis allant de la droite au centre-gauche. Lors des législatives de septembre 2010, le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), au pouvoir, n’avait pas remporté la majorité des voix. Un symbole fort pour l’opposition.

Quatrième puissance économique d’Amérique latine et premier producteur pétrolier du continent, le Venezuela connaît un fort taux de pauvreté (plus de 23 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour). Le thème est d'ailleurs l’un des chevaux de bataille de Chavez. Véritable vitrine de sa politique, la mise en place de "missions" - programmes sociaux d’aide aux plus démunis pour l’alimentation, la santé ou le logement - a assuré au leader bolivarien le soutien d’une grande partie de la population.

L’opposition s’est d’ailleurs emparée du thème de la pauvreté et évite d’attaquer son adversaire frontalement. Capriles dénonce le manque de progrès de son pays, et place la démocratie et les programmes sociaux au cœur de sa campagne.

"À Miranda, la gestion sociale est remarquable, illustre Renée Fregosi. Capriles a le projet de rompre avec le modèle chaviste, mais sans retourner au modèle des partis clientélistes."

Celui-ci devrait également se démarquer du président sortant sur le plan de la politique étrangère, marquée par des relations houleuses avec Washington.

Une opposition "qui ne passe pas le cap"

Malgré tout, selon les récentes enquêtes d’opinion, le président sortant caracole en tête des sondages. Sa maladie a même accentué sa popularité au cours de l’année dernière. Jouissant d’une image d’“homme-providence” dans l’esprit de ses compatriotes, Chavez a su instaurer une relation étroite entre lui et la population vénézuélienne.

"En tant que tel, le candidat de l’opposition a peu de chance de remporter l’élection, analyse Thomas Posado, doctorant et spécialiste du Venezuela contemporain. Même si le mécontentement social est réel dans le pays et que les voix du chavisme diminuent, l’opposition ne passe pas le cap pour l’instant."

Les mois à venir s’annoncent décisifs pour l’opposition. La victoire de Capriles dépendra en partie de la capacité de ce dernier à rassembler les différentes composantes de l'opposition, notamment les vieux partis traditionnels qui soutenaient Pablo Perez, l’un de ses adversaires lors des primaires.

"Henrique Capriles a un vrai potentiel électoral, il peut déranger Chavez, mais de là à remporter l'élection présidentielle, il y a une marge."

Première publication : 13/02/2012

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