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EUROPE

Les migrants, cibles de l’extrême droite à Athènes

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 18/02/2012

À Athènes, des groupes d'extrême droite patrouillent dans certains quartiers et passent à tabac les migrants, accusés de contribuer à l’insécurité et de voler le travail des Grecs. Sous le regard indifférent de la police.

"Ils étaient douze. Huit marchaient devant moi, quatre derrière moi. J'étais en train de rentrer, tout seul. J'ai d'abord reçu une bouteille d'eau dans le dos, alors je me suis mis à courir. Mais je n'ai pas pu m'enfuir. Ils m'ont attrapé, puis ils m'ont frappé la tête à coup de batte. Quand j'ai été à terre, ils ont continué à me frapper jusqu'à ce que j'arrête de bouger." Ce récit est celui de Reza Jholam, un jeune Afghan de 16 ans. En octobre, il a croisé le chemin du groupuscule d'extrême droite "Chryssi Avyi" ("Aube dorée") qui sème la terreur dans certains quartiers d'Athènes. Leur cible : les migrants.

Premier procès pour crime raciste en 13 ans

Un fait divers a fait couler beaucoup d'encre en Grèce ces derniers mois. En septembre 2011, un jeune demandeur d'asile afghan, Ali Rahimi, est brutalement frappé puis poignardé par un groupe d'une quinzaine de personnes. Il échappe de peu à la mort.

Deux hommes et une femme, reconnus par le jeune homme, sont arrêtés et poursuivis pour coups et blessures volontaires. Leur procès, plusieurs fois reporté, devrait s'ouvrir le 20 mars 2012. C'est la première fois depuis 1999 que des auteurs présumés de crimes racistes comparaissent devant un tribunal.

Reza, adolescent un peu farouche arrivé l'été dernier en Grèce via l'Iran puis la Turquie, se confie dans les locaux de la Communauté afghane de Grèce. L’association se charge de donner quelques cours de grec aux nouveaux arrivants, de leur expliquer la culture du pays et ses règles élémentaires, de les orienter vers des ONG comme Médecins du Monde ou la Croix-Rouge. Désormais, elle les informe également des risques d'agressions racistes. "Nous leur distribuons une carte des quartiers d'Athènes où il vaut mieux éviter de marcher seul", explique son président Yunus Mohammadi (photo).

"Voler le travail des Grecs"

Lui n’a pas échappé non plus à la vindicte des groupes d’extrême droite. Il y a un an, des hommes sont entrés dans son bureau, ont tout fracassé et l'ont frappé. "Rien de bien grave", relativise l'Afghan, en se touchant le front. Le 23 décembre dernier, c'était au tour du vice-président de la Communauté afghane, Safar Haydary, d'être passé à tabac.

"Ce genre de violences est devenu un phénomène très commun ici, surtout depuis le début de la crise. Certaines personnes nous accusent de voler le travail des Grecs et nous tiennent pour responsables de l'insécurité", assure-t-il. Jeudi 16 février encore, trois Bangladeshi ont été attaqués. Ils sont aujourd'hui hospitalisés. "C'est de pire en pire, poursuit l'homme. Le plus inquiétant, c'est que ça se répand dans toute la ville, et même dans tout le pays : il y a quelques jours, on m'a rapporté une agression similaire sur l'une des îles grecques".


Chercheuse à Human Rights Watch, Eva Cossé dénonce le sort réservé aux migrants. "Ces agressions touchent principalement les personnes de couleur : peu de migrants d'Europe de l'Est ont subi de telles attaques, explique-t-elle à FRANCE 24. C'est un phénomène extrêmement préoccupant, d'autant que les autorités ont du mal à admettre qu'il y a un problème." La police, en effet, semble peu pressée d'arrêter les assaillants. Dans le commissariat proche du quartier Omonia, où vivent un grand nombre de migrants et où se concentrent les agressions, la police dit craindre des représailles si elle s'en prend à des membres d'un groupe d'extrême droite. "La police peut prendre des mesures, mais elle ne veut pas le faire", estime Yunus Mohammadi.

56 000 migrants par an

Jusqu'à présent, les associations communautaires ont réussi à éviter des affrontements entre les migrants et les patrouilles d'extrême droite. "Les gens de la communauté sont en colère. Ils veulent se battre contre ces fascistes, rapporte le président de l'association afghane. Mais il faut à tout prix éviter ça parce que c'est exactement ce que cherchent ceux qui nous attaquent. Ils n'attendent que ça pour mener des expéditions punitives et monter d'un cran dans la violence. Il ne faut pas que nous agissions comme les fascistes."

La situation est si tendue qu'elle menace d'exploser à tout moment. Dans un rapport, Eva Cossé prévient : "La police et les procureurs vont rapidement devoir faire plus que de simples rapports. Les agresseurs ne s'arrêteront que lorsque, face à eux, la police réagira de façon rapide et efficace, mènera des enquêtes sérieuses et que la justice les condamnera".

"Le problème ne s'arrête pas à l'absence de réponse des autorités grecques, il est beaucoup plus vaste. C'est un problème d'accueil des migrants en Europe", estime Yunus Mohammadi. Selon Human Rights Watch, 56 000 immigrants arrivent chaque année en Grèce. Le pays est la principale porte d'entrée terrestre des clandestins en Europe. Neuf migrants illégaux sur dix pénètrent dans l'Union européenne en traversant la frontière greco-turque, affirme l’ONU.

Un seul rêve, quitter la Grèce

"A part des centres de rétention abominables et surpeuplés [ils ont été violemment critiqués en octobre 2011 par le rapporteur spécial de l'ONU Mandfred Nowak ndlr], rien n'est fait pour accueillir les migrants, leur expliquer comment le pays fonctionne, etc. Donc nous nous en occupons, à notre échelle", poursuit Yunus Mohammadi.

Quand Reza s'est rendu au commissariat, le visage ensanglanté, on lui a dit qu'il n'y avait rien à faire parce que son visa était expiré depuis quatre jours. Les gardiens de la paix ont tout de même appelé une ambulance. A l'hôpital, les médecins n'ont pas nettoyé et pansé les plaies du jeune homme. A ce moment-là, Reza n'était en Grèce que depuis trois mois. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques cicatrices sur le front de l'adolescent. Mais il ne rêve désormais que d'une chose : quitter le pays au plus vite. "Je veux aller en Norvège, mais le trajet, les passeurs et tous les autres gens à payer, ça coûte cher. J'attends d'avoir assez d'argent", raconte-t-il. En attendant, Reza ne se promène plus seul la nuit.


 

Première publication : 17/02/2012

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