Dernière modification : 16/02/2012 

- Élection présidentielle française - François Hollande - Nicolas Sarkozy - Parti socialiste


Arnaud Montebourg, député socialiste de Saône-et-Loire

Arnaud Montebourg est l’invité de Roselyne Febvre et de Guillaume Naudin pour Le Rendez-vous RFI - FRANCE 24. Le député socialiste de Saône-et-Loire - troisième homme de la primaire socialiste - réagit à l’annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy mercredi soir. Il revient aussi sur la campagne de François Hollande, sur la crise économique et le chômage.

Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans le rendez-vous RFI / France 24 avec notre invité, aujourd'hui Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire. Merci d'être là. Ça faisait longtemps que vous n'étiez pas venu. Sur le plateau pour vous interroger aussi, Guillaume Naudin du service politique de RFI. Bonjour Guillaume.

Guillaume NAUDIN.- Bonjour.

Roselyne FEBVRE.- Alors petit portrait, vous n'y échapperez pas. Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire, sans doute l'une des personnalités les plus énergiques du PS et qui sait faire tourner comme personne les serviettes au banquet de la fête de la Rose. Un style, une allure, une gueule. On a tendance à vous coller une particule, Arnaud de Montebourg, sans doute à cause de ce style princièrement désinvolte que vous cultivez d'ailleurs avec beaucoup de talent. Saint-Just moderne, vous vouliez à l'époque envoyer Jacques Chirac à la Bastille mais avec le temps, parce que vous avez peut-être du cœur, vous vous êtes apitoyé. Bref, A.M., deux initiales qui font trembler les malandrins et autres canailles dans certaines fédérations du PS mais l'enfant terrible du Parti socialiste a mûri. Vous êtes arrivé troisième homme de la primaire socialiste il y a quelques mois, ce qui était en quelque sorte une surprise. C'est peut-être le concept de démondialisation qui a plu aux Français. En tout cas votre personnalité a émergé, peut-être plus sage. En revanche j'ai une question avant qu'on parle d'actualité pure et de la réaction à la candidature de Nicolas Sarkozy. Arnaud Montebourg, quand on vous connaît un peu, avec votre côté éclat, votre côté Cyrano de Bergerac...

Arnaud MONTEBOURG.- Flamboyant !

Roselyne FEBVRE.- Flamboyant. Exactement. Pétaradant même.

Arnaud MONTEBOURG.- Pétaradant !

Roselyne FEBVRE.- Pétaradant. Dans le fond, être au service d'un candidat, est-ce que c'est votre truc ? Alors, bien sûr, on vous voit dans les meetings faire la claque ou dans les usines mais est-ce que c'est votre nature d'être collé à un candidat et de faire le porte-parole ? Enfin, vous l'avez un peu fait pour Ségolène Royal.

Arnaud MONTEBOURG.- J'ai déjà été porte-parole d'un candidat à l'élection présidentielle.

Roselyne FEBVRE.- Oui mais ça vous plaît ?

Arnaud MONTEBOURG.- C'était il y a cinq ans. J'ai été le serviteur fidèle de la cause de la rénovation auprès de Martine Aubry, donc j'ai pris en effet le parti de travailler au service de beaucoup de personnes. Il se trouve que, dans l'alliance politique que j'ai nouée avec François Hollande, nous avons décidé de nous rassembler dans l'esprit des primaires, que j'ai imaginé d'ailleurs comme architecte de ce bel édifice qui fonctionne, qui est une machine non pas à diviser mais à rassembler. Et, dans ce rassemblement, j'ai dis à François Hollande que je souhaitais l'aider, faire campagne avec lui et engager l'ensemble du demi-million de personnes qui ont dirigé leur suffrage vers ma candidature, les amener à voter pour François Hollande. Donc je suis dans la campagne, pleinement engagé, avec les idées qui sont les miennes, qui n'ont pas changé, mais dans la loyauté totale de l'esprit des primaires.

Roselyne FEBVRE.- Ok. On y reviendra. Avant, une réaction sur Nicolas Sarkozy à la télévision mercredi soir. Oui, il est candidat. Il ne veut pas être celui qui abandonne le navire. Avez-vous compris pourquoi Nicolas Sarkozy est candidat à l'élection présidentielle ?

Arnaud MONTEBOURG.- Non, il n'y a pas d'explication claire de cette candidature. Pour quoi faire ? Dans quel but ? Il veut une France forte, pourquoi l'a-t-il donc laissé choir ? Nous avons aujourd'hui le bilan du sarkozysme qui est un désastre pour notre pays. Un million de chômeurs en cinq ans, 600 md€ de dette en plus, c'est-à-dire autant que les cinq précédents présidents de la République depuis le début de la Ve République. Ce n'est quand même pas glorieux. Nous avons 70 md€ de déficit extérieur. Un record historique depuis la Libération. Et nous avons 300 000 personnes qui viennent de passer sous le seuil de pauvreté. En trois ans, 900 usines ont fermé et 750 000 emplois industriels ont été détruits en 10 ans. Il veut une France forte ? Elle est dans la main des marchés financiers et des agences de notation qui la dégradent sans cesse. On se demande pourquoi il est candidat car le bilan du sarkozysme discrédite sa candidature et je suis d'accord avec François Hollande lorsqu'il dit qu'il aurait dû faire des excuses au minimum.

Guillaume NAUDIN.- Alors vous êtes un avocat qui sait faire des réquisitoires. Est-ce que néanmoins le fait que Nicolas Sarkozy entre en campagne ne pose pas un petit problème par rapport à l'énergie du candidat ? On sait que c'est un candidat remarquable. Président ? Votre opinion, on l'a entendue. Mais est-ce que le candidat Sarkozy vous fait peur ? Est-ce que vous le craignez ?

Arnaud MONTEBOURG.- Bien sûr. Nous considérons que c'est un adversaire de poids et de taille quand même. Il a été élu président de la République. Mais nous avons, nous, un projet politique, des orientations politiques à défendre. Donc les énergies des uns et des autres s'expriment mais ce qui compte, c'est la ligne politique vers laquelle on emmène notre pays. Hier à Rouen, François Hollande a présenté sa stratégie de sortie de crise : transition énergétique, reconstruction, réindustrialisation sur le plan économique, transition également écologique. Finalement, c'est un peu la stratégie de la révolution industrielle que Barack Obama n'a pas réussi à faire, n'a pas voulu ou n'a pas pu faire, que maintenant nous pouvons réussir avec les atouts européens qui sont entre nos mains. La France peut devenir l'avant-garde, l'avant-pointe de ce projet. Mais, pour cela, il faut un projet de croissance, donc c'est tout le contraire de l'austérité de l'alliance de Mme Merkel et de M. Sarkozy. Donc nous ne sommes pas d'accord avec ce que fait la droite et nous pensons qu'il y a un autre chemin pour la France. Qu'est-ce que nous propose M. Sarkozy ? Il nous propose des référendums. Mais que n'a-t-il fait des référendums sur les retraites ? Il y avait huit millions de personnes dans la rue. Sur la TVA. C'était un débat qui a déjà eu lieu en 2007. Pourquoi n'a-t-il pas fait passer la TVA par référendum ? D'ailleurs je note que le seul référendum qui avait été organisé en France en 2005 sur le traité constitutionnel européen, le président de la République l'a piétiné puisqu'il a fait voter le même traité par le Parlement au mépris du mandat populaire. C'est dire. Donc à quoi sert sa candidature à part organiser des référendums. Sur les chômeurs, d'ailleurs, c'est un référendum qui a pour but d'expliquer, implicitement ou directement, que les chômeurs sont responsables de leur situation.

Roselyne FEBVRE.- Vous parliez d'Angela Merkel. N'a-t-il pas relancé ce moteur franco-allemand ? Même si, effectivement, la France court derrière, est-ce qu'il n'a pas réchauffé le moteur franco-allemand qui était un petit peu en panne ?

Arnaud MONTEBOURG.- C'est-à-dire que c'est le moteur de la récession, le moteur de l'austérité partout qui est en train d'acculer les peuples au surendettement. L'austérité, c'est le meilleur moyen de ne pas pouvoir rembourser ses dettes. C'est le scénario grec. Qu'on retrouver en Italie, au Portugal, en Irlande et ailleurs. Moins vous avez de recettes, moins vous pouvez payer vos dettes. Moins vous avez d'activité économique, moins vous pouvez les rembourser. D'ailleurs je vais vous dire ce que pense la presse allemande du couple Sarkozy/Merkel. Ça, c'est la Bild.

Roselyne FEBVRE.- De quand ?

Arnaud MONTEBOURG.- Il y a une semaine. « Le fier chef de la grande nation de France se prosterne devant Merkel très bas. » Ce n'est pas très glorieux pour la France. Le Spiegel : « Merkel n'a pu imposer sa vision d'austérité que parce que Nicolas Sarkozy était à ses côtés. » Der Standard : « Merkel et Sarkozy qui se traîne à ses pieds doivent être bien paniqués pour en arriver là. La chancelière s'inquiète que sa dictature de l'austérité en Europe ne prenne fin si Hollande s'installe à l'Elysée. » Mais il a parfaitement raison, le journaliste qui a écrit ça. Mme Merkel a pu imposer j'allais dire le carcan stupide que dénoncent tous les économistes du monde, deux prix Nobel en tête, M. Stiglitz et M. Krugman. Tous les économistes considèrent que la stratégie que Mme Merkel - avec l'aide de son adjuvant, son majordome, comme d'ailleurs un certain nombre de journalistes ou de caricaturistes européens le décrivent - a imposé à toute l'Europe, c'est nous détruire et détruire notre croissance. D'ailleurs le président de l'opposition allemande, M. Sigmar Gabriel, a dit que l'interview de Mme Merkel à Paris de soutien à Nicolas Sarkozy était - je cite - « pitoyable ». Il n'y a rien pour créer de la croissance, sortir les Etats du cercle vicieux de la dette et faire une Europe plus sociale, plus démocratique. Nous avons un accord politique alternatif à la politique du merkozysme entre le SPD allemand et le Parti socialiste français.

Guillaume NAUDIN.- Sauf, Arnaud Montebourg, que, si François Hollande est élu président de la République le 6 mai prochain, il va avoir à discuter avec Angela Merkel. Comment ça va se passer, tout simplement ?

Arnaud MONTEBOURG.- Eh bien moi, je vais vous dire. L'Allemagne sera dans sa splendeur isolée et c'est le début des ennuis car les Allemands eux-mêmes craignent l'isolement de leur propre pays. Tous les pays européens n'acceptent pas le traité punitif qui considère aujourd'hui que les causes de la crise sont dans le déficit public. Elles ne sont pas dans les déficits publics. Je vous rappelle que l'Espagne ou l'Irlande étaient en excédent budgétaire lorsqu'elles ont fait quasiment faillite. Donc ce n'est pas les budgets publics qui sont responsables de la crise.

Guillaume NAUDIN.- Non, c'est la dette.

Arnaud MONTEBOURG.- C'est la dette privée du système financier. Quelles sont les mesures qui ont pu être prises de façon sérieuse dans un seul de ces pays européens dirigés par un seul de ces dirigeants de droite contre le système financier qui nous a menés là ? Aucune. Rien contre la spéculation. Rien contre les paradis fiscaux. Rien contre le système qui mélange la collecte de l'épargne et l'activité spéculative. Exactement ce que nous proposons. C'est ce qu'a défendu hier François Hollande. A Rouen. Au Bourget. Nous souhaitons mettre en quelque sorte sous tutelle de l'intérêt général le système financier qui a pris tellement d'aise qu'il est en train de détruire l'économie réelle. L'économie financière a pris le pouvoir sur l'économie industrielle. Ce sont les actionnaires financiers qui dirigent les entreprises. La finance a pris le pouvoir sur les Etats, sur les gouvernements. Goldman Sachs. Dans toute l'Europe.

Roselyne FEBVRE.- Il a dit : « Mon adversaire, c'est la finance. » Est-ce qu'il n'aurait pas dû dire : « Mon adversaire, c'est le chômage en France. »

Arnaud MONTEBOURG.- Non parce que c'est la finance qui nous a menés au chômage. Le premier problème, c'est d'abord celui-là. Vous ne pourrez pas réindustrialiser le pays, vous ne pourrez pas le sortir du marasme dans lequel il est, vous ne pourrez pas trouver un autre chemin européen pour créer de la croissance si vous ne mettez pas sous clef le système financier et si vous ne dégonflez pas la bulle spéculative financière.

Roselyne FEBVRE.- On a bien vu que, ans cette campagne, les programmes économiques ne sont pas hyper éloignés les uns des autres. De droite ou de gauche.

Arnaud MONTEBOURG.- Je ne suis pas du tout d'accord avec vous.

Roselyne FEBVRE.- Il faut gérer cette crise. Est-ce que ce n'est pas sur les valeurs que ça va se jouer ? Et d'ailleurs est-ce que Nicolas Sarkozy ne l'a pas intégré quand il a fait son interview au Figaro Magazine où il a compris qu'on gagnait d'abord la bataille des idées avant de gagner la bataille électorale ?

Arnaud MONTEBOURG.- Je ne suis pas du tout d'accord avec vous.

Roselyne FEBVRE.- La bataille idéologique, est-ce que ce n'est pas ça aussi qui va se jouer ?

Arnaud MONTEBOURG.- Mais ça, c'est une manœuvre de diversion, c'est-à-dire que ce sont des artifices pour éviter d'avoir à répondre de son bilan et à proposer une stratégie sérieuse au pays. Qu'il n'a pas proposée. Il n'a rien proposé au pays pour sortir de la crise. Simplement il a proposé d'organiser un référendum pour permettre au gouvernement de radier plus facilement les chômeurs de la liste de Pôle Emploi. C'est ça, la stratégie de sortie de crise, c'est de faire disparaître les chômeurs des statistiques. C'est tout. C'est la seule proposition que M. Sarkozy a eu le déshonneur de faire. Je considère que nous sommes vraiment loin du compte. Alors maintenant nous, de notre côté, nous avons une stratégie de reconstruction de notre système industriel, de transition énergétique. François Hollande propose la rénovation thermique d'un million de bâtiments pour créer de l'emploi. Donc, finalement, ce sont des grands travaux mais dans le secteur privé, chez les gens. Pour les aider d'abord eux-mêmes à réduire leur facture énergétique et pour commencer à imaginer les technologies de demain, les produits de demain. Nous allons nous transporter différemment, nous loger différemment, nous vêtir différemment, nous nourrir différemment. C'est la transformation écologique de nos modes de vie et du système économique. Ça, vous savez combien ça coûte ? Ça coûte 45 md€ chaque année. Si nous ne nous désendettons pas, nous ne pourrons pas financer cette stratégie-là. D'où l'affrontement avec la finance et le rétablissement des comptes publics que propose François Hollande pour pouvoir financer ce que Jeremy Rifkin appelle « la troisième révolution industrielle ».

Roselyne FEBVRE.- Mais l'affrontement avec la finance, vous savez bien qu'on ne peut pas le faire seul.

Arnaud MONTEBOURG.- Vous avez tort, Madame. D'ailleurs, même Nicolas Sarkozy a prétendu que nous pouvions prélever une taxe sur les transactions financières seuls si l'Europe ne le faisait pas.

Roselyne FEBVRE.- Donc vous êtes d'accord avec lui là-dessus ?

Arnaud MONTEBOURG.- Je suis d'accord avec son discours. Le problème, c'est que les actes ne sont jamais venus. Ça fait dix ans que je l'ai votée, moi, cette taxe. Elle n'a jamais existé. Dix ans de perdus.

Guillaume NAUDIN.- Est-ce qu'on peut instaurer cette taxe seuls ?

Arnaud MONTEBOURG.- Bien sûr.

Roselyne FEBVRE.- Ça sert à quelque chose ? Ça ne fait pas fuir les investisseurs ?

Guillaume NAUDIN.- Ça ne va pas faire fuir les capitaux ?

Arnaud MONTEBOURG.- Ecoutez, les capitaux, de toute façon où sont-ils ? Ils sont déjà partis, les capitaux. Aujourd'hui, nos ténors du CAC 40, où vont-ils investir ? En Chine et dans les pays dits à forte croissance. Aujourd'hui, il y a un véritable rappel aux obligations patriotiques de nos grands groupes pour qu'ils réinvestissent notre territoire et viennent créer de la croissance chez nous plutôt qu'ailleurs. Comme en Allemagne. Ça, c'est un bon exemple de l'Allemagne.

Roselyne FEBVRE.- Je ne sais pas si vous avez vu le dernier rapport de la Cour des comptes. La Cour des comptes qui est d'ailleurs présidée par un socialiste, Didier Migaud. La Cour des comptes a rendu son rapport annuel dans lequel elle invite l'Etat à conduire l'effort de redressement dans toute les entités publiques et à le faire porter davantage sur les dépenses que sur les recettes. Or François Hollande promet plus d'impôts - puisqu'il dit : « Je dirai la vérité » - et plus de fonctionnaires. Est-ce que là, il ne va pas à l'encontre de cette recommandation ?

Arnaud MONTEBOURG.- Non. D'abord parce que lui-même reconnaît qu'il y a du superflu. Et, pour avoir dirigé un Conseil général qui était en quasi faillite - j'ai récupéré une entité en grande difficulté - et l'avoir désendettée, l'avoir sortie de la difficulté, il est parfaitement possible de faire des économies et d'éviter en quelque sorte les saignées là ou l'argent est nécessaire. Et l'argent public est nécessaire. Donc je crois que nous aurons besoin de nous donner tous la main après la victoire de François Hollande si elle nous est donnée pour organiser le redressement des comptes publics. Nous avons quand même à gérer une dette de 600 md€ accumulés de plus en cinq ans et donc nous sommes dans une situation dangereuse de surendettement. Donc il va bien falloir rétablir les comptes publics, donc il faudra trouver des recettes et réduire les dépenses. Partout. Et, en même temps, il faudra rétablir et rebâtir les services publics, la santé et l'éducation étant prioritaires.

Roselyne FEBVRE.- Mais ça coûtera.

Arnaud MONTEBOURG.- Ça coûtera mais c'est un choix que de dire aux Français : « Est-ce que vous voulez bien vous soigner ? Acceptez-vous des impôts supplémentaires pour ça ? » La réponse sera oui. « Est-ce que vous voulez que vos enfants soient éduqués plutôt que les professeurs ne soient pas remplacés, qu'ils soient livrés à eux-mêmes parce qu'il n'y a pas de permanence, il n'y a pas d'étude, il n'y a pas de répétiteur ? Est-ce que vous voulez les laisser livrés à eux-mêmes dans les établissements de l'Education nationale ? » La réponse est non. Donc ils accepteront une part d'effort collectif. Il n'y a pas de honte à assumer l'impôt dès lors qu'il est bien employé et qu'il est sur un chemin collectif, qu'il n'est pas l'apanage des privilégiés. Il y a eu dix années de baisse d'impôts dans notre pays pour des cadeaux fiscaux de catégories socioprofessionnelles qui n'avaient pas de problème de pouvoir d'achat. Un rapport du directeur général de l'INSEE, M. Cotis, signalait que si nous n'avions pas fait ces cadeaux fiscaux - nous, c'est-à-dire la droite pendant dix ans - nous n'aurions pas de problème d'endettement aujourd'hui.

Roselyne FEBVRE.- Avant de nous séparer, une dernière question sur l'international.

Guillaume NAUDIN.- Oui. La situation en Syrie est terrible, catastrophique. Un massacre est en train de se produire là-bas. Si François Hollande est élu Président, comment peut-on amener la Russie et la Chine à revoir leur position pour essayer d'aider le peuple syrien ?

Arnaud MONTEBOURG.- Je suis bouleversé, comme beaucoup de citoyens français, nos compatriotes, par les massacres qui sont en train d'être perpétrés par ce dirigeant syrien qui jouit de la protection du veto russe et chinois.

Roselyne FEBVRE.- Comment vous l'expliquez ? Ils protègent leurs intérêts vitaux ?

Arnaud MONTEBOURG.- Je crois qu'il y a des alliances entre des pays portés au refus de l'ingérence pour protéger ce qu’eux-mêmes font.

Roselyne FEBVRE.- Le manque de démocratie ?

Arnaud MONTEBOURG.- Oui. Ils ne voudraient pas que ce soit montré à la face du monde. Néanmoins la pression internationale doit augmenter. C'est la raison pour laquelle je crois utile que l'assemblée générale de l'ONU se réunisse sans tarder - où il n'y a pas de possibilité de veto - et que la pression internationale s'exerce, y compris contre la Chine et la Russie car ils ont une responsabilité dans les morts qui sont en train de s'accumuler en Syrie. Je crois que la stratégie de la Ligue arabe, qui est une stratégie raisonnable de cessez-le-feu, de limitation, d'empêchement de la poursuite des massacres, doit être encouragée et soutenue par l'ONU et la communauté internationale et je crois que la France a la nécessité d'appuyer l'initiative de nos amis de la Ligue arabe.

Roselyne FEBVRE.- Merci Guillaume. C'est la fin de cette première partie.


Commentaires (6)

Monsieur de Montebourg........en piste

On nous prend vraiment pour des gogos......Arnaud Montebourg....dont l'ambition politique n'est plus à démontrer, après avoir dit les pires choses sur l'apathie de monsieur Hollande avant et pendant les primaires se porte .....en défenseur de la cause Hollande!!!!
Monsieur Rastignac nous ne sommes pas dupes !!!!! Comme dit la comptine: "trois petits tours et puis s'en vont!" .(même si votre campagne "assure politiquement à la télé sur la 2" )!Et vous vous posez en donneur de leçon?

Les cils de Roselyne ....

Ce que je veux dire n'a rien a voir avec le debat Roselyne/Arnaud Montebourg ...seulement les faux cils ne vont pas du tout a Roselyne ...

FRANCE 24

JE TROUVE Roselyne FEBVRE peu regardante sur son métier, n'a telle pas besoin de vacances ?

Arnaud montbourg

particulierement intersant.Du bon travail!A suivre...Alain Delhaye.

Le chomage

Je viens d'entendre que ce sont les banques qui ont causé le chomage...Ne faut-il pas se rappeller que les petites mains de Chine travaillent pour des salaires de misère et que nous achetons ces produits made in China

Le chomage

Je viens d'entendre que ce sont les banques qui ont causé le chomage...Ne faut-il pas se rappeller que les petites mains de Chine travaillent pour des salaires de misère et que nous achetons ces produits made in China

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