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EUROPE

Le Saint-Siège plongé dans la tourmente du "Vatileaks"

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 23/02/2012

Depuis le 26 janvier, des fuites de documents confidentiels dans les médias italiens font état de rumeurs de corruption et de blanchiment d'argent au Vatican. Gêné, le Saint-Siège redouble d'efforts pour apaiser les esprits.

Voilà près de deux semaines que la petite cité du Vatican tremble. La cause de la tourmente : des fuites de documents secrets dans les médias italiens, qui, depuis, consacrent leur une à l’affaire.

Tout commence le 26 janvier lorsque le contenu de lettres adressées au pape par le cardinal Vigano, chargé de la gestion du patrimoine du Vatican, est dévoilé lors d’une émission d’investigation, "Intouchables", diffusée par la chaîne italienne La7. La correspondance entre le pape Benoît XVI et Monseigneur Vigano y est divulgée.

La presse italienne, le quotidien "Il Fatto Quotidiano" notamment, publie à son tour des

Un précédent : L'affaire Banco Ambrosiano

L’affaire actuelle n’est pas sans rappeler un précédent qui avait déjà projeté les activités financières du Vatican sur le devant de la scène, dans les années 1980. Il s’agit de l’un des plus grand scandale financier de l’époque qui a conduit à la faillite de la banque Banco Ambrosiano, dont le principal actionnaire était précisément l’IOR, la banque du Vatican. Banco Ambrosiano avait notamment été accusé de blanchiment d’argents sales, de réseaux mafieux et maçonniques.

Son directeur, Roberto Calvi surnommé le banquier de Dieu a été retrouvé pendu en juin 1982 sous un pont à Londres, et le père Paul Marcinkus, directeur de l’IOR, a été inculpé la même année pour complicité dans l’effondrement de Banco Ambrosiano.
 

écrits confidentiels contenant notamment des accusations de corruption dans la gestion du Vatican et dans l'application des règlements anti-blanchiment de sa banque, l'Institut pour les œuvres de religion (IOR). Vendredi enfin, de nouveaux documents secrets, publiés également dans la presse, révèlent l’existence présumée d’un complot contre le pape.

Luttes de pouvoir et désaccords au sein de la hiérarchie

Frédéric Mounier, spécialiste du Vatican, envoyé spécial permanent du quotidien La Croix à Rome, voit dans la nature même de ces fuites, la mise au jour des luttes de pouvoir au sein de la Curie, l’ensemble des organes administratifs du Saint-Siège. D’après lui, ces fuites, "de nature et probablement de sources diverses", tendent à démontrer "une contestation de la gestion de l’administration du Saint-Siège et visent à en écarter le numéro deux, le secrétaire d'État Tarcisio Bertone, un proche de longue date de Benoît XVI".

"Depuis qu’il est pape, Benoît XVI a montré qu’il était un intellectuel, un spirituel, un penseur, mais probablement pas un manager ou un politique. Or, le pape s’est donné pour mission dès le début de son pontificat d’assainir le fonctionnement du Vatican et notamment de ses finances. Il a donc confié ces tâches administratives à l'achevêque Vigano qui est à l’origine d’économies très importantes et au cardinal Bertone qui a supervisé ces réformes. 

Frédéric Mounier relève par ailleurs que ces fuites surviennent à un moment stratégique : à partir du vendredi 17 février et jusqu’à dimanche, le souverain pontife réunit à Rome son sénat pour un consistoire, rare assemblée qui regroupe tous les cardinaux du monde entier à l’appel du pape. Lors de cet évènement d’une haute importance, Benoît XVI doit créer 22 nouveaux cardinaux, des nominations aux enjeux déterminants

Levée de boucliers au Vatican

Peu habitué à voir ses secrets ainsi ébruités, le Vatican semble pour l'heure déstabilisé et peu prompt à mettre en place une communication efficace. Depuis le début de l’affaire baptisée par les médias italiens le "Vatileaks", le père Federico Lombardi, directeur des relations presse du Saint-Siège, ne sait plus où donner de la tête. Fait inhabituel dans la communication du Vatican, il a, à plusieurs reprises, publié de longs communiqués pour démentir les rumeurs et tenter d’apaiser les esprits.

Washington "a eu Wikileaks, le Vatican a ses leaks", a-t-il dénoncé dans une longue note publiée dans la nuit de lundi à mardi sur le site internet de Radio Vatican, faisant allusion aux fuites (leaks) répétées de documents confidentiels.

État enclin à la culture du secret, le Vatican redouble d'efforts de communication. Dans un nouveau communiqué publié sur le site de Radio Vatican mercredi, Federico Lombardi a en effet appelé à "avoir les nerfs solides, (…) à garder son calme et son sang froid". Mais pour Frédéric Mounier, le Vatican se retrouve d’autant plus pris au dépourvu "qu’il n’a pas de véritable stratégie de communication ou même de porte-parole officiel".
 

Première publication : 16/02/2012

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