Dernière modification : 17/02/2012 

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L’affaire dite des "biens mal acquis" franchit une nouvelle étape

L’affaire dite des "biens mal acquis" franchit une nouvelle étape

L’enquête, qui dure depuis cinq ans et qui met en cause trois chefs d’État africains, a pris un nouveau tournant avec la perquisition de l’appartement parisien du fils d’un des dirigeants visés, mardi dernier.

Par Grégoire Remund (texte)
 

Nouveau rebondissement ou coup d’épée dans l’eau ? La perquisition menée depuis mardi dans l’appartement situé dans la très chic avenue Foch (16e arrondissement de Paris) appartenant au fils du président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema fait en tout cas couler beaucoup d’encre.

Conduite par les deux juges d’instruction chargés du dossier dit des "biens mal acquis"  et les policiers de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), la perquisition était toujours en cours vendredi.

Syndiquer le contenuFrance Afrique : Bien mal acquis

Parmi les meubles saisis, des pièces de collection, comme ce bureau d'époque Louis XV dont la valeur est estimée à un million et demi d'euros mais aussi nombre d'œuvres d'art ou d’objets provenant de la vente de la collection exceptionnelle de Pierre Bergé et d’Yves Saint Laurent que le clan Obiang avait acquis pour 18 millions d'euros en 2009.

"Il s’agit ni plus ni moins d’une violation caractérisée grave du droit international public", conteste Maître Olivier Pardo, avocat de la Guinée équatoriale, interrogé par FRANCE 24. "Cet appartement bénéficie de l’immunité au regard de la Convention de Vienne. Cette procédure illégale porte atteinte à la souveraineté du pays."

Le ministère des Affaires étrangères français, cité dans le Monde du 14 février, argue pour sa part que "cet appartement relève du droit commun". Argument balayé d’un revers de la main par Maître Pardo pour qui les traités internationaux ont "la primauté sur les règles de droit interne." Dont acte.

Trois ans pour obtenir des juges d’instruction

De fait, l’affaire a commencé en mars 2007 sur la base d’une plainte déposée par les associations Survie et Sherpa, rejointes ensuite par l’ONG Transparency International France, contre cinq chefs d’Etat africains et leurs familles pour "recel de détournement de biens publics et complicité" auprès du Tribunal de grande instance de Paris (TGI).

Dans le collimateur des plaignants ? Des présidents africains "amis de la France" de longue date dont le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Gabonais feu Omar Bongo, l’Équato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema, le Burkinabé Blaise Compaoré, l’Angolais José Eduardo Dos Santos, et certains de leurs proches.

Ils se voient reprocher les conditions dans lesquelles ils ont acquis un important patrimoine immobilier et mobilier de luxe en France ainsi que des avoirs bancaires auprès de banques françaises ou étrangères ayant des activités dans l’Hexagone. Autrement dit, d'avoir dépensé des deniers publics à des fins privées.

Faute d’éléments à charge, les poursuites contre Compaoré et Dos Santos ont rapidement été abandonnées. En revanche, malgré la lourdeur du dossier, les menaces en tout genre, les pressions politiques et diplomatiques -recencées par Survie et Sherpa- et les trois années nécessaires pour convaincre le parquet de Paris d’instruire des juges, les trois autres leaders africains restent dans la ligne de mire de la justice française et étrangère – Obiang Nguema est également poursuivi en Espagne et aux États-Unis.

"Une avancée incontestable"

La perquisition opérée dans l’appartement parisien du fils Obiang "est une avancée incontestable qui a été rendue possible après que les deux juges d’instruction qui en sont chargés ont obtenu récemment l’autorisation de la mener plus avant", se réjouit Maud Perdriel-Vaissière, déléguée générale de l’association Sherpa joint au téléphone par FRANCE 24. Et cette dernière de rappeler que déjà en septembre, "la police parisienne avait saisi des véhicules de luxe appartenant à la famille du président équato-guinéen", avenue Foch toujours.

La juriste ne crie pas victoire pour autant car il reste désormais à établir "le caractère illicite de ces biens, ce qui peut prendre énormément de temps", prévient-elle. À défaut de pouvoir attaquer ces dirigeants politiques qui jouissent de l’immunité judiciaire, on confisque donc leur patrimoine, "partie visible de leur corruption".

La perquisition de l’avenue Foch devrait durer plusieurs jours compte tenu du volume important des biens. "Des témoins seront auditionnés et des personnes visées par la plainte devraient être interrogées ou mises en examen", espère Maud Perdriel-Vaissière, qui sait néanmoins que la procédure peut encore prendre du temps.

Commentaires (9)

un avocat pour ces gens ?

il y a encore des avocats pour défendre ces gens qui justement "détroussent" leurs semblables ? ha oui, c'est vrai l'argent n'a pas d'odeur ... c'est minable ...

L’affaire dite des "biens mal acquis" franchit ...

C'est un bon début !

Pour encourager cette bonne volonté, suggérons à la Justice de s'intéresser maintenant au patrimoine français acquis par
- les pétromonarchies,
- les hedge funds,
- Big Pharma...

Au boulot !

biens mal acquis"

stop à toutes les corruptions

que fait on des sommes confisquees

que fait on des sommes confisquees . si on abonde un fonds d'aide au apys concernes je comprendrais la demarche . mais si les sommes doivnet etre confisquees au profit du tresor public francais . la je serias plus sceptique....

Abus de pouvoir

Il n'y a plus moyen d'investir dans les biens de qualités sans éveiller de la jalousie ! Acheter des biens culturels est un moyen de prouver que l'on aime cette culture enfin ! C'est triste de voir ce manque de démocratie, de liberté, de civisme à notre époque !

Biens Mal acquis

Il est bien vrai qu'en Afrique ,rares sont les chefs d'Etats qui ne pratiquent pas cette machination car ils croient que tous les Biens du pays leur appartiennent et nous assistons toujours à ce jeu de malhonneteté en Afrique au lieu de penser à satisfaire le besoin de la population(Etudiant,Démunis...

Biens mal acquis

Je soutien cette decision du gouvernement Francais de poursuivre et punir ces voleurs de chefs d'Etats Africain car il tres aberant de constater ce pillage villageois des biens du peuple et de toute une nation. Pendant que ces nations manquent l'acces aux besoins primordiaux comme l'eau, la sante, l'education, l'eletricite etc; ces pilleurs de haute classe se permettent de volatiliser de l'argent pour satisfaire des envis de luxe insolent. Si je pouvais me le permettre ces actes "de pret ou de loin sont comparable au genocide des biens du peuple ou d'une nation". Imaginez SVP un seul instant si cet argent etait utilise au profit du peuple ou d'une nation, on aurait au moins construit des infrastructures de premiere necessitee afin de faire face aux problemes de base. Aujourd'hui il tres regretable de constater que les ressortissants des ces pays force l'entree vers l'occident en utilisant des pistes diaboliques entrainant parfois la mort de certains d'entre eux et en plus pour d'autres qui y parviennent vivent illicitement dans des conditions tres deplorable et tres souvent finissent comme membres des gangs ou dans la drogue. Je crois a mon avis qu'il est temps que les occidentaux punissent severement ces actes afin de corriger, d'eduquer, de faire valoir la morale et promovoir une democratie correcte et durable. Vraiment nous fils africains comptons sur votre soutien afin que ce genre de pratiques cessent et afin que les democratie meilleurs neccent. Merci

biens mal acquis

c'est énorme ce que la police française vient de faire et elle doit continuer son action sans tenir compte de toute les pressions d’où qu'elles viennent

biens Africains mal acquis

Y'a pas à dire, de l'aide internationale au charity business et des "Villas du Sahel" d'il y a quarante ans, peu de choses ont vraiment changé. Il y a ceux qui donnent, ceux qui devraient recevoir mais surtout ceux qui savent mettre la main sur la manne......

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