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Culture

Le film italien "César doit mourir" obtient l'Ours d'or à Berlin

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/02/2012

Le film "Cesare deve morire" ("César doit mourir"), réalisé par les frères italiens Paolo et Vittorio Taviani, a reçu samedi lors de la soirée de clôture de la 62e Berlinale le trophée de l’Ours d’or récompensant le meilleur long métrage.

AFP - L'Ours d'or récompensant le meilleur film de la 62e édition de la Berlinale a été attribué samedi à "Cesare deve morire" ("Cesar doit mourir") des frères toscans Paolo et Vittorio Taviani.

Le film du duo fraternel deux fois récompensé à Cannes (Palme d'Or 1977 avec "Padre Padrone" et Grand Prix pour "La Nuit de San Lorenzo" en 1982") est une libre adaptation du "Jules César" de Shakespeare, interprété par des détenus d'un quartier de haute-sécurité.

Le jury présidé par le cinéaste britannique Mike Leigh avait à choisir parmi les 18 films en compétition projetés depuis l'ouverture le 9 février.

Les frères Paolo et Vittorio Taviani, 162 ans à eux deux, ont toujours travaillé en duo et refusé de distinguer la part de l'un de celle de l'autre.

"César doit mourir" leur est venu en assistant à une représentation de "L'Enfer" de Dante, au coeur de la centrale de Rebbibia à Rome.

"Dans ce jury, nous connaissons beaucoup de visages de personnes qui ont fait du cinéma, du cinéma que nous avons apprécié", a déclaré samedi soir Paolo, l'aîné (82 ans), en recevant le prix.

"J'espère que quand ce film sera montré au public (...) certains en rentrant chez eux se diront, ou diront à des gens avec qui ils ont vu le film, que même des criminels endurcis, condamnés par exemple à la perpétuité, sont et restent des hommes", a-t-il encore lancé.

"Cela a permis (aux prisonniers) pendant quelques jours de revenir à la vie. Cela n'a duré que quelques jours, mais ils ont fait ça avec une grande conviction et c'est à eu que va notre salut."

La séance de casting, partie intégrante du film, avec les essais des détenus devant la caméra, est particulièrement savoureuse: y défile une humanité sans femmes, condamnée à de lourdes peines pour meurtres, trafic de drogue, contraventions multiples aux lois anti-mafia.

Fortement marqués par le maître du néo-réalisme Roberto Rossellini, les frères Taviani, fils d'un avocat antifasciste de San Miniato en Toscane, ont toujours pratiqué un cinéma engagé, ancré dans la réalité sociale de leur pays.

Première publication : 18/02/2012

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