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Moyen-orient

La Croix-Rouge plaide pour des pauses humanitaires dans les combats

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 22/02/2012

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a exhorté Damas à instaurer des pauses quotidiennes d'au moins deux heures dans les combats, afin d'acheminer une aide humanitaire à la population. 68 civils ont péri dans les violences mardi.

AFP - Les appels se sont faits très pressants mardi, notamment du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), pour l'acheminement au plus vite d'une aide humanitaire en Syrie, où 68 civils ont été tués par les forces du régime.

"La situation actuelle exige qu'une décision soit prise immédiatement pour qu'une pause humanitaire puisse être instaurée dans les combats", a déclaré Jakob Kellenberger, président du CICR, cité dans un communiqué.

A Homs et dans d'autres zones touchées, des familles entières sont bloquées chez elles depuis des journées, sans pouvoir sortir acheter du pain, d'autres vivres, de l'eau, ou accéder à des soins médicaux", a ajouté le président du CICR.

Il a réclamé des autorités syriennes et des autres parties prenantes à la violence d'observer "des pauses quotidiennes d'au moins deux heures" afin de permettre l'acheminement rapide des secours humanitaires.

La Maison Blanche s'est dite favorable à l'idée d'un cessez-le-feu pour faire parvenir de l'aide humanitaire aux populations civiles, mais a refusé d'envisager d'armer l'opposition malgré de nouveaux appels au Congrès.

Le chef de l'Armée syrienne libre (ASL), formée de militaires dissidents, le colonel Riad al-Assaad a aussi accueilli favorablement cette initiative, estimant que celle-ci serait rejetée par les autorités.

La secrétaire générale adjointe de l'ONU aux affaires humanitaires Valérie Amos a aussi exhorté "toutes les parties à résister à la violence, à reconnaître l'importance de la protection des civils et à accorder un accès sans entrave aux organisations humanitaires afin que nous puissions aider ces gens qui en ont un besoin désespéré".

Pour sa part, le Conseil national syrien (CNS), principale instance de l'opposition syrienne, a appelé la communauté internationale à obtenir la levée du "siège" de Homs et acheminer une aide humanitaire.

"Le président du CNS Burhan Ghalioun a appelé la Ligue arabe, le secrétaire général de l'ONU, le Comité international de la Croix-Rouge, ainsi que des ministres des Affaires étrangères de pays arabes, européens et des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU pour obtenir la levée du siège de Homs et permettre à des convois de médicaments et de nourriture d'atteindre les quartiers assiégés".

Depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad, en mars 2011, des milliers de personnes ont été tuées dans la répression selon des militants des droits de l'Homme.

Le régime refuse de reconnaître l'ampleur du soulèvement et attribue les violences à des groupes terroristes soutenus par l'étranger.

Au moins 68 civils ont encore péri dans des violences mardi.

Parmi eux, 33 civils ont été tués dans une vaste opération militaire contre Abdita, une localité de la province rebelle d'Idleb (nord-ouest), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans la région de Homs (centre), baptisée "capitale de la révolution", 31 civils ont été tués. Parmi eux, 21 personnes, dont une femme et trois enfants, ont péri dans le bombardement intensif du quartier rebelle de Baba Amr, pilonné depuis 18 jours, a indiqué cette ONG basée à Londres.

"La ville de Homs est bombardée depuis 18 jours"
"Nous n'avons ni électricité, ni mazout. Les gens ont très peur qu'il y ait un assaut. La situation est pire que quiconque puisse imaginer. Il n'y a même plus de farine. Le blocus est total", a indiqué à l'AFP Omar Chaker, un militant qui se trouve dans le quartier.

Par ailleurs, un convoi de 56 chars et véhicules de transport de troupes a été vu se dirigeant vers Homs, selon l'OSDH, faisant craindre aux militants un assaut final à brève échéance.

A Alep (nord), deuxième ville du pays, les forces de sécurité ont tiré sur 2.500 étudiants qui observaient un sit-in à l'université, au cours duquel ils ont déployé le "drapeau de l'indépendance", adopté par les rebelles, a rapporté l'OSDH.

Dans la capitale, les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser une manifestation dans le quartier Al-Hajar Al-Aswad, selon l'OSDH.

Les contestataires ont par ailleurs bloqué les routes menant à la place Baramkeh, dans le centre de Damas, provoquant l'arrivée des forces de l'ordre "lourdement armées", selon Mohammed Chammi, porte-parole des "comités" de Damas et de sa région.

Sur le plan diplomatique, la Russie a annoncé qu'elle boycotterait la conférence internationale à Tunis vendredi sur la crise en Syrie, et la Chine n'a pas encore donné de réponse.

Pékin et Moscou avaient apposé leur veto début février à une résolution condamnant la répression.

La Tunisie accueille vendredi une "conférence du groupe des amis de la Syrie", une proposition de Paris et Washington. Celle-ci va chercher à dégager "un consensus et un message unifié" de la communauté internationale, selon le ministère tunisien des Affaires étrangères.

De son côté, Human Rights Watch (HRW), a affirmé que les forces gouvernementales utilisaient des mortiers russes de 240mm dans leur pilonnage de Homs, parlant d'une "arme très puissante", selon son directeur Peter Bouckaert.

A l'étranger, des centaines de Palestiniens ont manifesté à Gaza leur soutien aux Syriens, et réclamé le départ de Bachar al-Assad.

Première publication : 20/02/2012

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