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FRANCE

Dominique Strauss-Kahn entendu par la police dans l'affaire du Carlton

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 21/02/2012

L'ex-directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn doit être entendu ce mardi à Lille sur son rôle dans l'affaire de proxénétisme du Carlton par les enquêteurs de la police judiciaire, qui doivent le placer en garde à vue.

AFP - L'ancien directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn est attendu mardi matin à Lille pour y être entendu sur son rôle dans l'affaire de proxénétisme dite du Carlton par les enquêteurs de la police judiciaire, qui doivent le placer en garde à vue.

L'ancien ministre socialiste est convoqué à 9H00, dans une caserne de la gendarmerie, et devrait être interrogé au sujet de soirées libertines auxquelles il aurait pris part, notamment à Paris et Washington.

Plusieurs déplacement ont été organisés et financés par deux entrepreneurs du Pas-de-Calais, Fabrice Paszkowski, responsable d'une société de matériel médical, et David Roquet, ancien directeur d'une filiale du groupe de BTP Eiffage, Matériaux enrobés du Nord.

Le dernier des ces voyages a eu lieu du 11 au 13 mai dans la capitale américaine, à la veille de l'arrestation de DSK dans l'affaire du Sofitel de New-York. Dans cette affaire où la femme de chambre Nafissatou Diallo accusait DSK d'agression sexuelle, les poursuites pénales ont été abandonnées par la justice américaine.

DSK avait rencontré M. Paszkowski il y a plusieurs années par l'intermédiaire de Jacques Mellick, fils et homonyme de l'ancien député-maire de Béthune (Pas-de-Calais), qui animait des clubs de réflexion strauss-kahniens comme "A gauche en Europe".

Selon Me Didier Cattoir, l'avocat de Jacques Mellick fils - placé en garde à vue sans être poursuivi - ce dernier s'était engagé à être une "une sorte de tête de pont" pour "finaliser" le retour en France de DSK, qui était "sûr" de vouloir se lancer dans la course à la présidentielle, dans laquelle il était donné favori.

Si les juges d'instruction estimaient les charges suffisantes à l'encontre de Dominique Strauss-Kahn, il pourrait être poursuivi pour complicité de proxénétisme et recel d'abus de biens sociaux. Ce dernier chef impliquerait que DSK ait eu connaissance de l'éventuelle origine frauduleuse des dépenses dont il aurait bénéficié.

La question d'éventuelles contreparties à ces soirées devrait également lui être posée. Selon les avocats de MM. Paszkowski et Roquet, leurs clients ont répondu par la négative à cette question.

L'ancien ministre socialiste peut être assisté d'un avocat en garde à vue. Celle-ci peut théoriquement durer 96 heures mais ne devrait pas excéder 48 heures, a-t-on expliqué de source proche du dossier.

L'ex-patron du FMI a demandé à deux reprises à s'expliquer dans cette affaire. Dès l'apparition de son nom dans la presse à la mi-octobre, il avait demandé à être entendu "le plus rapidement possible" pour mettre fin à des "insinuations malveillantes". Il avait réitéré cette demande le 11 novembre par le biais de ses avocats, qui dénonçaient un "véritable lynchage médiatique".

Me Henri Leclerc, l'un des avocats de DSK, avait déclaré en décembre que son client "pouvait parfaitement ignorer" que les femmes rencontrées lors de soirées libertines étaient des prostituées.

Dans le livre "Affaires DSK, la contre-enquête" de Michel Taubmann, l'ancien patron du FMI jugeait "insupportable" que son nom soit associé à la prostitution dans la presse, reconnaissant avoir "participé à des soirées libertines", ajoutant: "mais d'habitude, les participantes à ces soirées ne sont pas des prostituées".

DSK avait ensuite déclaré qu'il n'était "engagé ni par les écrits, ni par les déclarations de quiconque", réservant ses explications à la justice.

Dans cette affaire se croisent des francs-maçons, des policiers, des prostituées "indépendantes" qui travaillaient chez Dominique Alderweireld, alias "Dodo la saumure", un tenancier français de salons de massage en Belgique.

Huit personnes ont été mises en examen, parmi lesquelles trois responsables du Carlton de Lille, un avocat et le chef de la Sûreté départementale du Nord, le commissaire Jean-Christophe Lagarde.
 

Première publication : 20/02/2012

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