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Economie

La PlayStation Vita condamnée à l'échec commercial ?

Vidéo par Marjorie PAILLON

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 22/02/2012

En dépit de la force de frappe vidéoludique des smartphones, le constructeur Sony lance en France, ce mercredi, sa PS Vita. Mais existe-t-il encore un marché pour une pure console de jeu portable ?

La PS Vita a tout pour plaire et tout pour échouer. La nouvelle console portable de Sony sort ce mercredi en Europe et aux États-Unis. Une sortie précédée de critiques flatteuses sur sa puissance. Mais ces mêmes critiques parient, pour la plupart, sur son échec commercial. Le respecté blog technologique américain The Verge va jusqu’à affirmer que cette PS Vita est “probablement la dernière console portable”. Revue de détail des raisons pour lesquelles  Sony inaugure le “début de la fin de l’histoire des consoles portables”, comme l’écrit le Financial Times.

Mobile, le maudit. Lorsqu’en 2009, Steve Jobs déclarait que ses iPod et iPhone étaient parfaitement adaptés pour le jeu, Sony et Nintendo règnaient encore tranquillement en maîtres ès console portable avec 70 % des parts de marché. Près de trois ans plus tard, le rapport de force n’est plus le même. Face aux jeux sur iPhone et autres smartphones Android de Google, les deux constructeurs historiques ne pèsent plus que 30 % de parts de marché.

“À cause des smartphones, le marché que se disputent la Nintendo DS et la PS Vita est deux fois moins important qu’il y a trois ans, ce qui signifie qu’il y a deux fois moins d’argent à se faire”, explique l’analyste financier américain Michael Pachter au site spécialisé dans l’industrie des jeux vidéo NowGamer.

La raison de cette cannibalisation de l’espace ludique tient en quelques centimes : un jeu sur Nintendo DS ou PS Vita coûte au minimum 20 euros tandis que la plupart des titres disponibles sur les iPhone, entre autres, coûtent moins de 5 euros quand ils ne sont pas gratuits.

Le prix à payer. “La qualité de la PS Vita justifie totalement le prix”, a affirmé Philippe Cardon, PDG de Sony France, au Nouvel Observateur. Pour 249 euros (avec une connexion Wi-Fi) ou 299 euros (avec une connexion 3G), le joueur dispose de la console portable la plus puissante sur le marché. Elle permet en outre le dézinguage intensif de monstres, de naviguer sur Internet, d'utiliser des applications telles que Twitter et de regarder des films sur un écran plus agréable que ceux des smartphones.

N’empêche que pour le même prix, ou presque, il est possible de se procurer une... Playstation 3, la console de salon de Sony, qui représente le nec plus ultra en terme de puissance de jeu. La concurrente directe de la PS Vita, la Nintendo 3DS se vend quant à elle à 150 euros. Pas sûr qu’en ces temps de crise la stratégie haut de gamme choisie par Sony soit payante...

Où sont les “hardcore gamers” ? La qualité reconnue des jeux disponibles au lancement de la PS Vita - Uncharted, Call of Duty etc. - et sa multitude de fonctionnalités en font un produit destiné en priorité aux amateurs avertis de jeux vidéo. Ces passionnés capables de casser leur tirelire pour leur loisir favori, aussi appelés “hardcore gamers” par les professionnels du secteur, cohabitent avec l’autre grande catégorie de “gamers”, les joueurs occasionnels.
Le problème pour Sony :  les réussites les plus marquantes ces dernières années en matière de jeux vidéo proviennent de constructeurs qui ont ciblé en priorité les joueurs du dimanche. Les jeux pour un public de 7 à 77 ans ont ainsi permis à la Nintendo Wii de devenir la console de salon la plus vendue, devant la PS3 et la Xbox 360, pourtant bien plus puissantes. Ce sont les titres faciles à prendre en main, tels que Angry Birds, qui ont popularisé les jeux sur smartphones.

Le semi-échec japonais. La PS Vita est sorti au Japon le 17 décembre dernier et les ventes ne sont pas au beau fixe. Sony se targue d’avoir écoulé 560 000 exemplaires de sa nouvelle console dans l’archipel, mais oublie de préciser que 360 000 PS Vita se sont vendues lors du premier week-end de commercialisation. En d’autres termes, après un lancement réussi, les ventes ont chuté de près de 80 %... Un scénario que le géant japonais espère probablement éviter aux États-Unis et en Europe. À ce rythme, en tout cas, la PS Vita est loin d'arriver à la cheville des 70 millions de PSP (la précédente génération de console portable de Sony) vendus dans le monde.

Première publication : 22/02/2012

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