Dernière modification : 23/02/2012 

- Bachar al-Assad - Syrie


Deux grands reporters périssent sous les bombes à Homs

Deux journalistes occidentaux, le photographe français Rémi Ochlik et la reporter de guerre américaine Marie Colvin, sont morts à Homs, tués dans des bombardements. Vingt-quatre civils syriens ont également péri au cours de l’attaque.

Par France 3 (vidéo)
FRANCE 24 (texte)
 

Damas rejette toute responsabilité

AFP - Le régime syrien a rejeté jeudi toute responsabilité dans la mort des deux journalistes étrangers tués la veille dans un bombardement de la ville rebelle de Homs, estimant qu'ils étaient entrés sur le territoire "sous leur propre responsabilité".

"Nous refusons les déclarations qui font endosser à la Syrie la responsabilité de la mort de journalistes qui se sont infiltrés sur son territoire sous leur propre responsabilité", a annoncé le ministère des Affaires étrangères, cité par la télévision d'Etat.

L’un était un jeune photojournaliste talentueux, l’autre une reporter de guerre reconnue à travers le monde. Rémi Ochlik, 28 ans, et Marie Colvin, 56 ans, ont été tués mercredi 22 février dans des bombardements à Homs, en Syrie. La maison où ils se trouvaient a été frappée par des obus. Ils auraient été fauchés par des tirs de roquette alors qu’ils tentaient de s’échapper, l'armée pilonnant sans relâche le quartier de Baba Amr, à Homs.

"C’était un photographe extraordinairement bon. C’était très agréable de travailler avec lui, il était très calme, très réfléchi, il avait commencé à travailler très jeune, il avait une grande expérience", témoigne Alfred de Montesquiou, grand reporter pour Paris Match et ami de Rémi Ochlik, avec qui il avait couvert le conflit syrien.

En 2004, alors qu’il est encore à l’école Icart-Photo, à Paris, le jeune photographe part en Haïti couvrir les affrontements qui ont suivi la chute du dictateur Jean-Bertrand Aristide. Son premier grand reportage est honoré au prestigieux festival français Visa pour l’image à Perpignan. "On m’a montré un travail sur les événements en Haïti, se rappelle Jean-François Leroy, directeur du festival. Très beau, très fort. Je ne connaissais pas le mec qui avait fait ça. Je le fais venir. Il s’appelle Rémi Ochlik, il a 20 ans. Il a travaillé tout seul, comme un grand. Voilà. Le photojournalisme n’est pas mort. C’était l’un des très très grands photojournalismes de demain". Son travail obtient quelques mois plus tard le prix François Chalais pour les jeunes reporters.

Réaction de Jean-Pierre Perrin, grand reporter à Libération

L’année suivante, le jeune homme collabore à l’ouverture d’une agence photo, à Paris, IP3 Presse. Pour elle, il couvre l’actualité politique et sociale française, mais également la guerre en République démocratique du Congo en 2008, l’épidémie de choléra et l'élection présidentielle en Haïti début 2011. Entre temps, les révolutions arabes ont débuté. "Après quelques années sans qu’on entende vraiment parler de lui, le voilà qui ressurgit en 2011, pour le printemps arabe", raconte Jean-François Leroy au quotidien Le Monde.

La Tunisie, le Maroc, l’Égypte, la Libye, la Syrie… Tout au long de l’année 2011, le jeune reporter sillonne le monde arabe en pleine révolte. Il publie ses clichés dans Paris Match, Le Monde 2, le Time. Sa série de photos intitulée "Bataille pour la Libye", lui vaut le prix World Press 2012, un prix rarement accordé à de si jeunes professionnels.

"Le journaliste est devenue une cible principale"

Le dernier reportage de Marie Colvin

Dans les colonnes du Sunday Times, Marie Colvin écrivait en début de semaine :

"Nous vivons dans la peur que l'armée syrienne libre quitte la ville", dit Hamida, 43 ans, réfugiée avec ses deux enfants et la famille de sa sœur dans un appartement en sous-sol. "Il va y avoir un massacre".

Sur les lèvre de tous, cette question : "Pourquoi le monde nous a-t-il abandonné ?"

La réputation de la journaliste américaine, Marie Colvin, n’est pas moins grande mais plus ancienne. Basée à Londres et reporter de guerre pour l’hebdomadaire britannique Sunday Times, elle avait couvert de nombreux conflits ces vingt dernières années : la Yougoslavie, l’Iran, le Sri Lanka… et le printemps arabe.

En 2001, elle avait échappé à une tentative d’assassinat au Sri Lanka, alors qu’elle tentait de rencontrer le chef de la rébellion des Tigres Tamouls. Elle avait perdu un œil, emporté par un éclat de métal. Elle portait depuis un bandeau noir.

Le 21 février, la veille de sa mort, elle témoignait sur CNN de l’horreur de la situation à Homs. "Il y a des snipers partout dans les immeubles qui surplombent le quartier de Baba Amr. […] Je veux souligner le côté impitoyable avec lequel ils visent les immeubles où il y a des civils, sans faire attention. L’ampleur des attaques est choquante".

Lors d’une conférence en novembre 2010, Marie Colvin était revenue sur son métier, et les risques encourus. "Notre mission est de rapporter les horreurs de la guerre avec exactitude et sans préjugés, expliquait-elle alors. Est-ce que tout ça vaut la peine ? La douleur, la souffrance… Et pas seulement pour nous, mais aussi pour nos familles, nos amis ? Ma réponse est et reste : oui, ça vaut la peine". Et de conclure : "il n'a jamais été aussi dangereux d'être un correspondant de guerre parce que le journaliste en zones de combat est devenu une cible principale".

Commentaires (9)

peine

Continuons à les aider en les soigant

Quel Interêt M.Gautier?

Je suis désolé si mes positions vous horripile M.Gautier, je comprends totalement puisque je ressens la même chose quand je lis vos commentaires (depuis le début du printemps arabe) : Parce que vous vous placez en défenseur du peuple arabe alors que votre argumentation est totalement orientée pro-israélien (c'est à dire anti-arabe)!

@ ronaldo

J'ai cité le Réseau Voltaire, pro-syrien, pas un supporter des insurgés ou France24.
Ce qui m’horripile chez vous et d'autres c'est cette mauvaise foi: Ne faite pas semblant d'ignorer que les journaliste n'ont pas le droit d'entrer en Syrie et que les seules toujours la-bas travaille sous les bombes, pas l’idéal pour filmer des manifestations de joie, dans une ville pleine de snipers. Il y a des centaines de témoignages, de videos et de photo et même si certains sont bidonné la plupart sont à l’évidence réel. nordine qui parle de pneus brûlés est obscène car il fait passer son militantisme devant la vie de femmes et d'enfants.

Que vous défendiez Assad, c'est votre problème, mais arrêtez de niez les évidences. Ce qui ce passe n'est pas nouveau en Syrie, en 1982 la répression menée par son père contre les Frères Musulmans a fait en 10'000 et 25'000 morts a Hama. Je ne fais pas confiance aux insurgés, certains sont probablement potentiellement pires que Assad, mais Assad est un dictateur sans aucune légitimité et lui et sa clique sont des salauds qui assassinent leur propre peuple pour rester au pouvoir. Il est probable que tout va rentrer dans "l'ordre". Homs en partie détruite, des milliers de morts, Assad toujours là. Mais les fais seront toujours là eux aussi.

@Juliette et @Gautier

Juliette, je ne pense pas que tu y connaisses grand chose non plus...
Gautier, je ne pense pas que F24 soit un exemple d'indépendance et d'impartialité.

Mes condoléances aux familles des journalistes qui ont été tués.

Et quid de ceux qui ne l'ont pas été?
Ou sont les images de la résistance et de l'engouement populaire autour, comme en Lybie?
Faut arrêter de ressortir les vieux articles et les mêmes mots (scission du pays, crise régionale, islamisme, Iran) à chaque problème! Cette espèce de paresse intellectuelle flingue totalement la crédibilité des journaux! du coup les gens préfèrent croire les vidéos youtube sur les illuminatis, et s'informent grâce à facebook! Et dans tous les cas, il y'a le metro et 20 minutes...
La seule différence entre eux et "le monde" par exemple, est la longueur des articles, le contenu et ce qu'il en ressort est toujours le même!
Il est même plus intéressant de lire les commentaires que l'article en lui même...

@julette

c'est plus cridibles que les immages reprise par tous les médias de pneu brulés et les faire passé pour des bombardement de l'armé syrienne

"Tout dialogue est vain" avec la Russie sur la Syrie déclare le

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a fait savoir mercredi au président russe Dmitri Medvedev que tout dialogue sur la crise syrienne était désormais "vain", a rapporté l'agence Spa.
"Désormais, tout dialogue sur ce qui se passe (en Syrie) est vain", a répondu le souverain saoudien au président Medvedev, qui l'a appelé au téléphone pour un entretien sur la crise syrienne.
M. Medvedev a "exposé le point de vue du gouvernement russe" sur cette crise.
Le roi Abdallah lui a répondu que "le royaume saoudien ne pourrait jamais se défaire de ses obligations religieuse et morale à l'égard des événements en Syrie".
"Les amis russes auraient dû procéder à une coordination russo-arabe avant d'opposer leur veto au Conseil de sécurité" a poursuivi le souverain, cité par l'agence officielle.
la Russie et la Chine ont opposé à deux reprises leur veto à un projet de résolution, présenté par les Occidentaux, puis par les Arabes, pour condamner selon le texte la répression sanglante de la contestation en Syrie.

@nordine

Tout a fait credible comme histiore ca^^. Tu as oublie de dire que d'apres cette meme source il s'agissait d'agents de la DGSE. C'est bien connu les agents infiltres se deplacent par groupe de 120^^, as-tu la moindre idee des methodes employes par ces services??? Les agents se deplacent seuls ou par tout petits groupes, ca voudrait dire que les syriens ont arretes d'un seul coup une soixantaine de groupes d'agents qui se trouvaient tous dans la meme ville au meme moment (et au meme endroit de la ville).
Avant de relayer des stupidites pareilles essaie de reflechir, respecte toi un peu quand meme.

@ nordine

Le Réseau Voltaire, réputé pour ses positions anti-occidentales et pro-syriennes admet qu'il "n’a pas trouvé d’éléments permettant de confirmer les imputations selon lesquelles 120 Français auraient été faits prisonniers à Zabadani. Cette rumeur (...) paraît sans fondement". Le Réseau Voltaire parle de "combats urbains de faible intensité". Ils ont un sens de l'humour assez noir...
IRIB l'agence iranienne qui a diffusé cette annonce est un organe de propagande, mais libre à vous de vous couvrir de ridicule

SYRIE

«Les services syriens spécialisés ont arrêté une brigade française de transmission composée de 120 militaires, à Zabadani». «Cette nouvelle explique le changement de ton de Paris, qui fait, désormais, profil bas, de peur que cette affaire n’affecte la campagne de Nicolas Sarkozy. Alain Juppé a été chargé de négocier avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, pour trouver une solution et libérer les 120 militaires Français».france24 vous n'avez cette info je vous l'offre gratos??????????????

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