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Afrique

À Londres, la communauté internationale tente de sauver la Somalie

Texte par Dépêche

Dernière modification : 23/02/2012

La communauté internationale s'est réunie ce jeudi dans la capitale britannique pour tenter de trouver des solutions à la faillite de l'État somalien gangréné par la corruption, la piraterie et la menace terroriste après 20 années de guerre civile.

AFP - Les participants à la conférence sur la Somalie jeudi à Londres ont loué les récents progrès politique et militaire enregistrés dans le pays dévasté par 20 ans de guerre civile, en alliant aides et pressions pour éliminer les fléaux de la corruption, la piraterie et "la menace terroriste".

Le Premier ministre britannique David Cameron a ainsi ouvert la rencontre internationale en évoquant "une occasion sans précédent de changer" la situation dans ce pays de la Corne de l'Afrique que le chef de la diplomatie de Londres, William Hague, a qualifié de "pire Etat de non-droit au monde".

Sécheresse dans la Corne de l'Afrique



"Il s'agit d'une opportunité que nous ne pouvons pas nous permettre de rater", a renchéri le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

"Il est plus que temps que (la) transition intervienne et que la Somalie soit dotée d'un gouvernement stable", a ajouté la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, en annonçant une aide américaine supplémentaire de 64 millions de dollars (48 millions d'euros) pour les pays de la Corne de l'Afrique.

Cependant, elle a assorti son propos d'un avertissement traduisant les frustrations après les échecs à répétition des précédents plans de règlement.

"La communauté internationale ne tolèrera aucun prolongement du mandat du gouvernement de transition (TFG)" qui expire le 20 août, a-t-elle dit.

Elle a appelé à l'adoption de sanctions --citant une interdiction de voyager et un gel des avoirs-- contre "ceux qui tenteront de bloquer le processus politique et de maintenir le statu quo", fussent-ils membres du TFG, ou "ceux qui cherchent à saper la paix et la sécurité en Somalie".

"Les problèmes en Somalie n'affectent pas seulement la Somalie. Ils nous affectent tous (...). Les pirates perturbent les routes commerciales vitales et kidnappent des touristes. Des jeunes esprits sont empoisonnés par le radicalisme, nourrissant le terrorisme qui menace la sécurité du monde entier", avait avant cela expliqué M. Cameron.

"Notre réunion de ce jour doit d'abord donner une impulsion nouvelle à la reconstruction de l'Etat somalien", a pour sa part estimé le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, insistant sur les "défis immenses" que représentent "le rétablissement de la paix et la sécurité dans tout le pays".

"Les shebab doivent déposer les armes et renoncer à la violence" et "il faut mettre fin définitivement à la scandaleuse impunité des pirates", a-t-il dit.

Le président somalien Sharif Cheikh Ahmed et son Premier ministre Abdiweli Mohamed Ali étaient présents au sein de l'hétéroclite délégation somalienne, aux côtés des représentants des régions somaliennes sécessionnistes du Puntland et du Galmudug. "Ce que nous voulons, c'est le retour à l'optimisme", a fait valoir le premier, tandis que le second souhaitait un plan Marshall, pour aider son pays sur la voie de "la paix, la stabilité et la normalité".

Au total, une cinquantaine de pays de la région et divers Etats occidentaux ou arabes notamment avaient répondu à l'appel, ainsi que l'ONU, l'Union européenne, l'Union africaine et la Ligue arabe.

En privé, nombre de diplomates ont souligné la fragilité du processus politique, après l'accord-cadre signé par les parties somaliennes samedi dernier, qui prévoit la mise en place d'une assemblée constituante chargée de définir les contours d'un futur Etat fédéral, et de préparer des élections à une date indéterminée.

Au nombre des progrès politiques et militaires récents figurent l'augmentation sensible des effectifs de la force africaine en Somalie (Amisom). Approuvée mercredi par l'ONU, elle passera de 12.000 à près de 18.000 hommes.

Son déploiement et l'engagement d'autres forces étrangères, kényanes au sud, et éthiopiennes au centre, ont permis un reflux des insurgés islamistes shebab, qui ont abandonné la capitale, ont perdu leur bastion de Baïdoa (sud-ouest) mercredi, mais contrôlent encore plusieurs régions.

M. Cameron et divers participants ont également souligné leur détermination contre les pirates, en faisant en sorte qu'ils soient jugés dans la région.

Première publication : 23/02/2012

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