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Afrique

Dernier jour de campagne électorale dans un climat électrique

Vidéo par Sylvain ROUSSEAU

Texte par Dépêche

Dernière modification : 25/02/2012

L'opposition sénégalaise a jugé "impossible" la tenue ce dimanche du scrutin présidentiel en raison des récentes violences meurtrières et "du manque de transparence" du processus électoral, alors que la campagne prend fin ce vendredi.

AFP - Le Sénégal a connu vendredi une nouvelle journée de manifestations et de réunions électorales, au dernier jour de la campagne pour la présidentielle de dimanche, dont la tenue est jugée "impossible" par l'opposition en raison des récentes violences.

Marche "pacifique" de femmes contre la candidature du président sortant Abdoulaye

Wade, rassemblements de jeunes opposants dans le centre-ville et derniers meetings ont clôt à Dakar la campagne.

Mais si la communauté internationale a appelé tous les acteurs à encourager la participation à une élection sans violences, le Mouvement du 23 juin (M23, partis d'opposition et organisations de la société civile), a estimé jeudi que "les dérives d'une gravité extrême" et le "climat d'insécurité générale (...) rendent impossible la tenue d'un scrutin transparent, libre, apaisé".

Les violences liées à la candidature contestée d'Abdoulaye Wade, 85 ans, président depuis 2000, ont fait depuis fin janvier au moins six morts et des dizaines de blessés. Le M23 a parlé de "15 morts, 539 blessés".

Il a aussi dénoncé "les "graves dysfonctionnements des institutions de régulation" de l'élection, le Conseil constitutionnel et la Commission électorale nationale autonome (Céna).

Le Mouvement n'a cependant pas explicitement appelé à un report du scrutin, cette question faisant débat au sein de l'opposition.

Plusieurs candidats, tels Cheikh Tidiane Gadio, Cheikh Bamba Dièye et Ibrahima Fall, sont favorables à un report, mais d'autres sont déterminés à participer au vote dimanche.

L'ancien Premier ministre Macky Sall a ainsi invité le M23 à faire confiance au peuple sénégalais pour "battre par les urnes" Abdoulaye Wade.

Et le collectif de jeunes "Y'en a marre" a appelé vendredi à "aller voter massivement" dimanche, sans donner d'autre consigne de vote que "tout sauf Wade" et promettant de poursuivre le combat s'il tentait "par la fraude ou un autre moyen de se proclamer vainqueur".



"Protégez mes bulletins"


Répondant à ceux qui menacent d'empêcher le scrutin, Abdoulaye Wade a lancé jeudi, lors d'un meeting près de Dakar, un appel aux jeunes de son parti, leur demandant de veiller à ce que l'opposition ne puisse pas "saboter le scrutin".

Les outsiders de la présidentielle sénégalaise
Quelque 300 femmes ont marché pacifiquement à Dakar contre la candidature de Wade, demandant au pouvoir d'arrêter "de tuer" leurs enfants.

Egalement dans la capitale, des milliers de personnes se sont rassemblés pour le dernier meeting du président sortant.

"Je vous demande de voter massivement pour moi pour que je sois élu au premier tour, à une très forte majorité (...). Il ne s'agit pas de négocier quoi que ce soit sur le mandat qui me sera délivré par le peuple", a déclaré Abdoulaye Wade à la tribune.

Au même moment, le leader du Parti socialiste (PS, opposition) Ousmane Tanor Dieng, réunissait 5.000 partisans dans un stade chantant "Gorgui (Le Vieux en wolof, surnom de Wade), attention, nous descendons au palais".

Plusieurs centaines de jeunes ont tenté, comme ils le font depuis dix jours, d'accéder à la place de l'Indépendance en centre-ville, bouclée par la police. Sanas incidents.

De son côté, l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, chef des observateurs de l'Union africaine (UA), a poursuivi ses rencontres à Dakar, où il s'est notamment entretenu avec l'ambassadeur des Etats-Unis, alors que les relations se sont tendues entre Dakar d'un côté, Washington et Paris de l'autre, qui ont critiqué la candidature de Wade à un nouveau mandat.

Le secrétaire d'Etat américain adjoint aux Affaires africaines, Johnnie Carson, est arrivé jeudi à Dakar avec pour mission d'appeler au calme lors de l'élection présidentielle de dimanche, selon le département d'Etat.

Le chef des observateurs de l'Union européenne, Thijs Berman, a pour sa part déploré jeudi "un certain manque de transparence" concernant la distribution des cartes d'électeurs, alors qu'il reste "469.122 cartes" à distribuer, soit près de 9% des 5,3 millions d'électeurs inscrits, selon le ministre chargé des Elections, Cheikh Guèye.

Première publication : 24/02/2012

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