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FRANCE

Mariage homosexuel : Nicolas Sarkozy risque-t-il de perdre son électorat gay ?

Texte par Sophie PILGRIM

Dernière modification : 05/03/2012

En mai 2007, Nicolas Sarkozy s’était engagé à légaliser une "union civile" pour les gays. Cinq ans plus tard, il ne s'y déclare "plus favorable". FRANCE 24 se penche sur le vote des homosexuels, de gauche à l’extrême droite.

Treize ans après l’adoption de l’union civile (PACS : pacte civil de solidarité) en France, le droit au mariage et à l'adoption aux couples de même sexe fait toujours débat en France. Les associations de défense des droits des homosexuels continuent d’interpeller les candidats à la présidentielle pour légiférer à ce sujet. À quelques mois du premier tour de la présidentielle, il serait de bon ton de chouchouter cet électorat.

En 2007, quelques jours après sa victoire, Nicolas Sarkozy s’était personnellement adressé à la communauté homosexuelle. "Toute la différence entre l'amour et le désir, c'est que l'amour a besoin d'une reconnaissance sociale", avait-il déclaré en s’engageant à introduire un "contrat d’union civile" assurant aux couples de même sexe l’égalité successorale, sociale et fiscale. 

Cinq ans plus tard, ce contrat n’a jamais vu le jour. Dans un entretien au Figaro magazine daté du mois de février, le président se justifie en indiquant s’être “rendu compte” qu’il était inconstitutionnel de réserver ce droit aux homosexuels. "Je ne suis pas favorable" au mariage homosexuel, tranche Nicolas Sarkozy. "En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage". Pour le candidat Sarkozy, il n'y a donc plus d'union civile ni de mariage gay.

Des propos qui n’ont pas été sans effets. Les associations de défense des droits des homosexuels proches du parti de Nicolas Sarkozy ont décidé de ne plus soutenir le président-candidat dans sa campagne. "Trop, c'est trop ! Si on voulait susciter un vote de rejet de la part des gays, on ne s'y prendrait pas autrement", a déclaré Emmanuel Blanc, le président de GayLib, dans les colonnes du magazine "Têtu".

“Sarkozy n’est plus crédible à nos yeux”, explique Anne Boring, une ancienne membre de GayLib qui a voté pour lui il y a cinq ans. “Ces cinq dernières années, l’UMP [le parti de Nicolas Sarkozy] n’a rien fait du tout pour nous. En revanche, les socialistes ont fait beaucoup de progrès et se sont clairement positionnés en faveur du mariage gay et à l’adoption pour les couples de même sexe”.

D’après une étude publiée en janvier par l’Institut de recherche de Sciences Po (Cevipof), 20 % des électeurs qui se revendiquent homosexuels se disent séduits par le candidat UMP contre 53 % pour son rival socialiste, François Hollande.

Benoît, 32 ans, responsable des ventes travaillant à Lille, avait voté Sarkozy en 2007. En couple, de longue date, il n’a pas pu se marier avec son ami colombien, qui a été contraint de retourner dans son pays. Ils ont fini par se séparer en 2010. “J’ai toujours l’espoir de me marier et d’avoir des enfants", a-t-il déclaré. Même s’il affirme ne pas être guidé dans ses choix politiques par cet enjeu personnel, il est décidé à voter pour le candidat socialiste cette année. “Je vote Hollande pour son programme. Et le bonus, c’est qu’il est en faveur du mariage homosexuel au nom de l’égalité ”.

“Plus FN que Sarkozy”

François Hollande va-t-il récupérer tous les votes des homosexuels déçus du Sarkozysme ? Pas forcément. Selon l’étude du Cevipof, plus de 17 % de l’électorat des gays seraient enclins à voter pour la candidate de l‘extrême droite, Marine Le Pen, lors du prochain scrutin présidentiel. Et ce, en dépit de la position arrêtée de son parti, le Front National (FN), contre le mariage homosexuel.

Un évènement peut expliquer cette tendance. En décembre dernier, Le Pen a crée la surprise en prenant la défense de la communauté gay – un fait pour le moins inhabituel compte tenu de son parti réputé homophobe. "J’entends de plus en plus de témoignages sur le fait que dans certains quartiers, il ne fait pas bon être femme, ni homosexuel, ni juif, ni même Français ou Blanc", a-t-elle déclaré dans un discours sur l’islam. Entre les lignes, la candidate frontiste courtise la communauté homosexuelle et cette stratégie semble porter ses fruits. “Marine Le Pen joue sur la peur des gens. En l’occurrence, elle s’adresse aux homosexuels qui se sentent plus concernés par leur sécurité que par le mariage. Et cela marche sur ceux qui se sentent menacés”.

La candidate frontiste a de bonnes raisons de miser sur leurs votes. Ils sont quelque 3,2 millions des électeurs, soit 6.5 %, à se définir comme lesbien, gay, bisexuel ou encore transgenre (LGBT). À titre comparatif,  l’électorat musulman représente 5 % (2007).

Le mariage homosexuel, un enjeu extracommunautaire

Pour Anne Boring, le vote des gays est devenu un sujet qui ne concerne pas uniquement la communauté homosexuelle, mais aussi les hétérosexuels. “Les LGBT font en sorte que leur entourage prenne conscience que c’est un enjeu majeur pour eux. De plus, tant de pays européens ont légalisé le mariage gay ces cinq dernières années, ça commence à être embrassant pour l’image de la France. Nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi le pays ne s’aligne pas sur ses voisins".

À en croire les sondages, 64 % des Français se disent favorables à l’égalité des mariages entre homosexuels et hétérosexuels et 57 % se prononcent en faveur de l’adoption pour les couples du même sexe. Mais en juin 2011, les parlementaires UMP ont voté en masse contre un projet de loi pour légaliser le mariage gay.

Si François Hollande remporte l’élection, il a promis de faire de ce sujet une priorité. “Je suis plutôt optimiste”, indique Boring. “C’est un point largement mis en avant par le camp socialiste. Je fais confiance à Hollande pour qu'il l’utilise afin de se démarquer de Sarkozy".


 

Première publication : 24/02/2012

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