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FRANCE

Nicolas Sarkozy propose aux enseignants de travailler plus pour gagner plus

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/02/2012

En déplacement à Montpellier, le président-candidat Nicolas Sarkozy a proposé que les professeurs qui le souhaitent pourront travailler huit heures de plus par semaine et gagner "près de 500 euros net" de plus par mois.

AFP - Les professeurs certifiés qui le souhaiteront pourront travailler huit heures de plus par semaine et gagner près de 500 euros de plus par mois: c'est la proposition que Nicolas Sarkozy leur a faite mardi à Montpellier.

Le président-candidat s'exprimait sur le thème de l'éducation, lors d'une réunion publique dans la cité languedocienne, la quatrième depuis sa déclaration de candidature le 15 février.

"Comment faire quand il n'y a pas d'argent pour embaucher? Comment faire quand, pour réduire nos déficits, il faut diminuer les effectifs en continuant d'appliquer la règle du 1 sur 2 aux collèges et aux lycées ? Il n'y a qu'une seule solution, faire travailler les enseignants plus longtemps en les payant davantage", a affirmé M. Sarkozy.

"Je propose que désormais tout enseignant qui voudra travailler davantage puisse le faire avec 26 h de présence dans l'établissement au lieu de 18h de cours, avec en contrepartie une augmentation de son traitement de 25%, soit près de 500 euros net par mois", a-t-il affirmé.

Selon lui, seront ainsi "résolus deux problèmes: celui de l'augmentation de la présence des adultes" dans les établissements scolaires, et "celui de l'amélioration du statut des enseignants".

Selon son entourage, un nouveau corps de professeurs certifiés (titulaires d'un Capès) serait ainsi créé.

L'entourage du candidat a également annoncé à la presse, à l'issue de son discours, que les instituteurs seraient "exonérés" de la règle selon laquelle un fonctionnaire sur deux partant à la retraite n'est pas remplacé.

Autre proposition du candidat: celle de "l'autonomie" des établissements.

M. Sarkozy a affirmé vouloir donner "à chaque établissement la possibilité de constituer de véritables équipes pédagogiques en lui donnant la liberté de recruter directement les professeurs avec une plus grande souplesse dans les régimes indemnitaires pour rendre plus attractifs les établissements confrontés à des difficultés plus importantes".

Le candidat a également affirmé qu'il n'était "pas favorable à la suppression du redoublement" et des "notes", et a estimé qu'"abaisser sans cesse le niveau du baccalauréat, c'est le condamner".

Il veut "repenser complètement" le collège unique, qui "a fait exploser les inégalités au lieu de les réduire".

Nicolas Sarkozy a également profité de ce meeting pour tacler son adversaire socialiste, François Hollande, toujours donné gagnant dans les sondages, même si les mêmes enregistrent une remontée du président-candidat.

Alors que M. Hollande propose de créer en cinq ans 60.000 postes supplémentaires dans l'Education nationale, M. Sarkozy s'est exclamé: "Dans l'état où se trouvent nos finances publiques (...), qui peut croire à cette fable? Trop longtemps l'école a été affaiblie par les illusions dont on l'a bercée!".

Vincent Peillon, responsable Education dans l'équipe du candidat du PS, a jugé "attristant" le discours de M. Sarkozy, affirmant que ce dernier "méconnaissait ses sujets".

Avant son discours, Nicolas Sarkozy a visité à Montpellier un des vingt-six "internats d'excellence" créés au cours de son quinquennat pour accueillir les enfants méritants issus de milieux défavorisés.

Le candidat espère tirer quelque profit électoral de ses propositions aux enseignants. Selon un récent sondage Ifop pour Le Monde, 46% d'entre eux comptent voter pour François Hollande au premier tour, le 22 avril, 19% pour François Bayrou, Nicolas Sarkozy n'arrivant qu'en troisième position (12,5%).

Au second tour, la césure est encore plus nette: 79% choisiraient M. Hollande, 21% M. Sarkozy.
 

Première publication : 28/02/2012

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