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Moyen-orient

Le bilan de la répression en Syrie dépasse les 7 500 morts, selon l'ONU

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/02/2012

La répression menée par le régime syrien contre le mouvement de contestation qui agite le pays depuis 11 mois a fait "certainement beaucoup plus que 7 500 morts", a affirmé un haut responsable des Nations unies.

AFP - La répression en Syrie a fait depuis onze mois "certainement beaucoup plus que 7.500 morts", a déclaré mardi un haut responsable de l'ONU, au moment où les initiatives diplomatiques se multiplient pour obtenir que la population syrienne puisse être secourue.

Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires politiques, a cependant admis que les Nations unies ne pouvaient "pas donner de chiffres précis", lors d'une intervention devant le Conseil de sécurité.

"Nous ne pouvons pas donner de chiffres précis mais il y a des informations crédibles selon lesquelles le bilan désormais excède souvent les cent morts civils par jour, dont beaucoup de femmes et d'enfants", a-t-il affirmé.

"Le total est certainement beaucoup plus que 7.500" morts depuis le début de la crise en mars 2011, a-t-il estimé. "La communauté internationale a échoué dans sa mission de mettre fin au carnage", et cet échec "semble avoir encouragé le régime (syrien) à croire en son impunité", a-t-il ajouté.

Il a rappelé à ce propos "le massacre de Hama" en 1982 perpétré par Hafez al-Assad, le père du président syrien actuel Bachar al-Assad.

Selon M. Pascoe, quelque 25.000 réfugiés sont actuellement recensés par l'ONU dans les pays voisins de la Syrie et les violences ont déplacés entre 100.000 et 200.000 personnes à l'intérieur du pays.

Les Nations unies ne donnent plus de bilan officiel précis de la répression en Syrie depuis la fin janvier faute de pouvoir recueillir des informations fiables sur le terrain.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon espère envoyer sur place dès que possible sa responsable des affaires humanitaires, Valerie Amos, pour évaluer la situation humanitaire mais celle-ci n'a pas encore eu le feu vert de Damas.

M. Pascoe a annoncé que Kofi Annan, nouvel émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, serait à New York mercredi pour des consultations avec M. Ban.

Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué mardi que le Conseil de sécurité était saisi d'un nouveau projet de résolution en faveur d'un cessez-le-feu humanitaire en Syrie.

Les discussions à New York sur ce projet "devraient s'ouvrir aujourd'hui" mardi, a dit Bernard Valero, porte-parole du ministère. "Le texte qui est sur la table prévoit notamment l'arrêt des violences, un accès immédiat et sans entraves à l'aide humanitaire aux sites les plus menacés et aux populations les plus vulnérables", a-t-il précisé.

Jusqu'à présent, la Chine et la Russie ont bloqué toutes les tentatives des Occidentaux et des pays arabes pour faire adopter par le Conseil des textes condamnant la répression. Le 2 octobre et le 4 février, ces deux pays ont opposé un veto à des projets de résolution.

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a lancé mardi un appel à Moscou et Pékin pour qu'ils ne mettent pas une troisième fois leur veto.

"J'en appelle solennellement à la Russie et à la Chine pour qu'elles ne bloquent pas cette nouvelle résolution au Conseil de sécurité", a-t-il déclaré.

Sur la radio française RTL, M. Juppé n'a pas exclu un assouplissement de la position de Moscou après l'élection présidentielle russe, dont le premier tour aura lieu le 4 mars. "Il est incontestable que le climat préélectoral en Russie conduit le régime à prendre des positions nationalistes, extrêmes d'une certaine manière", a-t-il estimé.

Une autre résolution appelant Damas à accorder un accès "sans entrave" aux agences humanitaires est en discussion à Genève, cette fois-ci au Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Elle devrait être soumise au vote jeudi malgré la décision de la délégation syrienne de quitter la réunion de Genève après avoir essuyé les critiques des pays membres du Conseil.

Même le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov a jugé "important que le gouvernement syrien coopère avec le CICR" (Comité international de la Croix-Rouge), tandis qu'un représentant chinois, Qi Xiao Xia, estime qu'une "assistance humanitaire doit être fournie au peuple syrien".

Première publication : 28/02/2012

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