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EUROPE

Pro et anti-Poutine s'apprêtent à descendre dans la rue

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Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 05/03/2012

Au lendemain de l'élection de Vladimir Poutine à la tête du pays, les Russes restent divisés sur les bienfaits d'un retour du Premier ministre au Kremlin. Plusieurs manifestations, à l'initiative des deux camps, sont prévues lundi soir.

Lundi midi, la place du Manège, située à deux pas du Kremlin, était quasiment déserte, un contraste par rapport à l'important rassemblement qui s'y est tenu dimanche soir pour célébrer la victoire de Vladimir Poutine. Environ 100 000 partisans de l'homme fort du pays s'étaient réunis pour écouter le discours du candidat victorieux.

Sans surprise, Vladimir Poutine a été élu avec 63,9% des voix, dès le premier tour de la présidentielle. Le scrutin a toutefois été entaché par plusieurs cas de fraudes - notamment des bourrages d'urnes filmés au Daguestan. Les observateurs de l'OSCE ont pour leur part dénoncé d'importantes irrégularités. Les résultats semblent pourtant sans appel : le Premier ministre signe son retour au Kremlin après deux mandats présidentiels (2000-2004).


Le couple originaire de Saint-Pétersbourg est divisé sur la victoire de Poutine

Les Russes se montrent partagés sur le bien-fondé d'un retour de Vladimir Poutine au Kremlin, à l'image de Sacha et de son mari qui viennent tous deux de Saint-Pétersbourg. "Bien sûr que je suis contente que Poutine soit élu, il nous apporte la stabilité. Sans lui, la Russie ne serait pas aussi importante sur la scène internationale", commente la jeune femme de 28 ans. Son compagnon est loin de partager son avis : "Je ne suis pas content, s'emporte-t-il. J'en ai marre de Poutine. Je ne veux pas l'avoir comme président à vie !"

Le chef du gouvernement russe est élu pour un mandat de six ans, à la suite d'une modification de la Constitution qui a allongé le mandat présidentiel de 24 mois. De quoi le maintenir au pouvoir jusqu'en 2018 - voire 2024, dans l'éventualité d'un quatrième mandat.

Pour Irina, "la victoire de Poutine constitue un moindre mal" par rapport aux autres candidats

Une population qui semble résignée

A cette idée, nombreux sont les Russes qui semblent résignés. "Je ne voulais pas qu'il gagne, j'ai voté Ziouganov [le candidat communiste], mais qu'est-ce que je peux y faire ?", se demande Vladimir, un Moscovite de 49 ans. De son côté, Irina, 63 ans, regrette surtout le manque de choix parmi les candidats. "Les autres parlent, font des promesses, mais je ne pense pas qu'ils soient capables de gouverner le pays. Alors Poutine, c'est un moindre mal", estime-t-elle.

Plus rares sont ceux qui ne veulent pas en découdre. "Je suis dégoûtée de sa victoire, de ce score élevé, et dégoûtée de voir que 100 000 personnes se sont réunies hier pour le soutenir", s'emporte Renata, étudiante de 19 ans. Avec plusieurs de ses amis, elle prévoit de participer au rassemblement qui devrait réunir plusieurs dizaines de milliers d'opposants place Pouchkine.

La population russe témoigne
"Je ne voulais pas qu'il gagne mais qu'est-ce que je peux y faire ?", témoigne Vladimir, résigné.

En parallèle de la manifestation de l'opposition, un autre rassemblement pro-Poutine est prévu ce soir sur la place du Manège.

Renata dénonce l'orchestration de ces mouvements de masse. "Je les ai vus hier soir repartir dans des bus, commente-t-elle. Il n'y a rien de spontané dans leur mouvement, c'est organisé !".

Sur la place du Manège, les forces de police sont déjà à pied d'oeuvre pour éviter tout débordement. Quelques manifestants semblent déjà prêts pour la mobilisation, à l'image d'un petit groupe d'hommes, qui restent pourtant hermétiques à tout dialogue avec les journalistes. Interrogés sur la victoire de leur candidat, l'un d'entre eux finit par répondre : "No comment."

Première publication : 05/03/2012

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