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Culture

Les débuts de Bob Dylan retracés à la Cité de la Musique

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/03/2012

À Paris, la Cité de la Musique revient en images sur les débuts de Bob Dylan, entre son premier opus éponyme et l'album "Blonde on Blonde", qui marque son passage à l'électrique. L'exposition s'attarde aussi sur son premier concert en France.

AFP - Comment Bob Dylan est-il passé en un an du folk acoustique au rock électrique ? La Cité de la Musique revient sur un des virages artistiques les plus retentissants de l'histoire de la musique avec l'exposition "Bob Dylan, l'explosion rock 61-66", qui s'ouvre mardi, jusqu'au 15 juillet.

Entre 1961 et 1966, Dylan a écrit pas moins de sept albums, qui ont révolutionné l'histoire de la musique populaire et fait de lui une star internationale.

Mais entre "Bob Dylan", son premier album publié en 1962, et "Blonde on Blonde" (1966), le musicien s'est métamorphosé. L'amoureux du folk de Woody Guthrie est devenu le chantre de la "protest song" acoustique, avant de se transformer brusquement en rock-star, adulé d'un nouveau public.

"Il se détache du mouvement folk avec des chansons beaucoup moins engagées, plus introspectives et évidemment avec une musique électrique. Ce changement a fait scandale, il a été très critiqué par le milieu du folk", rappelle Julie Benet, responsable de l'exposition réalisée en collaboration avec le Grammy Museum de Los Angeles.

Le basculement se produit en 1965, avec l'album "Bringing it all back home". Au centre de l'exposition, les photographies de Daniel Kramer témoignent jour après jour de l'évolution de Dylan lors de cette année cruciale.

Le photographe, qui a signé quelques-uns des plus célèbres clichés de Dylan ainsi que la pochette de plusieurs de ses albums (dont "Highway 61 Revisited"), a accompagné le musicien d'août 1964 à août 1965.

Lors de leur première séance à Woodstock, il photographie un chanteur de folk à l'air encore juvénile, perché dans un arbre ou sur une balançoire.

Un an plus tard, c'est une rock-star, guitare électrique en bandoulière, qui pose pour lui dans l'immense stade de Forest Hills à New York.

Entre les deux, Daniel Kramer a fixé sur la pellicule un Dylan concentré, rieur, parfois moqueur, capturant des moments intimes avec Joan Baez, des conversations avec Allen Ginsberg ou Johnny Cash.

Pour comprendre le chemin parcouru, l'exposition consacre trois salles aux débuts de Bob Dylan, à sa période folk puis à son virage rock.

On y découvre des clichés de Robert Zimmerman, enfant au milieu de sa famille ou adolescent joufflu sur les annuaires de son lycée de Hibbing (Minnesota). Mais aussi des guitares et des vêtements portés par ses idoles : Elvis Presley, Buddy Holly, Woody Guthrie.

Le Grammy Museum a également prêté des manuscrits de Dylan et une de ses guitares, exposés avec de nombreuses archives audiovisuelles et des extraits de concerts.

Une dernière salle revient sur les liens entre Dylan et la France, où il s'est rendu pour la première fois en 1964, hébergé par Hugues Aufray.

L'exposition s'attarde en particulier sur le premier concert français de Dylan à l'Olympia, le 24 mai 1966, jour de ses 25 ans.

La Cité de la Musique a retrouvé la conférence de presse donnée par le chanteur à cette occasion et rassemblé les critiques de l'époque, partagées entre fascination pour le phénomène et incompréhension face au comportement de "diva" de Dylan.

"On l'attendait un peu comme un messager, on le présentait comme le héraut de la contestation face au Vietnam. Mais lui était déjà passé à autre chose", explique Julie Benet.

Quelques mois plus tard, le 30 juillet 66, l'épopée rock de Dylan s'achèvera encore plus brutalement qu'elle n'a commencé, par un accident de moto. Dylan ne reviendra qu'en 1968, désormais déconnecté de toutes les modes à venir.

Première publication : 05/03/2012

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